ABBÉ DE SAINT - HUBERT, DANS LE LUXEMBOURG BELGE
Thierry naquit en 1007, près de Thuin, ville du Hainaut. Gouzo, son père, s’opposa longtemps au désir de sa vertueuse épouse qui voulait consacrer son fils au Seigneur ; mais enfin il céda. Ses parents le confièrent alors à leur fille Ansclade, qui, déjà depuis son enfance, vivait dans la piété au couvent de Maubeuge /Malbodium, Nord), afin qu'elle l’instruisit dans la religion. Il reçut près d’elle les premiers éléments de la piété, et, quelque temps après, il alla compléter son éducation religieuse chez les moines de Lobbes, où il fit de si grands progrès dans les sciences et
dans les voies dé la sanctification que, étant encore enfant, il fut nommé, par l'archevêque de Cambrai, lecteur et acolyte, et admis au sous-diaconat à l’âge de dix-sept ans. À dix-néuf ans, il prononça ses vœux de religion, et reçut successivement les autres Ordres.
Ses vertus venaient de l’élever à la fonction d'écolâtre à l’abbaye de Fulde (Hesse-Cassel), lorsque la mort surprit Adélard, abbé de Saint-Hubert (Andaginum S. Petri, dans le Luxembourg belge). Thierry fut élu pour lui succéder : seul, il semblait capable d'y rétablir Ja discipline monastique qué l’excès de bonté et d'indulgence d’Adélard avait fait tomber en décadence. Sa vertu triompha en effet de la mauvaise volonté des moines, et l’abbaye recouvra sa première splendeur.
La piété extraordinaire de Théodoric lui acquit l'estime de ses contemporains : un riche seigneur lui fit don de l’église de Saint-Sulpice, dans la métairie de Piros, où il plaça des moines du couvent de Saint-Hubert. Le diocèse de Liége lui fut redevable de l'édification et de la réparation d’un grand nombre d’églises et de chapelles. Sa profonde dévotion pour les saints Apôtres lui fit faire sept fois le pèlerinage de Rome.
Usé par les années et les infirmités, et sentant approcher l’heure de sa délivrance, Thierry fit venir près de lui tous les frères de la communauté, et, revêtu des insignes de sa dignité, il leur demanda pardon à tous et les exhorta à rester fidèlement dans la voie de la piété. Puis il s’affaissa et rendit doucement son âme à Dieu. C'était le 24 août 1087.
Henri, évêque de Liége, célébra ses funérailles, et, le 27 août, inhuma le corps du Bienheureux dans le couvent de Saint-Hubert, devant l’autel de la sainte Vierge.
Acta Sanctorum, 24 août. — Cf. Continuateurs de Godescard ; Mabillon, Acta Sanctorum ord. S. Bene= dicti; et la Chronique de l'abbaye de Saint-Hubert, traduite par de Robaulx, Bruxelles, 1847.