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XIX' JOUR D'AOÛT

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MARTYROLOGE ROMAIN

A Rome, saint Jules, sénateur ! et martyr, qui, livré au juge Vitellius, et jeté par lui en pri- ‘son, fut, par l’ordre de l’empereur Commode, frappé à coups de bâton jusqu'à ée qu’il rendit l’esprit. Son corps fut enseveli au cimetière de Calépode, sur la voie Aurélienne. 492. — En Cilicie, Ja naissance au ciel de saint André, tribun, et de plusieurs soldats ses compagnons, qui, après avoir remporté sur les Perses une victoire due à un miracle, se convertirent à la foi de Jésus: Christ ; accusés comme chrétiens, ils furent massacrés dans les défilés du mont Taurus par l’armée du président Séleucus, sous l’empereur Maximien ?, Vers 300. — En Palestine, saint Timothée, martyr, qui, après avoir surmonté plusieurs supplices, fut brûlé à petit feu, durant la persécution de Dioclétien, sous le président Urbain. Sainte Thècle et saint Agape souffrirent dans le même pays : Thècle fut exposée aux bêtes, et mise en pièces par leurs morsures, elle alla rejoindre l'Epoux céleste ; Agape, après avoir enduré plusieurs tourments, fut réservé pour de plus grands combats 5, 304. — A Anagni, saint Magne, évêque et martyr, mis à mort durant la persécution de Dèce. Vers 250. — A Brignoles, en Provence, le décès de saint Louis, évêque de Toulouse, de l'Ordre des Frères Mineurs, célèbre par sa sainteté et par ses miracles. Son corps, transporté à Marseille, fut enseveli honorablement dans l’église des Cordeliers. 1297. — Au diocèse de Sisteron, saint DONAT, prêtre et confesseur, qui, dès son enfance, reçut de Dieu des grâces admirables, mena la vie anachorétique durant de longues années, et, tout éclatant de la gloire des miracles,

1. Un sénateur qui devenait chrétien était obligé de rénoncér à faire partie du sénat. Auguste avait porté une loi qui obligeait tout sénateur, ayant de prendre séance, d'offrir de l'encens et du vin à l'autel du dieu dans le temple duquel le sénat était rassemblé. (Suétone, Vie d'Octave, chap. xxxv.) Or, le sénat ne se rassemblait que dans des temples ; au commencement de la séance, on offrait un sacrifice, on parlait des choses divines avant de s'occuper des choses humaines. — Baronius.

2. Le Taurus /Djebel-Kurin en turc) est une chaîne de montagnes de l'Aste-Mineure qui commence vers 880 latitude Nord, près de l'Euphrate, traverse de l'Est à l'Ouest le pachalik de Marach, puis court toujours à l'Ouest parallèlement à la côte Sud de l'Asie-Mineure qu'elle serre de très-près, et finit par se bifurquer en deux petits rameaux qui se terminent aux golfes de Satalich et de Cos, On nomme Anti- Taurus une autre chaîne qui traverse aussi de l'Est à l'Ouest l'Asie-Mineure dans sa partie centrale, — Quelques reliques de ces athlètes du Christ, apportées autrefois à Saint-Flour furent gardées avec grande yénération dans la cathédrale jusqu'à la fin néfaste du xvinre siècle. L'église de Saint-Vincent de Brioude, autrefois dans le diocèse de Saint-Flour, conservait anciennement une quantité considérable des ossements des Martyrs de cette légion sainte. Un grand concours de pèlerins malades surtout de flévreux, venaient les visiter et les honorer chaque année. — Propre de Saint-flour.

3, Voici ces « plus grands combats » auxquels fait allusion le martyrologe romain. Après que sainte Thècle eut été mise en pièces dans l'amphithéâtre, Agape, épargné par les bêtes, fut jeté en prisou où il resta encore deux ans. Enfin le césar Maximien Daïa donna des ordres pour qu'on le fit mourir s'il refusait toujours d’abjurer le christianisme. Les longues souffrances n'avaient point abattu son courage et, en différant sa couronne, on n'avait fait qu'augmenter le désir qu’il avait de rejoindre ses compagnons dans la gloire. On l'exposa de nouveau dans l'amphithéêtre, où un ours se jeta sur lui, sans toutefois lui ôter la vie : le lendemain on le jeta à la mer. — Go‘lescard.

