ÉCOLE NATIONALE DES BEAUX-ARTS
L’Ecole nationale des beaux-arts d’Alger, ancienne école de dessin de cette ville, a été organisée par décret du 8 novembre 1881, en vue de former les jeunes gens et les jeunes filles à la pratique des arts, à l’enseignement du dessin et à l’exercice des arts industriels.
Régie d’abord par le Ministre de rinstruction publique, un décret du 12 décembre 1897 l’a placée sous l’autorité du Gouverneur général de l’Algérie.
Son budget, qui s’élève à 31,200 francs, est alimenté au moyen d’une allocation de la ville d’Alger de 17,800 francs et d’une subvention de l’Etat de 13,400 francs.
Pendant l'année scolaire 1898-99, les cours de l'École nationale des beaux-arts d'Alger ont été suivis par 254 élèves, se répartissant ainsi qu'il suit :
Par nationalités
Français
Étrangers
Espagnols
Italiens
Suisses
Belges
Anglo-Maltais.
Marocains Arabes
Par professions
Industrie du batiment
Ouvriers d’art
Mécaniciens
Instituteurs
Employés
Étudiants et jeunes gens sans profession 126 j
Par cours
■ . . Cours du jour -38.
Dessin élémentaire. ... ' J
1 Cours du soir 73 '
Dessin graphique ;
Perspective
Anatomie
4 report et- 213
Report 15
Ornement et ronde-bosse 60
Histoire de l’art et archéologie 18
Architecture * 30
Art décoratif 11
Mathématiques . 42
Peinture et académie 19
Fleurs appliquées à l’art décoratif 4
Modelage et sculpture 25
Total
75 élèves ont suivi deux ou plusieurs cours. Depuis l’année 1890, le nombre des élèves qui ont fréquenté l’École nationale des beaux-arts a varié entre 250 et 300 ; il est descendu, en 1891, à 237, et s’est élevé, en 1895, à 314 élèves.
Si, dans l’intérêt même de l’éducation générale des esprits, une institution est nécessaire, c’est assurément une École nationale des beaux-arts largement ouverte aux jeunes gens de toutes catégories et sans distinction de nationalités. Mieux encore que les écoles supérieures où ne fréquentent que des étudiants à l’esprit déjà discipliné, l’École nationale des beauxarts contribuerait, par le contact et le rapprochement, à faire prévaloir ce qu’il est convenu d’appeler « la mentalité française », Ce sont justement ces centres d’action qui nous manquent, j’entends ces lieux de réunion où, sur des éléments d’origines diverses, une action commune se peut exercer.
Telle quelle, l’École, qui a une population de 254 élèves, est en voie de prospérité. Le sympathique et honorable directeur, M. H. Dubois, a compris qu’il est nécessaire de spécialiser l’enseignement en certaines parties du programme. N’oublions pas que nous sommes en Algérie et que ce pays; en dépit de la
légende et de son passé barbare, avait conçu une forme d'art et a un passé artistique. Transmission de formules, apport de formes architecturales, héritage légué par l'Orient, tant qu'on voudra.
Que Ton sente l'influence lointaine des Maures d'Espagne, des Turcs de Constantinople, voire des Italiens, il n'en est pas moins vrai que les vestiges d'art et les traditions ne se doivent point perdre, et c'est justement la conservation et la vulgarisation des procédés qui donneraient à notre école un caractère et une originalité propres. Que Ton enseigne ici ce qui est la base et comme la grammaire de tout enseignement artistique, soit, j'y souscris ; que l'on développe les aptitudes spéciales remarquées chez un jeune peintre ou un apprenti sculpteur, rien de plus naturel.
Mais il n'est pas moins utile de reprendre des traditions et des formes presque oubliées dans un conservatoire qui doit s'accorder avec le passé et la nature spéciale du pays.
A proprement parler, il n'y a pas eu de céramique algérienne ; il n'en est pas moins vrai que les vieilles faïences venant du Maroc, de la Tunisie, de l'Italie ou de Delft ont servi à l'ornementation intérieure de la demeure algérienne et pourraient encore être proposées comme des modèles.
La maison mauresque disparaît de plus en plus sous l'invasion du modernisme contemporain. L'École des beaux-arts aurait le devoir de relever dans les types les plus purs qui subsistent encore les règles de la construction, les détails de l'aménagement intérieur, les formes de décoration par la faïence et le marbre, d'ornementation par les arabesques en plâtre ou en stuc. Je suis loin de demander la réforme d'un enseignement bien compris et méthodiquement transmis, mais tout simple-
ment la création d’un conservatoire local adapté à l'ambiance. Cette proposition, présentée sous cette forme, aura l'agrément de notre éminent et dévoué maître H. Dubois.
