XXII JOUR D'AOÛT
MARTYROLOGE ROMAIN
La Vigile de saint-Barthélemy, apôtre. — À Todi, saint PHiLiPpE BÉNITI, natif de Florence, confesseur, propagateur de l'Ordre des Servites, homme d’une humilité admirable, canonisé par Clément X. 1285. — À Antioche, la naissance au ciel des saints martyrs Restitut, Donat, Valérien et Fructuose, et douze autres, qui recurent la couronne de gloire pour avoir confessé généreusement la foi. 1ve s. — À Ostie, les saints martyrs Quiriac, évèque, Maxime, prêtre, Archélaüs, diacre, et leurs compagnons, qui souffrirent la mort du temps d'Alexandre, sous le préfet Ulpien. rie s. — À Egée, en Cilicie, les saints martyrs Claude, Astère et Néon, frères, qui, ayant été dénoncés comme chrétiens par leur belle-mère, du temps de l’empereur Dioclétien, endurèrent de cruels tourments, sous le président Dysias, furent crucifiés et allèrent triompher avec Jésus-Christ. Après eux les saintes Donvine et Théonille souffrirent aussi la mort. 285. — A Reims, la naissance au ciel des saints TIMOTHÉE et APOLLINAIRE, qui, ayant consommé leur martyre près de cette ville, méritèrent de parvenir au royaume céleste. 16 s. — À Lyon, les saints martyrs Minerve et Eléazar, avec leurs huit fils. — De plus, saint Luppe, martyr, qui, étant passé d’une condition servile à la liberté de Jésus-Christ, fut honoré de la couronne du martyre. — A Jérusalem, saint Zachée, évêque, le quatrième qui gouverna cette Eglise après saint Jacques, apôtre. Vers 116. — À Alexandrie, saint Théonas ou Teunas, évêque et confesseur 1. 300. — A Utique, en Afrique, saint Victor, évèque et cenfesseur 2. Vers 498. — A Autum, saint Flavien, évêque. Vers 610. — À Clermont, en Auvergne, saint SIDOINE, évêque, célèbre par sa doctrine et sa sainteté 3. 482.
1. Saint Théonas snccéda à saint Maxime sur le siége patriarcal d'Alexandrie, en 282, et l'occupa près de dix-neuf ans. Il fut, par sa science et sa sainteté, lo plus bel ornement de son Eglise, composa une instruction en forme de lettre, dans laquelle il traçait des règles de conduite aux chrétiens qui vivaient à la cour des empereurs, mourut en 300 et eut saint Pierre pour successeur. Saint Alexandre fit bâtir à Alexandrie une église sous l’invocation de saint Thomas. — Godescard.
2. Saint Victor ne fut pas évêque d'Utique, comme semble l'insinuer le martyrologe romain, et comme l'ont cru maints hagiographes, mais de Vite, dans la Byzacène (Etat actuel de Tunis), — Baillet, Acta Sanctorum.
8. Ii est déjà nommé au martyrologe de France sous le 11 juillet qui est le véritable jour de sa fête dans le diocèse de Clermont:
MARTYROLOGE DE FRANCE, REVU ET AUGMENTÉ
A Aix, en Provence, saint Sidoine ou Chélidoine, disciple de saint Maximin, deuxième archevêque de ce siége et confesseur 4. Vers 403. — Au diocèse de Troyes, la bienheureuse Asceline, vierge, fille de sainte Hombeline (21 août) et nièce de saint Bernard de Clairvaux (20 août). Dèsses plus tendres années, elle fut formée à la piété et à la vertu par les soins de son oncle qui confia son éducation à un saint prêtre. Devenue grande, elle ne voulut point d’autre Epoux que Jésus-Christ, et s’enferma dans un monastère, probablement celui de Jully-sur-Sarce où sa sainte mère avait pris Vhabit et dont nous avons parlé au 24 août. 1195. — A Troyes, saint Longin, soldat martyrisé à Césarée de Cappadoce, et dont nous avons donné la vie au 45 mars, jour ou il est cité au martyrologe romain. 1er s. — Au diocèse de Rouen, saint Flavius ou Filleul, seizième archevèque de ce siége et confesseur. Son nom indique une origine romaine * il assiste, en B33, 538 et 541, aux deuxième, troisième et quatrième conciles d'Orléans, convoqués par Childebert. Sous son épiscopat, Clotaire Ier, qui régnait à Soissons et dont il avait été argentier ou intendant des finances, fonda à Rouen une abbaye qui, d'abord connue sous le nom de Saint-Pierre, devint ensuite trèscélèbre sous celui de Saint-Ouen. On peut regarder comme une preuve de son zèle à baptiser les infidèles, la fontaine de Saint-Filleul, qui existe encore dans un faubourg de Rouen. C'était sans doute un de ces derniers boulevards où le paganisme s'était retranché avec le culte des eaux et des fontaines, et dont notre pieux évêque aura fait un baptistère. Vers 548. — À Saint-Seine (Côte-d'Or), au diocèse de Dijon, saint Alugien et saint Hilarin, moines, martyrisés par les Sarrasins. 