SUR LES CALENDRIERS ECCLÉSIASTIQUES
10° Vère de Jésus-Christ ou l’ère vulgaire, adoptée généralement depuis le vie siècle; 11° l’ère de Dioclétien ou des Martyrs (283); 12 l’ère de l’Hégire (622); 13° l'ère de la réforme grégorienne (1582); 14° l’ère de la République française, de 1792 à 1805.
En partant des dates de l'ère chrétienne, la manière la plus commune de compter les années consiste à les supputer l’une après l’autre, depuisle point de départ jusqu’à l’époque où l’on est. Toutefois on les calcule aussi par cycles. On entend par là une certaine période de nombres qui procèdent par ordre jusqu’à un point fixé, pour recommencer ensuite de même sans interruption. On connaît plusieurs espèces de cycles: le cycle solaire, le cycle de dix-neuf ans, le cycle lunaire, le cycle pascal, le cycle des épactes et le cycle des indictions.
Le cycle solaire est une révolution de vingt-huit années, dont vingt et une sont communes et sept bissextiles, et au bout desquelles l’année recommence par les mêmes jours. Le commencement de ce cycle concourt avec l’an 20 de Jésus-Christ, qui est bissextil. — Le cycle de dix-neuf ans, ou nombre d’or, compte douze années communes et sept intercalaires ; il commence au 4° janvier, au 4% mars ou au 29 août; il date du concile de Nicée, en 325. — Le cycle lunaire est, comme le précédent, de dix-neuf années; il date de l’an 335 et diffère du cycle de dix-neuf ans en ce qu'il commence trois ans plus tard. — Le cycle solaire étant de vingt-huit ans et le cycle lunaire de dix-neuf, en multipliant ces deux chiffres l’un par l’autre, on obtient le chiffre 532 qui forme celui des années du cycle pascal. L'usage de ce cycle est fondé sur la remarque suivante : c’est qu'après une période révolue de cinq cent trente-deux années, on voit recommencer une série nouvelle dans laquelle, depuis la première année jusqu’à la cinq cent trente-deuxième, se reproduisent exactement dans le même ordre les différentes combinaisons que présente le calendrier. Ce cyele commence un an avant Jésus-Christ et s'appelle volontiers l’ère Dionisienne, de Denys le Petit qui en fut le vulgarisateur et le réformateur., Le cycle des épactes est un espace de trente années, après lequel les épactes approximatives reviennent dans le même ordre. On appelle épacte le nombre de jours que l’on ajoute à l’année lunaire pour l’égaler à l’année solaire. — Le cycle indictionnal se compose de quinze années et renferme par conséquent trois lustres. Le premier cycle des indictions a commencé trois ans avant Jésus- Christ. |
Malgré tous ces calculs, le temps est toujours disposé de manière que nous ne sentons ni sa fuite ni ses larcins. Il faut ici nous représenter vive-
ment cette illusion trompeuse du temps, et la manière dont il se joue de
notre faible imagination. Cette malignité trompeuse du temps fait que nous tombons tout à coup, et sans y penser, entre les mains de la mort. Pour nous garantir de cette surprise, Jésus-Christ ne nous a laissé qu’un seul moyen dans la parabole de l'Evangile, c’est celui d’être toujours attentifs et vigilants : « Veillez », dit-il, « sans cesse, parce que vous ne savez à quelle heure viendra le Seigneur ».
Pour la rédaction de ce petit travail, nous avons fait de larges emprunts à la Dissertation sur le Calendrier ecclésiastique, par le docteur allemand Binterim (publiée dans Godescard, édition de Bruxelles, 1854) et au Trailé de la connaissance des temps, pir MM. Carnandet, conservateur de la bibliothèque publique de Chaumont, et Justin Fèvre, protonotaire apostolique. N'ayant voulu esquisser ici qu'un abrégé très- … …. sommaire, nous renvoyons, pour plus de détails, aux auteurs qui ont traité eæ professo du Calendrier
Grégorien.
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