DE L'IMI OT ET DE L'AMORTISSEMENT
PAR J. TIIUILLIER,
Membre du conseil général de la Seine.
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Parvenu à -m^ persuader que, par les soins donnps à la correction des épreuveSjil s'était approprié lemérilede l'œuvre, son cœur paternel, comme celui de maître Corb -au , ne se sentait pas de joie.
II fautajouter qu'il avait dans une bien mince estiine le.- éditeurs qui n'annonçaient pas.la vente de cette «o^veaM/é destinée, dans sa pensée, à devenir un événement européen.
Sans se bien rendre compte de la ma-
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nière donl il pourrait avoir justice do lour indifférence, toujours est-il qu'il prenait note de ces maisons rebelles, leur voulant autant de isiai que s'il en eût reçu un affront.
Le lendemain, sa journée ?e passa délicieusement h faire un cerlaiu nombre de lettres d'envoi et "a mettr{ sans bande une cinquatitaine d'exemplaires auxquels il lui sembla!}, qu'in«crite de sa main, la phrase sacramentelle de la part de /'«?/- /e2/r comniuiiiquaii un prix inestimable.
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Mais le troisième jour de la mise en vente apporta k son bonheur un peu de déchet.
Il avait pris pour éditeur un jeune homme qui, faisant la librairie en cassecou, s'était établi depuis peu dans le passage des Panoramas, où il payait un loyer ruineux.
Neveu de Barbet, !e libraire que Brigitte avait pour locataire dans la maison de la rue Saint Dominique-d'Eufer, et
auquel elle escomptait ses billets, ce Barbet Junior était un garçon qui r\e doutait de rien, et quand il fut présenté à Thuillierparsononcle,ils'étaitengagé, pourvu qu'on ne lésinât pas sur les annonces, à rendre nécessaire au bout d'une semaine une seconde édition.
Or, ThuiUier avait dépensé près de quinze centsfrancsen publicité payée; des exemplaires avaient été envoyés à profusion aux journaux, et, après trois jours passés, la vente s'élevait a sept exem-
plaires, et encore, dans ce nombre, trois avaient élé pris à crédit.
On pourrait croire qu'en faisant connaître à Thuillier consterné ce résultat si mesquin, le jeune éditeur avait perdu quelque chose de son assurance.
— Je suis enchanté de ce qui arrive, dit au contraire ce Guzman de la librairie. Si nous avions vendu une centaine d'exemplaires, cela m'inquiéterait pour les quinze cents que nous avons tirés ;
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j'appellerais cr'la faire Ioiil^ feu, au lieu que cetîe venie tout à fait iusip^nifiante me prouve que l'édition sera raflée d'un coup.
— Mais quand? demanda Ttiuillier, auquel ce point de vue parut un peu paradoxal.
— Parbleu ! répondit Barbet, quand nous aurons des articles dans tous les journaux Les annonces sont seulement utiles a éveiller l'attention du public,
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elles le mettent en arrêt: Voilà, se dit-il, une publication qui doit avoir de l'intérêt, de Vimpôi ei de V amortissement ^ un joli litre! mais plus le litre est piquant, plus on se défie, un y a été pris si souvent ! Alors on allend les articles, au lieu que, pour un livre destiné à une vente médiocre, il va toujours une c^'ntaine d'acheleurs tout faits, mais après (hix , serviteur ! nous ne plaçons plus rien.
— Conime çn, dil Thi.illicr, vous ne vovez pas la vej«le (lése.sirJrre?
— Je la vois, au conlraiie, sous le meilleur aspec;!. Lorsque les Débats, le Constitutionnel, ie Siècle et la Presse seulement, auront parlé, surtout si vous étiez éreiuté par les Débals qui sont ministériels, il ne faudra pas quatre jours -JOur que tout soit enlevé.
— Vous en parlez bien à votre aise, répondit Thuillier, mais comment aborder tous ces coryphées de la presse ?
Ah! je m'en charge, dit Barbet, je
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suis au mieux avec tous les rédacteurs 60 chef; ils disent que j'ai le diable au corps el que je leur rappelle Lûdvocat dans soQ bon temps.
