XXV' JOUR D'AOÛT
MARTYROLOGE ROMAIN
À Paris, saint Louis, confesseur, roi de France, illustre par la sainteté de sa vie et par la gloire de ses miracles. 1210. — A Rome, les saints martyrs Eusèbe, Pontien, Vincent et Pérégrin, qui, sous l’empereur Commode, endurèrent successivement les tourments du chevalet, des entraves! de la bastonnade ; ensuite, comme ils continuaient à louer Jésus-Christ avec une fidélité inviolable, on les battit avec ? des fouets garnis de plomb, jusqu’à ce qu’ils rendissent l’âme 1. 110 s. — A Rome encore, saint Genès, martyr, qui, dans le paganisme où il était né, avait embrassé la pro fession de comédien. Comme il jouait sur le théâtre les mystères de la religion chrétienne, en présence de l’empereur Dioclétien, touché d’une inspiration divine, il se convertit tout à coup et reçut le Baptème. Aussitôt l'empereur le fit cruellement maltraiter à coups de bâton, étendre sur le chevalet, déchirer lentement avec des ongles de fer, et brüler avec des torches ardentes ; mais, voyant qu'il persistait dans la foi chrétienne et disait : « Il n’y a point d’autre roi que Jésus-Christ, et quand vous me tueriez mille fois, vous ne pourriez jamais me l’ôter de la bouche, ni me l'arracher du cœur », il lui fit remporter la palme du martyre en ordonnant de lui trancher la tête ?.
1. Une relique de saint Vincent, venue de Rome en 1840, réposé près de celles de saint Clément, pape, et de saint Fort, premier évêque de Bordeaux, dans l'église de Saint-Seurin de cette ville. — L'abbé Cirot de la Ville, Origines chrétiennes de Bordeaux.
9. Saint Genès de Rome (appelé aussi Genest ou Genêt) est patron de l'église paroissiale des Caunes (Aude, arrondissement de Carcassonne, canton de Peyriac-Minervois), qui possède des reliques du saint Martyr : elles sont renfermées dans un buste qu'on expose à la vénération des fidèles, pendant toute l'Octave de sa fête. Au fond du chœur de li même paroisse se voit un tableau qui représente saint Genès au moment où, étant sur la scène pour tourner en dérision les cérémonies du culte catholique et da Baptême en particulier, il est touché de la grâce du ciel, se convertit à la vraie foi ct souffre pour elle le maäïrtyre, — Tout le monde connaît à Nevers l'église Saint-Genès, dont on voit, dans la rue qui porte 18 même nom, des restes qui sont un objet d’admiration pour les amateurs : elle remonte aux dernières
997 ou 303. — À Italica (Divi Trajant civitas, Séville-la-Vieille ou Santiponce), en Espagne, saint Géronce, évêque, qui prêcha l'Evangile dans cette province au temps des Apôtres, et, après une multitude de travaux, mourut en prison. rer s, — A Arles, dans la Gaule, saint Genès ou Geniès, qui, faisant l'office de greffier, refusa d'enregistrer les édits qui ordonnaient de persécuter les chrétiens, et jeta mème pubiiquement ses registres, protestant qu'il était chrétien ; saisi et décapité, il fut baptisé dans son sang et obtint la gloire du martyre {. 308. — En Syrie, saint Julien, martyr 2. — À Tarragone, saint Magin ou Maxime, martyr sous Maximin. — A Constantinople, saint Mennas, patriarche. 552. — A Utrecht, saint Grégoire, évêque 8. Vers 186. — A Naples, sainte Patrice, vierge #. 365.
