VINGT-NEUVIÈME ÉVÊQUE DE SENS ET CONFESSEUR
Neveu de saint Goéric, son prédécesseur sur le siége épiscopal de Sens, Ebbon devint après lui deuxième comte de Tonnerre (Yonne), et, marchant sur ses traces, renonça aux dignités et aux plaisirs que lui promettait le monde pour vivre sous la règle austère de Saint-Benoil dans le monastère de Saint-Pierre le Vif, dont il devint abbé en 704. Après la mort de son oncle, il fut tiré de sa solitude et chargé du soin de gouverner l'Eglise de Sens (709). Ebbon employa ses revenus à soulager les pauvres, mortifia son corps par la pénitence, sanctifia son âme par la prière, éclaira son diocèse par la lumière de ses miracles, l’édifia par ses exemples et l'instruisit par ses prédications.
Pendant son pontificat, et en 731, suivant l'opinion la plus commune, les Sarrasins attirés en France par Eudes, duc d'Aquitaine, s’avancèrent jusque sous les murs de Sens dont ils incendièrent les faubourgs. La consternation était grande parmi les habitants qui, pour ne pas s’ensevelir sous les ruines de la ville, songeaient à capituler, lorsque Ebbon releva leurs esprits abattus en offrant de les conduire lui-même au combat. Le camp des infidèles, attaqué à l’improviste, fut enlevé ; les Sarrasins s’enfuirent en désordre devant les chrétiens qui les poursuivirent jusqu’auprès de la petite ville de Seignelay et en firent un épouvantable carnage.
L'année suivante, Ebbon assista à une assemblée convoquée à Tolbiac par Charles-Martel. Lorsque ce prince belliqueux eut détruit les Sarrasins, saint Ebbon résolut de se retirer dans la solitude pour y vaquer à la contemplation. Il choisit le village d’Arces (arrondissement de Joigny), au milieu des forêts : une grotte lui servit de cellule, et ce fut là que se consumèrent les longues années de sa vieillesse : toutefois, n’abandonnant pas entièrement ia direction de ses ouailless il se rendait chaque dimanche à sa ville archiépiscopale, y célébrait les saints Mystères, rompait à ses enfants le pain de la parole de Dieu, les bénissait et retournait à son ermitage. Il mourut le 27 août 740, jour où il est honoré à Sens et dans plusieurs contrées de la France. Saint Ebbon fut inhumé à Saint-Pierre le Vif, dans la chapelle de Notre-Dame, conformément à ses dernières volontés.
Tiré de la France Pontificale, par Fisquet.