Vies DES SAINTS. — TOME X. 2

s’envola vers le Christ. 522. — En Berry, saint Marien, confesseur t, — A Mantoue, saint Rufn, confesseur.

MARTYROLOGE DE FRANCE, REVU ET AUGMENTÉ

Au Mans, saint Hadouin ou Chadôuin, évêque, nommé au jour suivant. — À Chàlons-sur- Marne, saint ELAPHE, dix-septième évêque de ce siége et confesseur. 587. — Aux environs de Tulle, dans l’église de la Guène, saint CALMINIUS ou CALMINE, duc d'Auvergne et confesseur, fondateur de l’abbaye de Saint-Chaffre, au diocèse du Puy. vis s. — A Avignon, saint Magne, évèque de ce siége et confesseur. Natif d'Avignon, il fut d’abord gouverneur de cette ville qu'il quitta après la mort de sa femme Gondaltrude pour se rendre au monastère de Lérins, près d’Agricole, son fils : il y fut ordonné prètre. Peu après, le siége d'Avignon étant venu à vaquer (656), il fut promu à ce poste, à cause de ses vertus. Sa patience était admirable ainsi que sa charité pour les pauvres. Il rétablit la discipline ecclésiastique dans son diocèse, souscrivit au concile de Chälon-sur-Saône (650) et donna tous ses biens à son Eglise. Son corps fut déposé dans la cathédrale d'Avignon ; le pape Jean XXII le transféra (1321) dans l’église de Saint-Agricole où il est encore aujourd'hui. 660. — A Coutances, fête de saint Joachim, époux de sainte Anne, père de la très-sainte Vierge, et dont nous avons donné la vie au 26 juillet. — Au diocèse de Montpellier, saint Vénuste, évèque d'Agde et martyr. — Au diocèse de Cahors, saint Rustique, évêque de ce siége et martyr. Né à Albi, il eut pour père Salve, pour mère Archénefrède, et fut d’abord chapelain du roi Lothaire, puis archidiacre de Rodez. Comme il remplissait avec fermeté ses devoirs d’évèque et ne se faisait pas scrupule de stigmatiser les méchants dès que l’occasion s’en présentait, il se fit des ennemis qui soudoyèrent des malfaiteurs, le firent mourir, et jetèrent son corps dans le Lot. Il avait occupé le siége épiscopal de Cahors pendant sept ans et quelques mois. — À Alger, saint Alype, évèque de Tagaste, en Afrique, dont nous avons donné la vie au 45 août. 431. — À Orléans, l'apparition de la sainte Croix à l’empereur Constantin. Nous en avons parlé amplement au 3 mai, — Au diocèse de Soissons, saint Arnoul, évèque et confesseur, dont nous avons donné la vie au 15 août. 4087. — À Meaux, mémoire de sainte Philomène, vierge à San- Severino, dans la Marche d’Ancône, citée par le martyrologe romain au 5 juillet. vie s. — Au diocèse d'Arles, saint BERTULFE ou BERTOUL, moine de Luxeuil ct troisième abbé de Bobbio. 640. — À Vienne, en Dauphiné, le bienheureux Burchard ou Burcard, archevêque de ce siége et confesseur. Il gouverna saintement son troupeau, se fit remarquer pour sa grande humilité, et assista (1025) au concile d’Auch. Rodolphe HT, roi de Bourgogne, qui l’aimait beaucoup, donna en sa considération aux archevèques de Vienne le titre de comte que le bienheureux Burchard porta le premier et qui passa à plusieurs de ses successeurs. 1025. — À Vannes, saint Guennin, appelé aussi Guinnin et Guin, évêque de ce siége et confesseur, dont le corps fut déposé dans l’église cathédrale, à côté de celui de saint Vincent. Vers 622. — Dans l’ancienne abbaye cistercienne d’Igny (Igniacum), au diocèse de Châlons, le bienheureux GUERRIC, abbé. Vers 1157. — Au diocèse de Laval, saint Fraimbaud, confesseur, dont nous avons donné la vie au 16 août. 532. — Au diocèse de Verdun, saint Arnoult ou Arnould, évêque de Metz et confesseur, dont nous avons donné la vie au 18 juillet. 641.— À Lyon, mémoire de saint Badulphe ou Badour, abbé d’Aisnay (Afhanacum, Ordre de Saint-Benoît) et confesseur. Vers 900. — À Paris, sainte Crescence, vierge, louée par saint Grégoire de Tours. — À Toulon, les saints Mandrien et Flavien, martyrs. Vers le vie s.