— Alors, mon cher, vous auriez déjà dû les voir.
— Ah! permettez, papa Thuillier, il y a une manière d'aborder les journalistes, et, comuie vous vous êtes déjà récrié sur le chiffre de quinze cents francs que vous ont coûté les annoi ces, je n'ai pas osé
VOUS parler do m'ouvrir un aulrc crédil extraordinaire.
— Mais pourquoi ce crédil? demanda Thuillier avec inquiétude.
— Quand vous avez été nommé membre du conseil général de la Seine, demanda le libraire, où s'est complotée votre élection?
~ Parbleu î chez moi^ répondit Thuillier.
— Chez vous, sans doute, mais dans un dîner suivi d'un bal, lequel bal luimême a été couronné par un souper. Eh bien ! mon cher maître, il n'y a pas deux moyens de prendre les affaires, Boiîeau l'a dit:
Tout se fait en dînant dans le temps où nous sommes, El c'est par les dîners que l'on gouverne les hommes !
— Ainsi , vous seriez d'avis que je donne un dîner de journalistes?
— Oui, niais pas chez vous, î)arce que
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les journalistes, voyez-vous, quand il y a des femmes, ça les embête: il faut se tenir ! et puis ce n'est pas un dîner, c'est un déjeûner qui convient. Le soir, ces messieurs ont des premières représentations, le journal qu'il faut aller faire, sans compter leurs petites allures, au lieu que le matin on n'a rien à penser ; moi, c'est toujours des déjeuners que j'ai donnés.
— Mais ça coule cher, ces repas-la !
Messieurs les journalisles, c'est gourmand !
— Pouh ! vingt francs par tète sans le vin. Mettez que vous ayez une dizaine de convives, avec une centaine d'écus, vous ferez très convenablement les choses.
C'est même au point de vue de l'économie que le déjeûner est préférable; un dîner, vous ne vous en tireriez pas à moins d'un billet de cinq cents.
— Comme vousy allez, jeune homme!
ditThuiliier.
- Ah ! dame! tout le monde sait que
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la dépulation coûte cher, et c'est votre candidature que vous préparez là. j
— i^Jais comment s'y prendre pour avoirces messieurs, est-ce qu'il faut que j aille les inviter moi-même?
Du tout, vous avez envoyé votre
brochure, vous leur donnez rendez- vous chez Philippe ou chez Véfour, ils comprendront à nicrveille.
Dix coiivivf s, dit alors Thuiilier,
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commonçanl à entrer dans i'iciée, il n'y a pas, il me semble , autant de journaux importants.
— C'est vrai, repartit l'éditeur, mais il faut aussi avoir les roquets, parce que c'est ceux-là qui aboient le plus fort. Ce déjeuner aura du retentissement; ils trouveraient que vous avez l'air de faire
un triage, et autant d'exclus, autant d'en-
nemis.
— Ainsi, selon vous, il suffirait d'adresser des invitations?
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-— Oui, je ferai une liste, vous écrirez les lettres et vous me les enverrez, je me chargerai Je les faire porter et j'en remettrai plusieurs en mains propres.
— Si j'étais sûr, dit Thuillier avec indécision, que cette dépense fasse l'effet que nous désirons 1
— Si je suis sûr est joli, dit Barbet avec importance ; mais mon cher maître, c'est de l'argent placé sur hypothèque : avec ça je vous ffarî^ntis la vente des quinze
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cents exemplaires. Eh bien ! a quarante sous, en comptant les remises, ça fait trois mille francs. Vous voyez que vos frais ordinaires et extraordinaires soot couverts et au-delà.
— Enfln, dit Thuillier en s'on allant, j'en causerai avec La Peyrade.
— Comme vous voudrez, cher maître, mais décidez-vous bientôt, parce qu'il n'y a rien qui moisisse comme un livre: écrire chaud , servir chaud , enlever
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chaud, voila les trois temps de l'exercice pour l'auleur, l'éditeur et le public; et hors de là on ne fait que de la eamelotte, et autant ne pas s'en mêler.
FliV DU CINQUIÈME VOLUME.