131. — Au diocèse de Saint-Flour, saint Sidoine Apollinaire, évèque de Clermont, cité au martyrologe romain de ce jour. — Au diocèse de Lyon, vigile des saints Minerve et Eléazar, cités aujourd'hui au même martyrologe. — Dans l’ancien monastère bénédictin de Saint-Vincent de Laon (Sanctus Vincentius Londunensis), le bienheureux décès de saint Cagnoald, appelé aussi Chagnoald, Chagnon, Canoald, Cagnon, moine de Luxeuil et évèque de Laon, dont nous donnerons la vie au 6 septembre. vire s. — Au diocèse de Saint-Claude, les saints martyrs Amour et Viateur, déjà cités au martyrologe de France du 9 août. — Ce jour, en 1328, Philippe de Valois (1293- 1350), sur le point d'être cerné par les Flamands à la bataille de Cassel (Nord), eut recours à la sainte Vierge qui le délivra aussitôt de ce danger. En reconnaissance de ce service, faisant son entrée dans Paris, il alla droit à Notre-Dame et, pénétrant à cheval dans la basilique, il s'avança tout le long de la nef jusque devant le crucifix où il déposa ses armes. La figure de ce monarque à cheval s’est vue longtemps dans cette église, à laquelle il assigna cent livres de rentes, à prendre sur son domaine du Gâtinais (Vastiniensis pagus, ancien pays de France, compris aujourd'hui dans les départements de Seine-et-Marne, du Loiret, de la Nièvre et de l'Yonne). — Autrefois, à Soissons, fète des miracles de la bienheureuse Vierge Marie ?,
L Les documents historiques de son épiscopat ayant péri, on ignore entièrement le détail de ses actions aussi bien que le nombre d'années qu'il tint le bâton pastoral ; on sait seulement qu'il augmenta le troupeau de Jésus-Christ par ses travaux. Quelques auteurs ont écrit que saint Sidoine fut l’aveugle de naissance auquel Notre-Secigneur Jésus-Christ rendit la vue, Sa fête est marquée le 23 août dans les plus anciens martyrologes; plusieurs églises de Provence ont été dédiées en son honneur.
Son corps, enseveli d'abord à Aix dans un sépulcre de marbre, à côté de ceux de saint Maximin et de sainte Marie-Madeleine, fut dérobé à la fureur des Sarrasins, et enfin retrouvé dans la ville de Saint- Maximin. La mâchoire inférieure de saint Sidoine, dont l’église métropolitaine de Saint-Sauveur était en possession avant la révolution française, fut, à cette époque désastreuse, sauvée de la destruction par la prévoyance des fidèles, et depuis (1820), Pierre Ferdinand, archevêque d'Aix, l’a rendue à la vénération des fidèles.
2. Pendant plusieurs sièeles (du 1x2 au xvrre) la sainte Vierge Marie sembla avoir choisi l'abbaye royale de Notre-Dame de Soissons pour y manifester plus particulièrement sa bonté et sa puissance. De nombreux pèlerins y accouraient des contrées les plus éloignées : de la Lorraine, de la Bourgogne, des Pays-Bas, de l'Italie, ete. On conservait dans l’abbaye plusieurs objets précieux qui avaient été à l'usage ñe la sainte Vierge et sur l'authenticité desquels on n'avait alors aucun doute. C’étaient un soulier en forme de bottine et une ceinture. De plus on y vénérait une image de cette divine Mère tenant l'enfant Jésus. Les miracles qui s’opéraient en priant devant ces objets sacrés étaient si certains et se renouvelaient si souvent que, pour témoigner à Dieu et à sa sainte Mère toute sa reconnaissance, Joslein, évêque de Soissons, à la requête du clergé et du peuple, institua une fête commémorative appelée : La déclaration des miracles de Notre-Dame; et le pape Alexandre IV ordonna en 1254 de la célébrer dans tout le diocèse avec un office propre. Dans le bréviaire soissonnais de 1675, cette fête est placée au mois d’octobre, le samedi avant où après la fête des saintes reliques. Dans l'intérieur de l'abbaye, elle se faisait le 6 octobre, jour anniversaire d’un nombre considérable de guérisons. M. de Fitz-James, évêque de Soissons, dans le bréviaire qu'il donna à son clergé en 1742, la renvoya au jour de l'Octave de l'Assomption. L'office de la solennité des miracles de la sainte Vierge a fait partie du bréviaire de Soissons jusqu'en 1851, époque du retour de ce diocèse à-la liturgie romaine. On ne s'explique pas qu'une fête commémorative de tant de bienfaits de la Vierge Marie en faveur des Soissonnais, fête confirmée par un souverain Pontife, ait pu, après avoir été constamment célébrée pendant six cents ans et jusqu'à nos jours, être biffée du calendrier par ceux qui ont été chargés de rédiger le nouveau Propre Soissonnais. — Henri Conguet, doyen du Chapitre de Soissons.