MARTYROLOGES DES ORDRES RELIGIEUX

Martyrologe des Basiliens. — Près de Messine, saint Barthélemy, abbé, de l'Ordre de Saint- Basile, fondateur du grand monastère de Saint-Sauveur, célèbre par son admirable pénitence et par sa sainteté. XII° $.

Martyrologe des Chanoïnes réguliers. — Chez les Chanoïnes de Latran, saint Rufin, évêque des Marses, qui recut la couronne du martyre sous l’empereur Maximien, le 41 de ce mois. Vers

Mariyrologe des Camaldules. — Au monastère du Très-Saint-Sauveur d’Aguapagana, diocèse

1. Saint Marien, appelé aussi Marein et Margeain, florissait dans le vie siècle, et menait dans la solitude une vie fort austère, Il ne se nourrissait que de fruits sauvages et du miel qu'il trouvait dans les bois, permettait aux personnes de piété de le visiter dans certains temps de l'année; mais dans d’autres, il se cachait, et il était impossible de le découvrir. Comme il arriva qu'on ne le voyait point dans un temps où il avait coutume de se montrer, on le chercha de tous côtés, et à la fin on le trouva mort sous un arbre au fond d'un bois. On porta son corps au bourg d'Evaux (Creuse, arrondissement d'Aubusson), dans la baronnie de Combrailles, pays de la Basse-Auvergne compris aujourd'hui dans les départements de la Creuse et du Puy-de-Dôme. Les miracles opérés à son tombeau firent instituer une fête en son honneur. Elle est marquée au 19 septembre dans quelques anciens bréviaires de Bourges. — Godescard.

de Camerino, le bienheureux Ange, confesseur, Camaldule, qui, épuisé par une douloureuse maladie et par ses macérations, mourut d’une mort précieuse devant le Seigneur 1. 1313.

Martyrologe des trois Ordres de Saint-François. — À Brignoles, en Provence, saiñt Louis, évêque de Toulouse, confesseur, fils de Charles II, roi de Sicile et de Jérusalem, de l'Ordre des Frères Mineurs, célèbre par la sainteté de sa vie et ses miracles, dont le corps fut porté de là à Marseille, et bientôt après à Valence, où il est honoré avec une grande vénération dans l’église métropolitaine. 4297. — Le même jour, l'Octave de sainte Claire, vierge 2. 4308. — Le samedi avant le dimanche qui suit l’octave de l’Assomption de la bienheureuse Vierge Marie, la fête du Sacré Cœur de la bienheureuse Vierge Marie.

Martyrologe de l'Ordre des Frères Mineurs. — A Brignoles, dans la Provence, saint Louis, évêque, etc.

Martyrologe des Mineurs Capucins de Saint-François. — A Brignoles, en Provence, saint Louis, etc.

Martyrologe de l'Ordre de la Bienheureuse Vierge Marie du Mont-Carmel. — Saint Camille de Lellis, dont la fête est le 48 de juillet 3. 1614.