ÉCOLE NORMALE D’INSTITUTEURS d’ALGER-ROUZARÉAH
L’École normale, placée sous l’habile direction de M. Bernard comprend :
1° Une école normale proprement dite ;
2° Un cours normal indigène ;
3° Une section spéciale ;
4° Une école annexe.
1° École normale . — L'école normale d’Alger est identique aux écoles normales de la métropole : même programme, même horaire, mêmes examens. Les candidats viennent les uns du département d’Oran, les autres du département d’Alger et quelques-uns de la France.
L'emploi du temps réserve une large place à l’étude de l'agriculture et de l’arabe.
2° Cours normal indigène. — Il n’y a qu'un cours normal indigène en Algérie, celui de Bouzaréah. Il se recrute dans les trois provinces et il est destiné à fournir des moniteurs (pourvus du certificat d’études primaires) et des adjoints (munis du brevet élémentaire) à toutes les écoles indigènes de la colonie. Il compte actuellement une quarantaine d’élèves répartis en trois promotions. L’examen de sortie est le brevet élémentaire. Le programme d’études est à la fois très élémentaire et très
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pratique : les travaux manuels et agricoles y tiennent une place prépondérante.
3° Section spéciale. — Jusqu’à la rentrée d'octobre 189G, la section a compté quarante élèves. Depuis cette époque, les besoins du service ont réduit à vingt le nombre des places à accorder. La section se recrute en France et en Algérie, parmi les stagiaires ou les titulaires, autant que possible anciens élèves ou élèves sortant des écoles normales et bien notés .
Les cours professés à la section spéciale portent sur les matières suivantes :
Pédagogie et législation scolaire ;
Agriculture ;
Travail manuel ;
Langues vivantes : kabyle et arabe ;
Médecine usuelle.
Il faut ajouter à cette énumération des conférences sur l'Algérie (histoire et géographie, us et coutumes indigènes), et, pendant une partie de l'année, des conférences d'histoire générale et de psychologie suivies à la Faculté d’Alger. Enfin diverses excursions — pédagogiques et agricoles — complètent l'éducation générale et professionnelle des sectionnaires et achèvent de les mettre en état de rendre les services qu'on attend d'eux.
4° École annexe. — L'école annexe est en même temps l'école communale du village. Elle est installée dans les locaux de l'école normale et comprend deux classes : l'une destinée aux enfants européens, l'autre aux indigènes. Elle est dirigée par
un professeur d’école normale qui a sous ses ordres un adjoint français spécialement chargé de la classe des indigènes et un taleb qui, entre les heures de classe, apprend le Coran aux jeunes musulmans.
L’école annexe de Bouzaréah sert d’école d’application à tous les élèves-maîtres de l’école : élèves-maîtres français (école normale), indigènes (cours normal) et sectionnâmes.
Musée pédagogique. — Dans une grande salle, toute proche de l’école annexe, un petit musée pédagogique s’ouvre aux élèves-maîtres. Outre une bibliothèque pédagogique contenant des ouvrages de fonds, des publications périodiques, des livres classiques, on trouve là tout le matériel en usage dans les classes : pupitres, tables-bancs, tableaux à divers systèmes, collections de gravures, de cartes, etc.
Personnel administratif et enseignant. — Ce personnel comprend :
1° Un directeur chargé de la direction générale de l’école normale, du cours normal et de la section spéciale ;
2° Un économe ;
3° Pour l’école normale : deux professeurs de lettres, deux professeurs de sciences, un professeur d’agriculture, un professeur de travail manuel, un professeur de dessin d’imitation.
Pour le cours normal : quatre maîtres-adjoints appartenant au cadre des écoles indigènes.
Pour la section spéciale : un directeur des études et un professeur de médecine usuelle.
Les langues vivantes sont confiées à un professeur et à deux répétiteurs (un pour l’arabe et un pour le kabyle) qui enseignent
à la fois à l’école normale, au cours normal et à la section spéciale.
Deux maîtres ouvriers, l’un pour le travail du bois, l’autre pour le travail du fer, secondent le professeur de travail manuel.
4° L’école annexe compte : un professeur d’école normale chargé de la direction, un instituteur-adjoint chargé de la classe d’indigènes, un taleb chargé de l’enseignement coranique.
Un docteur-médecin est attaché à l’établissement.
Budget de l’école. — Depuis la création de la section spéciale, le budget proprement dit de l’école normale (école normale française, cours normal indigène et section spéciale) s’est élevé successivement à :
Budget de 1896 159.849 18
Prévisions budgétaires de 1899 79.578 »