‹ Les petits Bollandistes (volume 5)Chapitre 217 sur 220 · SAINT SERGE I, PAPE ET CONFESSEUR · texte numérisé non relu

SAINT SERGE I, PAPE ET CONFESSEUR

Serge, d'une famille syrienne de la province d’Antioche, naquit à Palerme, en Sicile; son père se nommeit Tibère. Venu à Rome au temps du pontife Adéodat (672-676), il fut d’abord admis parmi les clercs. Son aptitude pour le chant sacré le fit choisir comme professeur de la première classe de musique. Promu au rang des acolytes, il parcourut successivement les divers degrés de la hiérarchie et fut ordonné prêtre par le pape Léon, qui lui conféra le titre paroissial de Sainte- Suzanne. Durant les sept années de son ministère sacerdotal, Serge, dans sa piété pour le culte des martyrs, n’omit jamais de célébrer la messe aux catacombes, le jour anniversaire des princie paux Saints qui y reposent. :

A la mort du souverain pontife Conon, le peuple de Rome se divisa en deux factions : l’une choisit l’archiprêtre Théodore, l’autre l’archidiacre Pascal. La lutte se prolongea avec une- cruelle obstination; enfin les suffrages se portèrent sur le vénérable prêtre Serge. On le tira du milieu de la foule pour le conduire à l’oratoire du bienheureux martyr Césaire, où il fut proclamé pontife. L’archiprêtre Théodore fit humblement sa soumission; l’archidiacre Pascal résista : il fut déposé et enfermé dans un monastère où il mourut, cinq ans plus tard (692), dans l’impénitence finale.

Au temps de Serge, l’empereur Justinien rassembla à Constantinople un concile où assistèrent les apocrisiaires du Siége apostolique; en trompant leur bonne foi, on obtint leur signature. On voulut avoir ensuite celle de Serge; mais il la refusa énergiquement, parce qu'un certain nombre de canons, contraires à toutes les règles ecclésiastiques, avaient été frauduleusement ajoutés. On a appelé ce concile x Trullo, parce qu'il avait été tenu sous le dôme du palais de l’empereur; on l’a aussi nommé Quiniseæte, en ce qu’il devait être comme le supplément des cinquième et sixième conciles généraux.

Sur le trône pontifical, Serge ne demeura pas inactif. Une portion notable du bois de la vraie croix, enfermé dans une châsse d'argent et reléguée jusque-là dans la sacristie de Saint-Pierre, fut par lui déposée dans la basilique Constantinienne, où, chaque année, le jour de l’Exaltation de la Sainte-Croix, elle est offerte à l’adoration et aux baisers du peuple fidèle. Serge fit don à la basilique vaticane de la grande statue d’or du bienheureux apôtre Pierre; la chaire d'argent, du poids de cent vingt livres, qu'on admire à l’abside de l’église, est encore un don de ce pontife, ainsi que les six lampadaires de même métal qui décorent l'entrée de la confession. Le corps du bienheureux pontife Léon Her, resté jusque-là dans sa sépulture primitive, à l'entrée du Secretarium, fut transféré par lui à l’intérieur de la basilique, dans un beau mausolée. Il ordonna, par une constitution pontificale, que l’Agnus Dei serait chanté alternativement par le clergé et le peuple avant la communion; institua pour les fêtes de l’Annonciation, de la Nativité, de l'Assompe tion et de la Purification, une litanie qui devait sortir de l'église Saint-Adrien pour se rendre à Sainte-Marie-Majeure.

Après d’autres travaux encore, tous entrepris pour la plus grande gloire de Dieu, Serge s’endormit dans le Seigneur, après un pontificat de treize ans, huit mois et vingt-trois jours, et fut enseveli au Vatican,

Extrait du Liber Ponlificalis. — Cf. Darras, Histoire générale de l'Eglise, t. xvr, p. 444.

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