Fonlaineblûiu. ~ Imp de E. Jacquin.
pœi§iSteS»illiSiiii.i
NOUVEAUTÉS EM LECTUH
i'ANS TO! S Lr:S !;Ai;fN! TS Lli TÉKAIfiKt.
Les Parvenu», scènes de la vie Parisienne, î>ar H. de Balzac. 4 v. in-8.
L'Avocrtt da Peuple, par Clcmenct' Robeut. 4 vol. in-S.
S.e« frère** de la Iflort, par Ciiarh's Uabou, auteur doi'a^Wée Ja
Veuves, Le Capitaine Lambert, Luuison d'Arquin, etc., ctc.^vol. in-S. Zohra la Morîsque, par 0. Féré etD. A.D. Si-Yves. 4 vol. in-8. Lu i93igiso3sne du Koî, par Emmanuel Goinzaleô. 3 vol. ia-8. M. Clioultlanc à la rccEscrcEie ûe sa ï'Cfinsue, par Charles
Paul d^: Kock. 3 vol. in-8.
I/Hostaïue de fer, par Paul Féval, 5 vol. in-8. Les Chevaliers errauts, par 0. FÉnÉetD.A.D. St-Yves. 4 vol. Une vraie ffeansiie, par A. de Gondrecouut. 4 vol. in-8. La folie de Sayeiaay, par Théodore Anne. 3 vol. in-8. Le Cabinet noir, par Charles Rabou. 5 vol. in-8. Le» deux Reines, par le vicomte Ponsox du Terrail. 4 vol. in-8. Les Anges de Paris, par Clémence Robert. 4 vol. in-8. Lj'' Vengeance de llarianna, par Charles Monseleï. 3 vol. in S. Les Peiiîs Bourgeois, scènes de la vie Parisienne, par H. de Bal
ZAC, 4 vol. in-8.
Le Pêcheur de Naples , par Eugène de Mirecourt, auteur l'.c;,
Confessions de Marion Uelorme, etc., etc. 4 vol. in-8. La Duai^iou du Baî^^nesir, par Auguste Maquet. 5 vol. in-8. Le capitaine PiSlavidas, par Gabriel Ferry. 3 vol. in-8. fleur des Batailles, par Paul Féval. 4 vol. in 8. La Contessîua, par le vicomte Ponson du Terrail. 5 vol. in-8. La franc-Maçonnerie des fe^nnics, par Ch. Monselet. 4 vol. Les I^lémoires d'un vieux Garçon (Expiation), par A. de
GONDRECOURT. 5 vol. in-8.
ISavolet, par le vicomte Ponson du Terrail. 3 vol. in-8. Le Pouvoir de la femme, par Méry. 3 vol. in-8. La ville aux Oiseaux, par Paul Féval. 4 vol. in-8. Zanetta la Ciiasateuse, par Molé-Gentilhomme. 4 vol. in-8. 9>es deux Soeurs de Charité, par Clémence Robert. 3 vol. in-8. Marthe, par Madame la comtesse Dash. 2 vol. in-8. Le Vicomte de Cbateaubruu, par Gabriel Ferry. 2 vol. in-8. Le Page du Roi, par le vicomte Ponson du Terrail. 4 vol. in-8. Les Mémoires d'un vieux Garçon (Victoires et Conquêtes),
par A. de Gondrecourt. 5 vol. in-8.
Les Cavaliers de la I\[uit, par le vie. Ponson du Terrail. 4 vol. Les Paysans, scènes de la vie de Campagne, par H. de Balzac. 5 vol. Les Damnes de Java, par Méry. 3 vol. in-8. La fille de Crom»veil, par Eugène de Mirecourt. 4 vol. in-8. Le Rfcri de la Barrière, par Paul Féval. 4 vol. in-8. La Roche sanglante, par Molé-Gentilhomme. 5 vol. in-8. Le fou de la Bastide, par Clémence Robert. 3 vol. in-8. Le Château de» fantômes, par Xavier de Montépin. 5 vol. iu-8. La fée du Jardin, par Madame la comtesse Dash. 3 vol. in-8.
Imprimerie de P-A. BOURDIER ett.ie, 30, rue Maiarire.
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