Martyrologe des Ermites de Saint-Augustin. — A Cracovie, en Pologne, saint Hyacinthe, confesseur, de l'Ordre des Frères Prêcheurs, mis au rang des Saints par Clément VII. Son décès est marqué le 16 de ce mois #. 4257.

ADDITIONS FAITES D'APRÈS LES BOLLANDISTES ET AUTRES HAGIOGRAPHES

Près de Nuremberg, en Bavière, saint Sébald, solitaire, dont on ne sait rien de certain, sinon qu'avant la prétendue Réforme il était en grande vénération parmi les habitants de Nuremberg qui le regardaient comme un des premiers apôtres de cette contrée. L'église Saint-Sébald de Nuremberg est fort célèbre, et le tombeau du Saint, que l’artiste Pierre Fleischer a représenté en bronze, pèse, dit-on, 457 quintaux. Il existe une messe particulière en l'honneur de saint Sébald, approuvée par le pape Martin V. virte s.— Près de Monte-Corvo, en Portugal, dédicace de Notre- Dame de Jérusalem, église bâtie à limitation de celle de Jérusalem, et dont on dit que la sainte Vierge donna elle-même le plan. — A Amasée, aujourd'hui Amasieh, ville de la Turquie d'Asie, dans le pachalik de Sivas, les saints martyrs Filion, Rufin, Léonce, Théodole, Cyrille, Zélat, Timothée, Gaddas ou Gadde, Romole et Sylve, cités par saint Jérôme. — Chez les Grecs, saint Eutychien, soldat, et saint Stratége,. martyrs, qui périrent dans les flammes. — Au monastère de Saint- Pierre de Besalve (Monasterium S. Petri Besaluensis), diocèse de Girone, en Catalogne, saint Marin, évêque et confesseur. — A Arezzo, ville de Toscane, saint Satyre, évèque et martyr, et ses compagnons, dont les corps reposent dans l’église cathédrale. Vers le milieu du 1ve s. — En Angleterre, saint Clinctance ou Clitanée, roi et martyr. Une jeune personne, recherchée en mariage par des seigneurs du pays, répondit à leurs instances qu’elle n’épouserait que le très-pieux roi Clinctance. Décus dans leur attente, les seigneurs résolurent de se défaire d’un compétiteur importun. Ils se cachèrent donc dans une forêt que devait traverser le roi dans une partie de chasse, eë le massacrèrent. Une église fut construite sur le lieu de son martyre. Vers le ve s. — En Irlande, saint Moctée ou Mochtée, évèque de Lugmad et confesseur, natif de la Grande-Bretagne. On raconte qu’un ange lui enseigna les premiers éléments des sciences, qu’il alla perfectionner ses études à Rome où il fut consacré évèque, qu'il revint ensuite en frlande avec douze compagnons qui jetèrent avec lui les fondements d’un monastère. Cetle maison devint fort célèbre + Moctée y réunit un rombre considérable de religieux et leur donna lui-même une Règle. Notre Saint parvint à une très-grande vicillesse : quelques hagiographes lui donnent trois cents ans d'existence , les Bollandistes pensent qu’il faut la réduire à cent années qu’il passa dans les exercices de la plus austère mortification. Vers 535. — A Bobbio, ville du royaume d'Italie, sur la Trebbia, saint Bertulfe ou Bertoul, nommé au marlyrologe de France de ce jour. — Dans la Marche d’Ancône, le bienheureux Pierre de Gualdo, solitaire, du Tiers Ordre de Saint-François. 1367.