MARTYROLOGES DES ORDRES RELIGIEUX
Martyrologe des Basiliens. — À Hieracium, aujourd’hui Gérace (Calabre Ultérieure première), gaint Antoine, moine, de l'Ordre de Saint-Basile.
Martyr ologe des Dominicains. — À Bévagna, dans l’Ombrie, la naissance au ciel du bienheureux JACQUES, de l'Ordre des Frères Prècheurs ; il déracina l’hérésie des Nicolaïtes qui renaissait dans l’Ombrie, et éclata par de nombreux miracles. 1301, — De plus l'Oclave de saint Hyacinthe t. 4257.
Martyrologe de l'Ordre des Ermites de Saint-Augustin. = À Carthage, en Afrique, les saints martyrs Libérat, abbé, Boniface, diacre, Serf et Rustique, sous-diacres, Rogat et Septime, moines, et Maxime, enfant, de notre Ordre ; qui, dans la persécution des Vandales, sous le roi Hunéric, endurèrent des supplices variés et inouis pour la confession de la foi catholique et la défense d’un seul baptême. Enfin, üls furent crucifiés sur le bois qui devait servir à les brüler, et comme le feu allumé à plusieurs reprises était éteint par la grâce divine, ils furent frappés jusqu’à la mort et finirent ainsi leur glorieux combat, méritant la couronne du Seigneur 2. 483.
Martyrologè de l'Ordre des Servites de la bienheureuse Vierge Marie. — La Vigile de saint Barthélemy, apôtre. — À Todi, notre Père saint Philippe Beniti, confesseur, propagateur de VOrdre, mis au nombre des Saints par Clément X. Humble au-delà de toute expression, il refusa la tiare suprème de l'Eglise, qui lui était offerte. 1285.
ADDITIONS FAITES D'APRÈS LES BOLLANDISTES ET AUTRES HAGIOGRAPHES
Anniversaire du jour où le glorieux pontificat de Pie IX dépassa le nombre des vingt-cinq années, des deux mois et des sept jours de celui de saint Pierre. 1874. — À Boppart (Bodobriga), petite ville d'Allemagne, dans l’archidiocèse de Trèves, invention des reliques de plusieurs saints Martyrs anonymes. La chapelle de Saint-Martin, hors des murs de Boppart, ayant été complétement ruinée, on commença, en 4200, à enlever les fondations pour en poser de nouvelles. Les fouilles nécessitées par ce travail aboutirent à la découverte de plusieurs sarcophages renfermant des ossements, des instruments de supplices, avec des inscriptions portant la date 142. Les sarcophages étaient au nombre de seize. Ces Martyrs des premiers siècles jouissaient d’un culte immémorial, et cette invention de leurs précieux restes ne fit que l’accroître. 1200, — A Aquilée et à Rome, les saints martyrs Fortunat, Hermon, Xiste, Martial, Hermogérat, Laurent ; de plus, trois jeunes enfants, Abonde, Innocent et Mérendin. Sous Dioclétien et Maximien. — En Thrace, les saints martyrs Silvain, Sabin et Panthère, qui, après avoir souffert la flagellation, la faim, la soif, les horreurs d’un cachot infect, furent écorchés tout vifs et eurent la tète tranchée. Sous Dioclétien. — A Vérone, en Vénétie, saint Modérat, évêque et confesseur, dont le corps repose dans Véglise Saint-Etienne de cette ville. ve s. — À Londonderry, ville et port d'Irlande, saint Eugène de Magher, appelé aussi Eogain, premier évèque d’Ardsrathe et confesseur. Après avoir été emmené par des pirates en Angleterre et en Gaule, il revint dans sa patrie, y fonda plusieurs monastères avec son compagnon, saint Tégernae, et mourut après une vie pleine de vertus, illustrée par des miracles et le don de prophélie. vie s. — Dans l'ile de Ramsey (Lemeneia insula), sur la côte méridionale du pays de Galles, saint Justinien, solitaire et martyr. Le démon, jaloux de ne pouvoir, malgré ses efforts, réussir à le tenter. persuada à trois de ses disciples d'attenter à la vie de leur maître. Ces misérables, poussés par l'esprit du mal, se jetèrent sur Justinien et lui tranchèrent la tête. Sur le lieu du martyre jaillit soudain une fontaine dont l’eau miraculeuse guérissait les infirmes qui la buvaient avec esprit de foi. 530 ou 540. — À Constantinople, saint Callinique Ier, patriarche et confesseur. Commencement du vire 8. — À Hoheunvart, en Bavière, la bienheureuse Richilde, recluse, dont nous avons parlé hier dans le même martyrologe. 1100. — À Brescia, en Italie, le bienheureux Barthélemy de Forest, frère convers de lPOrdre des Servites de la hienhewreuse Vierge Marie. Ses reliques, enfermées dans une chässe de bois, sont en grande vénération parmi les “habitants de Brescia qui ont oblenu, par son intercession, maintes guérisons miraculeuses, 1489.
Z, Nous ævons donté la vie de saïnt Hyacinthe au 16 août. 2. Voir, sur ces Martyrs, la note L du martyrologe romain du A7 août, t.rx, p, 624.