Aujourd’hui hôpital de la Marine
Vivien eut ainsi lieu le même jour que cette auguste cérémonie dont elle fit même partie. C'était le 28 du mois d’août 460, selon quelques historiens.
On pourrait représenter saint Vivien : 4° ressuscitant un mort: ce miracle opéré par le Saint sur un habitant de Saintes, a en effet fourni le sujet d’un tableau qui se voit dans l’église paroissiale de Pons; 2 guérissant un malheureux tout noir de lèpre ; 3° traçant le signe de la croix sur le corps inanimé d’un enfant qu’une vipère avait mordu, et le rendant plein de santé à ses parents éplorés,
CULTE ET RELIQUES
Chaque année, pendant bien des siècles, les pèlerins venaient en foule, le 28 août, vénérer les reliques du saint Evêque. Ce n’est que depuis peu d’années que l'Eglise de Saintes en célèbre Ja fête à ce quantième consacré par une tradition quatorze fois séculaire. La Saint-Vivien était pour la Saintonge une de ces époques remarquables de l’année que l’on désignait dans les actes publics comme terme d'échéance. La dévotion à cet admirable Pontife fut, dans tous les temps, si populaïre, que son ancien diocèse ne comptait pas moins de dix-sept églises paroissiales qui lui ont été dédiées. On en trouve encore un certain nombre dans les diocèses de Bordeaux, d'Angoulême, d'Agen et de Bayonne. Sur la lisière de la forêt de Benon il existait un monastère de religieuses de Fontevrault, dont la chapelle dite de Saint-Bivien se voit encore. Près d’Aigrefeuille-d'Aulnis il y avait également un couvent d'hommes sous le même vocable. Il n’existe plus de ce dernier que le nom de Saint-Bien, abréviation fréquemment usitée, surtout en dehors de notre diocèse.
Le Chapitre de Saintes honorait saint Vivien d’une dévotion toute particulière. Chaque année, la veille de la fête de ce Saint, au soir, une députation de Chanoines se rendait en procession à son église pour y chanter Matines, en grande solennité, avec le clergé du lieu dont le chapelain présidait au chœur. Cette fête était du nombre de celles qui se célébraient avec octave dans l’ancienne cathédrale de Saintes.
Au vie siècle, l’évèque Eusèbe entreprit de reconstruire l’église de Saint-Vivien sur un plan plus vaste. La mort l’'empêcha d’achever son œuvre. Emérius, son successeur, dépourvu de ressources suffisantes pour terminer ce somptueux édifice, eut recours à la générosité de son métropolitain, saint Léonce le Jeune. Cet illustre prélat, au moment d’être élevé à l'épiscopat, se trouvait engagé dans les liens du mariage avec Placidine, princesse de sang impérial. D’un commun consentement, les deux époux se séparèrent pour vivre dans la continence, quand l'Eglise de Bordeaux eut choisi Léonce pour son premier pasteur. Placidine avait été la première à suggérer à son mari d'accepter cette dignité dans l'intérêt du catholicisme. Depuis ce jour, Léonce et Placidine employaient leurs immenses revenus à construire et à doter des églises. Un des plus beaux monuments de leur pieuse libéralité fut l’église de Saint-Vivien de Saintes, dont la splendeur et l'élégance ont inspiré à saint Venance Forlunat de beaux vers à la louange des généreux fondateurs. De magnifiques lambris ornaient l’intérieur du nouveau sanctuaire, Un habile artiste y avait sculpté des figures d'animaux avec tant de vérité qu’on les aurait cru vivants, dit le poëte. Le tombeau du Saint était surtout d’une richesse merveilleuse. Il était couvert de lames d'argent ciselé et incrusté d’or, et l’art avec lequel ces métaux précieux étaient combinés en rehaussait singulièrement l'éclat.
