LES EAUX MINÉRALES
Il suffira de consulter la notice publiée par le Service minéral sur les « Sources thermales et minérales de l’Algérie », pour s’assurer que notre colonie, à ce point de vue encore, possède des richesses encore inexploitées.
Ces sources, par leur abondance, par leur thermalité, par la variété des éléments chimiques qui entrent dans la composition des eaux, par leur efficacité thérapeutique très probable, dépassent tout ce que l’on peut prévoir.
Jusqu’à ce jour, trois ou quatre établissements seulement sont en état de recevoir des baigneurs. Le plus grand, le mieux installé est assurément, dans le département d’Alger, rétablissement d’Hammam-R’irha dont nous parlerons plus longuement.
Il est à souhaiter que ces sources bienfaisantes, connues depuis la plus haute antiquité, soient utilisées pour le plus grand
bien des malades et aussi pour la prospérité de la colonie qui profitera de l’affluence des baigneurs attirés à la fois par la beauté des sites, un confort suffisant dans l'installation et l’efficacité des eaux.
En Algérie, par un phénomène assez singulier, le nombre des sources va en augmentant de l’ouest à l’est, c’est-à-dire du département d'Oran au département de Constantine. Nous suivrons cet ordre normal.
Département d’Oran
Les sources, d’après leur constitution chimique, peuvent être réparties en sept groupes principaux :
1° Eaux alcalines, variété bicarbonatée sodique : 4 sources appartenant à rétablissement de Hamman-bou-Hadjar (à 50 kilomètres S.-O. d’Oran). L’exploitation de ces sources est concédée pour 99 ans.
La principale source, dite source chaude du Palmier, a une température de 75°. Elle renferme du bicarbonate de chaux, de magnésie, de soude, de fer ; du sulfate de chaux ; du chlorure de calcium, de magnésium, de sodium, et une petite partie de silice.
2° Eaux sulfureuses, variété sodique : 2 sources dont l’une est fortement chlorurée sodique.
3° Eaux ferrugineuses, variété carbonatée : 4 sources.
4° Eaux arsénicales : néant.
5° Eaux salines, variété chlorurée sodique et variété carbonaté calcique : 7 sources, dont la plus renommée chez les indigènes est le Hammam-Ould-Khaled, à 12 kilomètres de Saïda. Elle a
une température de 45°, débite 8 litres à la seconde et contient du carbonate de chaux, de magnésie ; du sulfate alcalin, et du chlorure de sodium.
6° Eaux gazeuzes : 1 source dans la commune de Chanzy. Débit : 220 litres à la seconde.
7° Eaux thermales simples : 1 source.
En tout 19 sources classées et analysées.
Département d'Alger
1° Eaux alcalines, variété bicarbonatée sodique : 2 sources dont l’une qui commence à être très connue- est située près de Ben-Haroun. Les eaux de Ben-Haroun, utilisées en boisson, renferment de l'acide carbonique libre, de l'acide carbonique combiné, de l’acide chlorhydrique, de l’acide sulfurique, de la silice, de la chaux, de la magnésie, de la soude, du protoxyde de fer et de l’alumine.
2° Eaux sulfureuses, variété sodique : 5 sources dont les plus connues sont les sources sulfureuses de Berrouaghia. Variété calcique : 2 sources. Variété indéterminée : 2 sources.
3° Eaux ferrugineuses, variété carbonatée : 14 sources dont la plus célèbre est FAïn-Hamza, appelée aussi source ferrugineuse d’Hammam-IVirha, très utilisée en boisson par l'établissement. Variété non déterminée : 1 source.
4° Eaux arsénicales : néant.
5° Eaux salines, variété chlorurée sodique : 7 sources dont les plus connues sont les sources d'Hammam-Melouan, à 7 kilom. S. -S. -O. de Bovigo, température 44°, débit 2 litres 08. Ces eaux renferment de l’acide carbonique libre, du chlorure de sodium et
de magnésium, du sulfate de chaux et de magnésie, du carbonate de chaux et de magnésie, de la silice, du peroxyde de fer. Variété sulfatée calcique : sources thermales d’Hammam-R’irha, 6 sources. L’établissement d’Hammam-R’irha, luxueux et confortablement installé, fera l’objet d’une notice jointe à ce chapitre. Variété non déterminée : 1 source.
6° Eaux thermales simples : 1 source.
En tout 40 sources.
Département de Constantine
1° Eaux alcalines, variété bicarbonatée sodique : 4 sources froides, parmi lesquelles nous citerons la source de Takitount à l’ouest de Sétif (comparable à l’eau de Vichy).
2° Eaux sulfureuses, variété sodique : 7 sources principales dont quelques-unes sont très renommées. Citons plus particulièrement Hammam-Meskoutine avec de nombreux points d’émergence. Température de 78 à 95°. Le débit le plus important de l’ Algérie, 500 litres à la seconde. Etablissement civil et militaire pourvu d’appareils hydrothérapiques perfectionnés. A signaler, dans la région de Rordj-bou-Arreridj, le Hammam des Ribans dont les eaux auraient une action thérapeutique supérieure à celle des eaux de Rarèges. Variété calcique : 3 sources. Variété indéterminée : 2G sources utilisées surtout par les indigènes.
3° Eaux ferrugineuses, variété carbonatée : G sources, parmi lesquelles il convient de citer la source ferrugineuse qui appartient au groupe d’Hammam-Meskoufine.
Variété indéterminée : 15 sources.
4° Sources arsenicales : néant.
5° Eaux salines, variété chlorurée sodique : 22 sources, parmi lesquelles 2 sources alimentent l'oasis de Biskra. A citer clans le même groupe les eaux de Sidi-M'Cid ou Aïn-Raba qui alimentent près de Constantine des bains très débit 90 litres à la seconde.
Variété sulfatée calcique : 12 sources principales, dont quelquesunes très renommées parmi les indigènes. A citer plus particulièrement le Hammam du Guergour, à l’entrée des gorges admirables du Guergour : le Hammam-bou-Allouf et le Hammam de l’Oued-Cheniour. Dans le Sud, quelques-unes de ces sources alimentent les oasis.
6° Eaux gazeuses, variété simple : 2 sources.
7° Eaux thermales simples : 25 sources. L'une [d’elles, dans la région de Guelma, le Hammam-Berda, a été utilisée par les Romains qui avaient construit en cet endroit des thermes très vastes.
En tout 122 sources, dont quelques-unes ont plusieurs points d’émergence. Le département de Constantine est le plus riche en sources thermales et minérales.
fréquentés (température 35°;