‹ Les petits Bollandistes (volume 5)Chapitre 179 sur 220 · SAINT MESMIN OÙ MÉMIERS ET SES COMPAGNONS · texte numérisé non relu

SAINT MESMIN OÙ MÉMIERS ET SES COMPAGNONS

MAPTYRS A BROLIUM, AUJOURD'HUI SAINT-MESMIN, AU DIOCÈSE DE TROYES Lil, — Pape : Saint Léon le Grand. — Empereur d'Occident : Valentinien. LI.

Seigneur, vous nous avez livrés comme des brebis. destinées à la mort. Ps. xuur, 12:

C'était le temps où saint Loup gouvernait glorieusement l'Eglise de Troyes. Sous sa houlette pastorale, la cité jouissait d’une paix profonde et sans mélange. L’idolàtrie disparaissait chaque jour et faisait place à la foi du Christ ; les études sacrées florissaient à l'ombre du sanctuaire, et la milice sainte, dont les rangs devenaient plus nombreux et plus serrés, réjouissait, par ses progrès rapides dans la science et la vertu, le cœur de l’illustre prélat. Parmi ces jeunes lévites se trouvait Mesmin (Wemorius) : une piété plus tendre, une innocence plus angélique, une inclination plus marquée pour les cérémonies du culte l'avaient fait distinguer de ses condisciples et lui avaient mérité l'honneur du diaconat. Avec quel respect il portait sur sa poitrine l'Evangile de Jésus-Christ ! Avec quel saint tremblement il montait les degrés de l’autel, pour assister le Pontife, quand il immolait solennellement la victime du salut! Remplissant ici-bas la fonction de l'ange au ciel, il en rappelait le recueillement et la modestie : bientôt il devaiten partager la gloire.

Des bruits sinistres circulent dans la ville. Un ennemi redoutable approche, ne lissant après lui que ruines et désolation : c’est Atlila, le roi des

Juns. Déjà sa tente est dressée, et son camp installé dans les plaines de Méry-sur-Seine ; la terreur se répand partout; les campagnes sont délaissées : c’est derrière les faibles murailles de Troyes qu’on vient chercher asile contre l'ennemi commun. Ainsi fuit la brebis en présence du lion ; ainsi l'oiseau timide en face du vautour. Saint Loup n’est pas non plus sans inquiétude ; il redouble ses jeûnes, il prolonge ses veilles, il s’offre en holocauste pour ses ouailles chéries. Dieu a entendu sa prière ; mais d’autres victimes doivent apaiser le courroux du ciel,

Un soir que la fatigue a épuisé les forces du saint prélat et fermé ses paupières dans un repos mérité, un ange lui apparaît en songe et lui fait entendre ces paroles : « Ne crains rien, soldat du Seigneur; ne laisse pas FPinquiétude déchirer ton âme, car tes prières et tes gémissements onttouché le cœur de Dieu. Prends courage; ta puissance est grande auprès du Zrès-Haut. Voici que tes larmes ont lavé les péchés de ton peuple; ellesont éteint l'incendie allumé contre ta ville par la colère du Seigneur. Non-seulement Troyes ne passera point par les flammes, mais elle aura la gloire de donner au ciel des citoyens nouveaux, empourprés de leur sang. Tu élèves dans ton église de jeunes disciples, qui recueillent avec avidité les paroles saintes dont tu les nourris, et qui marchent à l’envi sur tes traces dans le chemin des bonnes œuvres ; Dieu en destine quelques-uns à la couronne du martyre. Je te dirai leurs noms pour éviter toute erreur. C’est d’abord Mesmin, honoré du diaconat; sept autres jeunes gens parmi ceux qui fré-

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