Le corps entier de saint Vivien fut conservé dans cette église jusqu’au 1xe siècle. À cette époque, par un de ces stratagèmes que la piété du temps se croyait permis, des religieux du monastère de Figeac parvinrent à dérober une partie considérable des reliques du saint Evèque et les apportèrent à leur abbaye où elles opérèrent de nombreux miracles. L'auteur de la relation de ce larcin en rapporte plusieurs dont il fut témoin oculaire dans deux Conciles où ces précieuses reliques avaient été portées en grande pompe. Ces Conciles sont ceux de Coles, en Auvergne, et de Limoges, assemblés l’un et l’autre pour régler ce qu’on appelait alors la Trève de Dieu.
Ces inèmes reliques de saint Vivien furent tirées du trésor de Figeac, en 1329, par ordre de Bertrand de Cardaillac, évêque de Cahors, pour être exposées solennellement à la vénération des fidèles. Au xve siècle, Guy de Rochechouart, évêque de Saintes, envoya une portion de celles que l’on conservait dans cette dernière ville, à l’église paroissiale, érigée à Rouen depuis plusieurs siècles, sous le vocable de saint Vivien. Des grâces signalées qu’on y avaient souvent oblenues avaient rendu célèbre ce sanctuaire.
Au xvie siècle, l'église de Saint-Vivien de Rouen fut brülée par les protestants avec tout ce qu’elle contenait de reliques ; à Saintes, le tombeau et l’église du saint Evèque éprouvèrent le même sort.
Extrait du Bulletin religieux de La Rochelle et Saintes.
320 ù 28 AOÛT.
SAINT JULIEN DE BRIOUDE, SOLDAT ET MARTYR (rv° siècle).
Il n’est aucune profession, quelque antipathique à la religion que le supposent les préjugés des hommes, dans laquelle on ne puisse se sauver : saint Julien de Brioude en est une preuve admirable. Il appartenait à l’une des meilleures familles de Vienne, en Dauphiné (Isère), et il avait un grade élevé dans l’armée de s’empereur Dioclétien. Il s’encourageait dans la foi par l'exemple du tribun Ferréol, qui lui avait offert l'hospitalité et qui adorait aussi Jésus-Christ. Quand la persécution fut déclarée dans les Gaules et que Crispin, gouverneur de la province viennoise, eut promulgué les décrets impériaux contre les chrétiens, Julien quitta la maison de saint Ferréol et se retira à Brioude (Haute-Loire), chez une pieuse veuve qui le déroba aux recherches des persécuteurs.
Cependant Julien n'avait pas quitté Vienne par crainte de la mort : bien au contraire, il n’ambitionnait rien tant que la gloire du martyre. Aussi, informé que les satellites de l’empereur le cherchaient de toutes parts, il alla à leur rencontre et leur dit avec intrépidité : « C’est rester trop longtemps dans ce monde, je brüle d’un ardent désir d'être réuni à Jésus-Christ ». Il eut à peine fini de parler que les soldats lui tranchèrent la tête. C'était au commencement du 1ve siècle.
Le lieu de la sépulture du Saint resta longtemps ignoré. Dieu le découvrit miraculeusement à saint Germain d'Auxerre lorsqu'il passa par Brioude en revenant d'Arles, vers l'an 431.
Les Actes de sa vie et de son martyre sont reproduits dans une magnifique verrière que vient de faire placer dans le sanctuaire de l’église Monsieur le Curé de Saint-Julien, près Troyes. Plusieurs églises du diocèse de Nevers, Mars-sur-Allier, Mesves, Dornes, Fleury-sur-Loire, l’honorent comme leur patron. La cathédrale possède un bras de saint Julien, enchässé dans un reliquaire d'argent ; la paroisse de Mesves possède aussi une parcelle de ses reliques. Les paroisses de Dierrey, Saint-Nabord, et Saint-Julien, près Troyes, reconnaissent également notre Saint pour leur patron.
Tiré des Saints de Troyes, par M. l'abbé Defer ; et de l'ÆZagiologie Nivernaise, par Mgr Crosnier.