1. Le bienheureux Ange prit, à l'âge de vingt-quatre ans, l'habit de Camaldule au monastère de Saint= Sauveur, 11 y passa quélque temps en qualité de frère convers ; puis il obtint de son prieur la permission de vivre dans la solitude. Il choisit pour retraite une caverne peu éloignée de la forêt de ce monastère; et là il s'adonna à tout ce qu'une vive ardeur pour la pénitence pouvait lui inspirer de plus rigoureux. Son oraison était continuelle ; et comme il ne laissait pas de vivre sous la dépendance de son supérieur, il se rendait à des heures fixes au monastère pour assister à l'office divin, Ses austérités lui causèrent une grave maladie dont il supporta les douleurs avec une patience admirable, S’étant mis à genoux devant un crucifix, le seul trésor qu'il possédait dans son ermitage, il mourut paisiblement dans cette posture le 19 août 1313, jour auquel son Ordre célèbre sa fête. Son culte a été approuvé par le pape Grégoire XVI, le 24 juillet 1845.

2. Voix sa vis au 18 août, — 3. Voir sa vis au 18 juillet, — 4, Voir sa vie à ce jour.

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SAINT CALMINIUS OÙ CALMINE,

DUC D’AQUITAINE ET ERMITE, TONDATEUR DE L'ABBAYE DE SAINT-CHAFFRE, AU DIOCÈSE DU PUY

vie siècle.

Fuyez le monde, il n'enfante que ténêbres ; cherchez la lumière dans la solitude, la vraie lumière briue au désert. Saint Pierre Damien.

Saint Calminius ou Calmelius, vulgairement saint Calmine, patron de l’église de la Guène, près de Tulle, en Bas-Limousin, sortait d’une famille sénatoriale d'Auvergne. Son père et sa mère, qui savaient que de la bonne ou de la mauvaise éducation qu’on a reçue dans la jeunesse, dépend presque toute la suite de la vie, ne manquèrent pas de lui donner d’excellents maîtres, qui lui inspirèrent à la fois, et le goût des belles-lettres et celui de la vertu. Il perdit trop tôt des parents si religieux : toutefois il n’oublia jamais leurs salutaires instructions, ni leurs bons exemples, encore plus efficaces que leurs instructions. Aussi fit-il, quoique fort jeune, un excellent usage des biens très-considérables dont leur mort l'avait mis en pos-. session. Il les employa bien moins à satisfaire ses goûts, ou ses besoins particuliers, qu’à procurer la gloire de Dieu, de qui il les tenait, et à subvenir aux besoins des pauvres, pour qui il pensait les avoir reçus. Ainsi passa-t-il non-seulement dans l'innocence, mais dans la pratique de toutes sortes de vertus et de bonnes œuvres, l’âge le plus critique de la vie, qui devient presque toujours l’écueil d’une jeunesse imprévoyante et inconsidérée. C'était un heureux présage pour la suite de sa vie : aussi, à peine fut-il parvenu à la maturité de l’âge, qu'il fut fait, non par droit de succession, mais par le choix libre, et motivé sur son mérite, d’un de nos Rois de la première race, duc ou gouverneur d’une partie considérable de l’Aquitaine, c’est-à-dire, à ce qu’il paraît, de l'Auvergne et du Velay. Il fixa dès lors sa résidence à Clermont, capitale de la première de ces provinces, et donna à cette ville, ou plutôt à la France entière, l’exemple si rare d’un gouverneur uniquement occupé du bien des peuples auxquels il est préposé; d’un homme plein de religion et de zèle pour la gloire de Dieu; enfin d’un riche extrêmement sensible à la misère des indigents, et n’omettant rien pour la soulager. Calminius, en effet, fut dès lors, comme autrefois le saint homme Job, l’œil de l’aveugle, le pied du boiteux, le père des pauvres, le soutien de la veuve et de l’orphelin. Très-éloigné d’attacher son cœur à ses richesses, et de s’en rendre l’esclave, il en usait au contraire en maître sage et avisé, qui sait les dispenser à propos, à tous ceux qui en ont besoin, et les faire tourner à sa propre sanctification.

Cependant, malgré tant de vertus et de bonnes œuvres, ce saint homme trouvait qu’il ne faisait pas assez pour Dieu. Son cœur n’était pas pleinement satisfait, et il aspirait en secret à une vie plus retirée et plus parfaite. Enfin, l'attrait pour la solitude, et l'inspiration du Saint-Esprit, croissant

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