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Les petits cahiers algériens

Ce livre n'est ni une étude critique ni une œuvre de doctrine sur la question algérienne. C'est tout simplement une tentative de vulgarisation. Avec une sorte de surprise, j'ai remarqué souvent que des Algériens instruits, d'une compétence remarquable dans certaines questions spéciales, • n'avaient sur l'ensemble que des notions ou confuses ou erronées. C'est que la bibliographie algérienne comprend une masse énorme d'études, de rapports, de documents et de statistiques disséminés dans un grand nombre de volumes. Se référer à toutes ces sources, ce serait entreprendre un travail de bénédictin bien fait pour effrayer les plus résolus. D'autre part, le temps marche, les événements se succèdent, les situations se transforment, les chiffres des statistiques, éléments si utiles d’appréciation, se modifient et l'on cesse vite d’ètre au courant du grand mouvement qui constitue la vitalité d'un pays.

J'ai pensé qu'à la veille de la grande manifestation où notre colonie aura, je l'espère, une bonne et belle place, il convenait de réunir, en un faisceau, les renseignements les plus utiles sur toutes les formes de notre activité. J’ai été amené de la façon la plus simple à mettre à exécution cette entreprise pour laquelle je réclame toute l'indulgence du lecteur : nommé délégué

commercial du département d’Alger à l’Exposition de 1900, j’ai jugé qu’il était indispensable, pour remplir utilement ma tâche, de me documenter sur toutes les questions algériennes. Après avoir réuni et collationné des notes éparses sur les sujets les plus variés, j’ai voulu les coordonner. De là ce livre qui me paraît répondre à une nécessité au moment où l’attention se porte sur l’Algérie.

Ce n’est, je le répète, qu’une œuvre de vulgarisation en laquelle il y a des lacunes. Je me borne à donner à l’Algérien désireux de s’instruire vite, aux visiteurs qui s’intéressent à l’Algérie, des notions sommaires que je me suis efforcé de présenter clairement.

Si je parviens, dans ma petite sphère, à dissiper des préventions, à éveiller l’intérêt, à amener à nous quelques amis nouveaux, mon labeur, quelquefois pénible, sera compensé par le sentiment du devoir accompli.

Ch. de GALLAND.

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