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SAINT ADELPHE,
DIXIÈME ÉVÊQUE DE METZ ET CONFESSEUR (v° siècle).
Saint Adelphe, dixième évêque de Metz, exerça les fonctions pastorales après saint Ruf, et gouverna pendant dix-sept ans le troupeau confié à ses soins. Par ses miracles, il protégea les chrétiens contre la fureur des idolâtres, dont il effraya les uns et convertit les autres. Il s’endormit doucement dans le Seigneur, le 28 du mois d'avril. Quoique l’histoire authentique de sa vie se soit perdue dans les désastres subis par la ville de Metz, on n’en doit pas moins croire à son éclatante sainteté, manifestée, selon ce qu'écrit Paul Diacre, par de nombreux miracles.
Saint Adelphe fut d’abord inhumé dans la célèbre crypte de Saint-Clément de Metz (auparavant Saint-Pierre-aux-Calacombes), puis transféré dans l’abbaye bénédictine de Neuvillers (Novum Villare, Nova Villa), au diocèse de Strasbourg, par Drogon, évêque de Metz, et frère de Louis le Débonnaire, vers l'an 826. L'abbaye de Neuvillers, située au pied du mont Scaurus, qui sépare l'Alsace des Vosges, avait été fondée, vers l'an 723, par saint Sigisbald ou Sigebaud, évêque de Metz, de cancert avec saint Firmin, son chorévêque, à qui il donna la direction du nouveau monastère. Les nombreux miracles opérés à cette translation, et depuis, ont rendu le culte de saint Adelphe très-célèbre. Un témoin oculaire ou informé par des personnes dignes de foi, en fit une relation qui fut publiée, en 1506, par Wimphelinge, sur un manuscrit de la bibliothèque de Philippe, comte de Hanau (Electorat de Hesse) et baron de Lichtenberg (Prusse rhénane), et réimprimé par le Père Stilting dans le Recueil des Bollandistes.
Les religieux de Neuvillers célébraient tous les ans, le 29 août, cette glorieuse translation, et leur église, dédiée d'abord sous l'invocation des apôtres saint Pierre et saint Paul, n’était plus connue, au Xvesiècle, que sous le nom de Saint-Adelphe. L'abbaye, qui relevait, au temporel, de l'évêché de Metz, demeura sous la Règle de Saint-Benoît jusqu’en 1496, époque à laquelle elle fut transformée en collégiale de Chanoines séculiers, par les soins d'Albert, évêque de Strasbourg. Neuvillers fut ruiné pendant les guerres de religion, et il n'en reste que l'antique église, qui fut desservie par quelques chanoines jusqu'à la fin du siècle dernier. Les reliques de saint Adelphe sont encore à Neuvillers,
au milieu du grand autel de l'église qui porte son nom. Robert de Bavière, évêque de Strasbourg, ft, en 1468, l’ouverture de la châsse qui les contenait ; il les déclara authentiques et permit de les exposer à la vénération des fidèles.
Tiré du Propre de Metz, &e Godescard, et de Notes fournies par M. l'abbé Noël, curé archiprêtre de Briey.