SAINTE GRIMONIE, VIERGE ET MARTYRE A LA CAPELLE. 5AS
et les exposa à la vénération des fidèles. On possède encore l'original du procès-verbal d’Anselme, et parmi les signatures se trouve celle d’un nommé Jean Lequeux, un des échevins du pays.
Une nouvelle reconnaissance et exposition des reliques eut lieu le mardi de la Pentecôte de l'année 1389 par Philippe de Grumelly, doyen de la chrétienté de Guise et curé de Lesquielles. En 1535, les reliques de sainte Grimonie et de sainte Preuve furent, avec l'autorisation de l’évêque de Laon, Louis Bourbon de Vendôme, mises dans de nouvelles chässes par Pierre Albain, abbé du monastère de Bohéries.
Pendant la guerre de François Ier avec les impériaux, le prieuré de Lesquielles fut livré aux flammes par le comte de Nassau et Adrien de Croï, comte de Rœux et gouverneur des Flandres et de l’Artois.
Ce dernier s'empara des reliques de sainte Grimonie et de sainte Preuve, les fit vérifier par Baudouin de Mol, abbé de Bohéries, et en fit présent, en 4540, aux chanoines réguliers de Saint- Augustin de l’abbaye de Notre-Dame de Hénin-Liétard, au diocèse d'Arras. Elles y sont restées enveloppées séparément et scellées dans des morceaux de soie jusqu’en 1638, époque à laquelle Robert de Mallebranche, abbé du monastère, en fit faire la reconnaissance, et retrouva tous les anciens procès-verbaux qui en constalaient l'authenticité. En 4639, il déposa les ossements sacrés dans quatre châsses. En 1748, l'abbé de Hénin-Liétard, nommé Desjardins, ouvrit les châsses, avec Vautorisation de Mgr Baglion de la Salle, évèque d'Arras, et en retira un os de sainte Grimonie et un autre os de sainte Preuve, les mit dans deux boites scellées et eachetées pour être présentées à l'évêque de Laon, qui les fit rendre à l'église de Lesquielles. La reconnaissance en fut faite par l'autorité épiscopale en 1749. Au commencement de la Révolution française, des personnes pieuses et intelligentes, prévoyant la profanation dont ces saintes reliques pourraient être l’objet, retirèrent secrètement de la châsse les procès-verbaux et les ossements sacrés, après leur avoir substitué des ossements communs. Lorsque, en 4795, le libre exercice de tous les cultes eut été proclamé par le gouvernement républicain, les habitants de Lesquielles firent construire deux châsses, et le 30 avril de la même année, les vraies reliques de sainte Grimonie et de sainte Preuve y furent déposées. Le 24 avril 1803, Mgr Leblanc de Beaulieu les vérifia et en reconnut l’authenticité. On rapporte que plusieurs guérisons ont été récemment obtenues par l'invocation de ces saintes Vierges martyres. Trois fètes solennelles sont célébrées chaque année à Lesquielles : le 20 avril, anniversaire du martyre ; le mardi de la Pentecôte, jour de la translation de ses reliques de La Capelle à Lesquielles ; la troisième, le 1 septembre, en mémoire de l'élévation de son corps par l’évêque Anselme. La portion des reliques des deux Saintes qui étaient restées en 1748 en la possession de l'abbaye de Hénin-Liétard ont été également sauvées de la profanation, à l’époque de la Révolution française ; depuis la restauxation du culle, elles reposent dans deux beaux reliquaires placés sous le maître autel de l'église paroissiale de Hénin-Liétard (Pas-de-Calais).
Dans la distribution des ossements de sainte Grimonie et de sainte Preuve, que fit en 1748 le R. P. Desjardins, abbé du monastère de Hénin-Liétard, il en offrit une portion à l’évêque d'Arras, qui était en même temps abbé commendataire de l’abbaye de Saint-Vincent de Laon. Sur les instances des religieux, le prélat consentit à leur faire présent d'un tibia de sainte Preuve et d’un péroné de sainte Grimonie. En 4755, les moines à leur tour consentirent à se dessaisir d’une partie de ce péroné, en faveur de La Capelle. La portion du péroné de sainte Grimonie qu'avaient gardée les moines de Saint-Vincent appartient aujourd’hui à Saint-Martin de Laon. Cette relique est enveloppée dans un parchemin double qui n’est autre que l’authentique donnée par Mgr de Rochechouart, évèque de Laon de 1741 à 17717. La pièce est datée de 1750. L'autre portion du péroné, donnée en 1755 à La Capelle, a été en 1793 sauvée de la profanation révolutionnaire, puis reconnue et vérifiée en 1804 par M. Roger, curé-doyen de La Capelle, et depuis par Mgr Leblanc de Beaulieu. Le pèlerinage de La Capelle est assez fréquenté. On invoque sainte Grimonie pour la vue. La fontaine de la Sainte existe encore, et la chapelle qui la recouvre en partie a été construite en 1854.
Nous devons cette notice à l'obligeance de M. Henri Congnet, du chapitre de Soissons, qui l'a tirée des Bollandistes, au Préviaire de Laon (1748), de l'Histoire du diocèse de Laon (1783), de l'Aistoire de Guise, par l'abbé lécheur, de l'Histoire de la Sainte, par l'asbé Lescot, et de Procès-verbaux authentiques faits à diverses époques.