AUTEURS FRANÇAIS
Le R. P. Dom Thierry RuInarT, de Reims (1657-1709), religieux bénédictin de la Congrégation de Saint-Maur, publia à Paris, en 1689, les Acta primorum Martyrum sincera et selecta. Le recueil était peu considérable et l’auteur déclarait lui-même qu'il était loin de prétendre y avoir inséré tous les actes véridiques des martyrs. Ceux de saint Sébastien, entre autres, qu'il qualifie d'excellents, n’y figurent pas. Mais dom Ruinart vivait dans un siècle où la fausse critique se donnait les plus grands airs, et il n’eût pas osé affronter la réputation d'homme crédule #,
1. En 1708, Drouet de Maupertuy entreprit la traduction des Actes sincères de Dom Ruinart, ot, par ce moyen, contribua à populariser cette collection qui, jusqu'alors, n'avait pu intéresser que les hommes de science. C'est au moyen de cette traduction, assez fuible d'ailleurs, qu'une connaissance superficielle des actes des martyrs s’est conservée dans un certain nombre de familles chrétiennes.
L'ouvrage de Dom Ruinart a servi de fonds à une œuvre hagiographique publiée en 1856, à Paris, par
: les révérends Pères Bénédictins de la Congrégation de France, sous ce titre : Les Actes des Martyrs depuis l'origine de l'Eglise chrétienne jusqu'à nos temps (4 vol. in-8e).
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Tandis que dom Ruinart travaillait à sa collection des Actes des Martyrs, Gabriel pu Puy-HERBAUT, religieux de Fontevrault ; Pierre Vie, chanoine du Mans; Jacques Ticgou, chanoïne de Metz, et René Benoîr, d’Angers, curé de Saint-Eustache de Paris, publiaient quelques ouvrages analogues, mais de peu de valeur. D'un autre côté, René GAUTIER, magistrat; André Duvar, docteur de Sorbonne; Thomas FaraRp, le R. P. Le Bon, chanoine de Saint-Victor, et le Père Simon MarriN, religieux minime, traduisaient la Æleur des Saints de Ribadeneira, en y ajoutant quelques biographies inédites; mais ils ne produisirent qu’une compilation indigeste. A Port-Royal, Robert-Arnaud p’Anpiccy (1589-1674) et PierreThomas pu Fossé (1635-1698), donnèrent des abrégés de cette œuvre hagiographique franco-espagnole !. Mais aucune de ces publications n’eut le talent de plaire aux lecteurs chrétiens.
Un homme se rencontra alors, qui essaya ses forces dans la carrière de l'hagiographie, et qui eut le rare bonheur de réussir complétement. Le Révérend Père François Gmmy, religieux minime (1634-1688), retoucha l'œuvre de ses prédécesseurs, particulièrement celle de son collègue le Père Simon Martin. Son travail fut goûté et son nom fit pâlir celui de ses devanciers À.
Après le Père Giry, Adrien BaAïzer (1649-1706), prêtre du diocèse de Beauvais, donna des Vies des Saints, composées sur ce qui nous est resté de plus authentique et de plus assuré dans leur histoire (Paris, 4704, 16 vol. in-8°; et 1739, 10 vol. in-4°) 3.
Le Père CRoiseT, de la Compagnie de Jésus, publia un peu plus tard une Année chrétienne, ou Vies des Saints et exercices de piété pour les dimanches, les fêtes mobiles et tous les jours de l’année, avec des réflexions sur l’Epiître, une méditation sur l'Evangile de la messe et quelques pratiques de piété propres à toutes sortes de personnes. C’est un ouvrage qui n’est pas sans mérite, et qui a eu de nombreuses éditions. Toutefois, le Père Croiset est plutôt un auteur ascétique qu’un hagiographe.
Une œuvre analogue, mais moins volumineuse, est due à la plume du Révérend Père Grosez, aussi de la Compagnie de Jésus; c’est le Journal des Saints et méditations pour tous les jours de l’année (Saint-Brieuc, 1783, 2 vol. in-12).
Vers la même époque, Jean-François GonescarD, de Rocquemont (1728- 1800), chanoine de Paris, traduisit librement de l’anglais l’œuvre hagiographique qu'Alban Butler avait publiée sous ce titre : Vies des Pères, martyrs, et autres principaux Saints. Mais il se permit plusieurs changements qui lui parurent nécessaires : il étendit quelques endroits et en resserra d’autres; il ajouta quelques Saints français. Il déclare dans son Avertissement qu'il avait communiqué son travail à l’auteur anglais, qui l'avait approuvé et lui avait même fait part d'améliorations importantes, fruit de nouvelles recherches. L'ouvrage parut à Paris (12 vol. in:8°) de 1763 à 4788; l’abbé Marie ù coopéra. Il y eut depuis un grand nombre d'éditions françaises, in-8° et in-12, à Maëstricht, à Lyon, à “Toulouse, à Versailles, à Louvain et à Besançon *. %
1. L'ouvrage d'Arnaud d'Andilly a pour titre: Vies de plusieurs Saints illustres, choisies et tes des écrivains originaux (1664, un vol.).