‹ Les petits Bollandistes (volume 5)Chapitre 176 sur 220 · SAINT EUVERT ‘, ÉVÈQUE D'ORLÉANS · texte numérisé non relu

SAINT EUVERT ‘, ÉVÈQUE D'ORLÉANS

840, — Pape : Saint Jules Ier, — Empereur romain : Constantin LE,

L'âme qui aime Dieu court vers lui par la charité, comme si l'amour lui donnait des pieds, Hugues de Saint- Victor.

Euvert, sous-diacre de l'Eglise romaine, fut élevé à la dignité épiscopale et placé sur le siége d'Orléans, au temps de Melchiade et Sylvestre, souverains pontifes, et sous l’empire de Constantin. Etant venu en Gaule pour racheter ses frères, Eumorphius et Cassia, qui étaient captifs, il arriva dans les murs d'Orléans au moment où l’on était occupé d’élire un évêque après la mort de Désinien. Reçu, en qualité d’hôle, par un portier de l’église, celui-ci obtint de lui qu'il assisterait à l’élection qui aurait lieu le lendemain. Ils allèrent ensemble à la porte de l’église de Saint-Elienne et s’y ürrent. Or, pendant que les pontifes étaient en prières avec le clergé, une colombe, qui descendait du ciel, vint, à la vue de tout le monde, se poser sur la tête d'Euvert. Les prélats s'informèrent avec soin, mais sans le pouvoir découvrir tout de suite, sur la tête de qui la colombe s'était posée. Ils se mirent de nouveau en prières, et, aux yeux de tous, la colombe se posa encore une fois sur la tête d'Euvert. On amena ensuite les deux candidats entre lesquels la cité s’était partagée : ils furent placés devant l’autel avec Euvert, et, descendant une troisième fois, la colombe se posa encore sur la tête d'Euvert seulement. Alors tous de s’écrier : Il est digne, il est juste, voici celui que le Seigneur a choisi pour être son pontife.

Désigné pour être évêque, il fut ordonné diacre dans l’église de Saint- Marc, hors des murs; de là, ramené dans la cité, il fut consacré prêtre et évèque dans l’église de Saint-Etienne, à la grande admiration du peuple. Un an après son ordination, il éteignit par ses prières un incendie qui menaçait de dévorer toute la ville. Il rendit l’ouie aux sourds, la vue aux aveugles, la parole aux muets, la santé aux paralytiques et aux malades de tout genre. Comme l’église de Saint-Etienne ne pouvait plus contenir la multitude des fidèles qu’il avait convertis du paganisme à la religion du Christ, réunissant avec les dons des fidèles un trésor trouvé miraculeusement, aidé en outre par les libéralités de Constantin, il fit construire, avec

1, Alias : Euverte, Evurce, Evorce, Emirte, Emirce,

une magnificence extraordinaire, la basilique de Sainte-Croix, selon le plan qu’un ange lui en avait tracé sur la neige. Voici à quelle occasion :

En creusant les fondations de l’église, on trouva un trésor que l’évêque envoya, par son archidiacre Mansuet, à l'empereur comme au propriétaire légitime de cette épave ; mais pieux et magnifique, le prince rendit nonseulement le trésor, mais y ajouta une autre somme égale, plus sept livres d’or et l'impôt du territoire d'Orléans pendant trois ans, et donna tout pour la construction de la basilique. Elle fut achevée au bout de trois ans; Euvert en fit la dédicace solennelle, le jour où l’on célèbre l'invention de la Sainte-Croix. Pendant qu'il officiait, un nuage lumineux fut vu audessus de sa tête, ainsi qu’une main qui, les doigts étendus, bénissait par trois fois. Tous les assistants ne furent pas témoins de ce miracle, mais seulement le pontife célébrant, son sous-diacre Baudille, plus tard apôtre de Nîmes et martyr, la vierge Præcopie, et un certain Eleusinus, assis près du seuil parmi les pénitents. Le bruit de ce prodige se répandit si vite et si loin que, dans l’espace de trois jours, sept mille païens, admirant ce qui s'était passé, reçurent le baptème. Telle est l’origine du sceau du chapitre d'Orléans, sur lequel on voit représenté, avec une croix, un nuage qui entoure une main bénissante.

Des députés allèrent, de la part de l’évêque, chercher des reliques à Jérusalem, à Soissons et à Rome, et il plaça celle de la sainte Croix au milieu de l'autel ; celles des saints martyrs Crépin et Crépinien, dans la partie droite, et dans la partie gauche celles des bienheureux Apôtres Pierre et Paul. I s’appliqua pendant vingt ans à ruiner, dans son diocèse, les superstitions païennes, et après avoir conquis à Jésus-Christ presque tout l’Orléanais, et désigné saint Agnan pour son successeur, il fut saisi par la fièvre et rendit son âme à Dieu le 7 septembre 340, comme il l'avait prédit longtemps d'avance. ,

Dans les représentations qu’on a données de lui, on voit une colombe qui se pose sur sa tête, pendant que Le peuple est réuni pour l’élection d’un évêque.

CULTE ET RELIQUES

Le corps de saint Euvert fut enterré, au milieu d'une grande pompe, à l’orient de la ville et hors des murs, sur un monticule, dans la propriété de Tétradius, homme riche et puissant, qui fit bälir sur son tombeau, en l'honneur de la sainte Vierge, un oraloire qui devint par la suite l’église abbatiale de Saint-Euvert. Vers l’an 731, par suite des craintes qu'inspiraient les Sarrasins, on transporta ses reliques dans l’intérieur de la ville et on les déposa dans l'église de Saint-tienne, où elles restèrent quelques années. 11 existe encore quelques parcelles de ses reliques dans la chapelle des Prètres de la Miséricorde, qui possèdent aujourd’hui l’église et les bâtiments de l’ancienne abbaye. La fête de saint Euvert se fait le 7 septembre, et celle de sa translation le 42 juin. Son culte était autrefois aussi célèbre en Angleterre qu'en France, et les Protestants m'ont poiné effacé son nom du calendrier de leur nouvelle liturgie.

Acta Sunctorum ; Les Evéques d'Orléans, par M. Pelletier, chanoïine et vicaire général,

AiNTS GRIMONIE, VIERGE ET MARTYRE A LA CAPELLE. 513

SAINTE GRIMONIE,

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