MARTYROLOGE DE FRANCE, REVU ET AUGMENTÉ
A Molhaing, près de Marienbourg, en Belgique, dans la province de Namur, saint Elmer ou Elmère, confesseur, patron de l’église collégiale de Molhaing. Quelques hagiographes le citent au 97 août. — A Apt, saint MARCIEN DE SAIGNON, abbé de Saint-Eusèbe, au diocèse d'Avignon. 1010. — Dans la petite île de Maguelone (Magalona), au diocèse de Montpellier, saint Sévère, fondateur et premier abbé du monastère d'Agde (Agatha), et dont nous avons parlé au 21 août, jour où l'Eglise de Rodez célèbre sa fête. ve s. — A Déols ou Bourg-Dieu (Indre), au diocèse de Bourges, saint Romaize, confesseur, appelé aussi Romadouze, Rôme, Romard, Promaise, Promâse. — Dans le Limousin, saint ARÈDE ou YRIEZ de Limoges, abbé du monastère d’Atane et cenfesseur. 591. — Dans l’ancienne abbaye bénédictine d'Homblières (Humolariæ), fondée par saint Eloi, au diocèse de Soissons, sainte HUNÉGONDE, vierge et abbesse. 690. — En Périgord (Dordogne), saint Ribère ou Rabier, confesseur. — A Quimperlé (Finistère), au diocèse de Quimper, saint Gurloès ou Gurloèse, d'abord prieur de l’abbaye bénédictine de Saint-Sauveur de Redon (Reginodum, Ille-et-Vilaine), puis premier abbé du monastère de Sainte-Croix de Quimperlé (fondé en 4029 par Alain Cagnart, comte de Cornouailles). Gurloès gouverna paisiblement son abbaye pendant vingt-cinq ans. Son culte s’est établi en Bretagne et y subsiste encore. On voit son tombeau dans une chapelle basse de l’église Sainte-Croix de Quimperlé. Ses reliques, enfermées dans des chässes, furent honorées dans cette mème église jusqu'à la Révolution ; mais depuis cette époque elles sont perdues. Il y a à Landugen (Côtes-du-Nord) une chapelle sous l’invocation de saint Gurloès, que le peuple appelle par corruption Gurlo et Durlo : on s’y rend en pèlerinage de près de dix lieues à la ronde, le dernier dimanche de juillet. 1057. — Au diocèse de Blois, saint Louis, roi de France, patron de la cathédrale et de tout le diocèse. — Dans l’ancienne abbaye bénédictine de Saint-Ghislain (S. Sigisleni cœnobium), dans le Hainaut, le bienheureux Egéric, abbé de ce monastère et confesseur. Des rapports particuliers et très-affectueux existaient entre lui et saint Bernard de Clairvaux. 1161. — Au monastère du Mont-Sainte-Agnès (Chanoines régu-
années du x siècle. — On rencontre une chapelle dédiée à saint Genès entre Azy-le-Vif et Neuville- 1ès-Decize (Nièvre) : c’est le but d'un pèlerinage fréquenté. — On conserve aussi de ses reliques dans l'église de Proverville (Aube, arrondissement et canton de Bar-sur-Aube) dont il est patron. — Hagiologie Nivernaise ; Notes de M. le curé des Caunes; Saints de Troyes, par l'abbé Defer.
1. Les bourreaux le rencontrèrent lorsqu'il traversait le Rhône pour se mettre à l'abri de leur cruauté. Dès qu'il fut à l’autre bord, un des sicaires lui trancha la tête et lui procura la gloire du martyre. Les fidèles, pour mettre les deux rives du Rhône sous ia protection de saint Genès, ont fait bâtir une ville de chaque côté, et, la. sant les vestiges de son précieux sang sur le lieu de son supplice, ils ont transporté ses reliques sacrées de l'autre côté du fleuve, afin qu'il soit présent à l'un et à l'autre bord : à celui-là par son saug, à celui-ci par son corps. — Saint Hilaire d'Arles raconte qu'un jour de fête de saint Genès, comme le peuple, venu en foule à cette cérémonie, passait d’une ville à l'autre pour honorer le lieu de son martyre, les arcades du pont de communication se rompirent et entraînèrent dans l’eau tous les fidèles. On se mit alors en oraison et saint Genès obtint du ciel que la multitude pût sortir de dessous les eaux sans en avoir reçu aucun mal. — Acta Sanctorum.
2. Saint Julien de Syrie est déjà cité au martyrologe romain du 12 août.
8. Ludger, qui a écrit sa vie, Mabillon, les Bollandistes et le Père Antoine Pagi (Crit. in Ann. Baron.) ne lui donnent que le titre d'administrateur du diocèse d’Utrecht. Né dans le territoire de Trèves, il des cendait du sang royal de France, par Adèle, son aïeule, fille de Dagobert Ier, roi d'Austrasie. L'Eglise d’Utrecht qu'il gouverna vingt-deux ans devint, par sa vigilance et ses prédications, la plus florissante de tout le pays. Ses reliques, qui se gardaient respectueusement à Utrecht, furent examinées dans deux visites épiscopales qui se firent en 1421 et en 1597. — Godescard.
4. Patrice était fille de l'empereur Constant Ier (337-350), troisième fils de Constantin le Grand. Quand son père eut été assassiné par Magnence (350), elle demanda asile à son oncle Constance II, empereur d'Orient, qui l'accueillit avec honneur. Patrice édifia la cour par l'éclat de toutes les vertus ; son oncle ayant voulu la marier, elle s'enfuit de Constantinople et aborda à Naples. Après la mort de Constance (361), elle supplia le pape Libère de l'admettre au rang des Vierges, ce qui eut lieu à sa grande satisfaction. Patrice passa le reste de sa vie à Naples et y mourut le 25 août 365. Son corps fut inhumé dans l'église des saints Martyrs Nicandre et Marcien : on adjoignit bientôt à cette église un monastère sous le nom de Sainte-Patrice. Le ciel honora son tombeau de plusieurs miracles. — Chapia,
iiers de l'Ordre de Saint-Augustin), près de Zwoll, en Hollande, le bienheureux THOMAS A KEMPIS, chanoïne régulier. 4471.
MARTYROLOGES DES ORDRES RELIGIEUX
Martyrologe des Chanoïnes réguliers. — A Utrecht, saint Grégoire, confesseur ; il embrassa l'institut des Clercs réguliers, sous la discipline de saint Boniface, martyr, et fut son successeur dans l’épiscopat de cette même ville. Il convertit les Saxons à la foi chrétienne. 716.
Martyrologe des Franciscains. — À Paris, saint Louis, roi de France, confesseur du Tiers Ordre de notre Père saint François, illustre par la sainteté de sa vie et la gloire de ses miracles ; le souverain pontife Boniface VIII l'a mis au nombre des Saints, et les associés du Tiers Ordre l'honorent comme leur patron principal. 4270.
Martyrologe de l'Ordre des Frères Mineurs. — De mème que chez les Franciscains.
Martyrologe de l'Ordre de la bienheureuse Vierge Marie du Mont-Carmel. — Saint Louis, confesseur, dont la fête se célèbre chez nous le lendemain de ce jour.
Martyrologe de l'Ordre des Mineurs Capucins de Saint-François. — De même que chez les Franciscains.
Martyrologe des Carmes déchaussés. — De même qu’au martyrologe romain.
ADDITIONS FAITES D'APRÈS LES BOLLANDISTES ET AUTRES HAGIOGRAPHES
À Rossano (Roscianum), ville d'Italie, dans la Calabre Citérieure, Notre-Dame de Rossano. Une pieuse et respectable tradition rapporte que les Sarrasins voulant surprendre cette ville, aux murs de laquelle ils avaient déjà dressé des échelles, la sainte Vierge leur apparut revêtue d’une robe de pourpre et tenant à la main un flambeau allumé : les Barbares, effrayés, se retirèrent en désordre, sans faire aucun mal aux assiégés. — A Albanopolis, en Arménie, saint Barthélemy, apôtre et martyr, dont nous avons donné la vie au jour précédent. 14. — Sainte Rufne et sainte Eutice, martyres ; et les saints Julien, Jules, Hermès, Juste, et dix-huit soldats, leurs compagnons, martyrs, cités par les apographes de saint Jérôme, sans plus de détails. — Au diocèse de Trivento, dans les Abruzzes, saint Jean de Rousel (J. de Rusello), solitaire et thaumaturge. — A Constantinople, saint Gennade, patriarche. Il mourut après un pontificat malheureusement trop court, où il donna l'exemple des plus éclatantes vertus. Sa parole pleine de douceur et d’onction captivait les âmes. Une de ses prémières conquêtes fut un prêtre novatien, du nom de Marcianus, qui fit son abjuration entre ses mains et fut nommé économe de l’église. Gennade oblint, dès le début de son ministère, que l’empereur Léon le Thrace (457-474) sanctionnât par décret l’obligation de s'abstenir le dimanche de toute œuvre servile. Il fit admettre également par le pouvoir civil le principe que les clercs appelés devant les tribunaux relèveraient exclusivement de la juridiction du préfet du prétoire : c’élait un premier pas vers le principe absolu des immunités ecclésiastiques. Du reste Gennade exigeait de son clergé une vie qui prévenait le scandale des accusations juridiques. Sous son influence, les personnages les plus distingués de l'empire donnaient l'exemple de la charité et de la mortification chrétiennes : le patricien Studius élevait une basilique en l'honneur de saint Jean-Baptiste et fondait à côté un monastère d’acémètes, pendant que le grand chambellan Gratissime faisait une fondation du même genre en l'honneur de saint Cyriaque. En un mot, Gennade passa en faisant le bien et laissa de précieuses traces de son sage gouvernement. 411. — Encore à Constantinople, saint Epiphane, patriarche et confesseur. 535. — En Angleterre, sainte Ebbe, abbesse, communément appelée par les Anglais sainte Tabbs. Elle était sœur de saint Oswald et d'Oswi, roi des Northumbres. Assistée des pieuses libéralités du second de ces princes, elle fonda un monastère sur la Darwent, dans le diocèse de Durham (Dunelaum) : il fut depuis connu sous le nom d’Ebchester. Elle en fonda encore un double, pour des hommes et pour des femmes, à Coldingham, au-dessous de Berwick-sur-Tweed (Northumberlanû). Elle gouverna cette maison jusqu'à sa “bienheureuse mort, 683