TOTAL DES ENCAISSEMENTS
ANNÉES
Nombre des effets
Sommes
Nombre des effets
Sommes
Le total
de l’agio s’est élev
é pour les trois derniers exercices : 1° à
francs ; 2° à 3,633,431 francs ; 3° à
3,412,264 francs.
On remarquera que le total le plus élevé fut atteint à la fin de l'exercice 1884-1885. Il suffira de lire le rapport si documenté de M. Pareux, censeur de la Banque, pour comprendre nettement les raisons de ces fluctuations. En 1880, l'Algérie était en grande faveur; c'était le pays d'élection vers lequel tous les regards étaient tournés. Le phylloxéra qui avait si cruellement éprouvé le vignoble, les déceptions résultant de la culture des céréales, la dépréciation delà propriété étaient autant de causes qui avaient provoqué, à la fois, le découragement chez les viticulteurs du Midi de la France et le désir de tenter la fortune sur une terre nouvelle et féconde, ouverte à toutes les activités.
L’apport de capitaux, les travaux agricoles, l’installation du matériel vinaire, les constructions donnèrent naissance à une prospérité un peu factice, il est vrai, sans parler des industries qui se multiplièrent à la faveur de ce mouvement insolite dont la répercussion se fit sentir partout.
Entre 1880 et 1883, le cours de l'action de la Banque de l’Algérie s’éleva à 2,235 fr. 58 et à 2,203 fr. 42. En 1884, les escomptes montèrent jusqu'à 526,393,457 francs.
Malheureusement, on avait voulu faire trop grand et trop vite et les déceptions suivirent les enthousiasmes irréfléchis. Des emprunts contractés ne purent être remboursés ; les intérêts eux-mêmes étaient soldés en papier. En 1887, époque à laquelle le danger était imminent, M. Nelson fut appelé à la direction de la Banque. Dans son premier rapport, il exposa la situation sans ambages.
La question du domaine était assez complexe. Par suite d'événements imprévus, la Banque est devenue, bon gré mal gré, propriétaire d'un vaste domaine foncier dont la gérance et l’administration lui incombèrent par la force des choses.
L’exploitation du domaine qui, en 1891-1892, se soldait par un déficit de 40,566 francs, donnait au contraire, dans une période de cinq années (de 1892 à 1896), un bénéfice net de 2, 231, 396 francs, somme attribuée à l'amortissement du « compte Domaine ».
Il y a donc, sur ce point, une amélioration sensible et un grand progrès.
Relativement au domaine, deux questions avaient été posées au Conseil d’administration :
Conservation par la Banque de son domaine, tout en prenant les mesures nécessaires pour suppléer à l’immobilisation de cette partie de l’actif, — ou constitution d’une Société en vue de l’achat de ce domaine.
C’est cette seconde solution qui a été définitivement adoptée : le Ministre des finances ayant subordonné le projet de renouvellement du privilège à la vente immédiate du domaine, une Société s’est constituée pour acheter ce domaine dans les conditions suivantes :
La (( Société Domaniale Algérienne » acquiert, au prix de 8 millions, le domaine de la Banque de l’Algérie, c’est-à-dire tous les immeubles urbains, ruraux et autres possédés par ladite Banque.
La Société, dont le siège est à Alger, est constituée au capital de 5 millions de francs, divisé en 10,000 actions de 500 francs chacune. Elle devra servir à la Banque un intérêt réduit de 3,50% sur les versements qui seront effectués dans une période de trois années.
Un prêt d’un million de francs, considéré comme suffisant pour le fonds annuel de roulement, sera fait par la Banque, au même taux d’intérêt.
Tout compte fait, ces dispositions nouvelles sont pour la Société domaniale plus avantageuses que les conventions antérieures, qui n'avaient pas eu l'agrément du Ministre des finances.
En somme, telle qu'elle se présente, l'opération est bonne pour la Banque et sera fructueuse pour les souscripteurs.
Dans le bilan du 31 octobre 1899, le domaine figure pour 10,320,854 francs et le revenu net, malgré la mauvaise récolte, pour 750,000 francs. C'est un revenu qui excède 7 %. Mais n'oublions pas qu'à la fin de l'exercice 1897-98 ce revenu net atteignait 919,177 francs.
Rappelons que ce domaine est constitué par une trentaine de fermes et quelques immeubles répartis dans les régions d'Alger, de Bône, d'Oran, de Philippeville, de Tlemeen, de Djidjelli et de Jemmapes.
« La loi du 8 juillet 1899 n'avait prorogé que pour une année le privilège de la Banque. Il est presque certain que ce privilège sera renouvelé pour une longue période, surtout à la suite des concessions faites par ce grand établissement finan-
cier : faculté d'augmentation du capital; création de nouvelles succursales, de bureaux auxiliaires et d'agences ; escompte de papier sur l'étranger ; escompte des warrants agricoles ; prêt à l'État, sans intérêt et pour la durée du privilège, d une somme de trois millions destinée aux établissements de crédit agricole ».
Espérons donc que la solution sera conforme à Lavis du Gouverneur, aux désirs légitimes des actionnaires et aux intérêts de la colonie. Les services incontestables que la Banque a rendus à la colonisation, les améliorations notables qui ont été
faites dans son organisme financier, l’appui et le concours qu’elle prêtera encore à l’agriculture et au commerce sont d’un bon augure pour l’avenir.
Une des plus lourdes charges de la Banque consiste dans les intérêts que celle-ci est tenue de payer au Trésor. De 1874 à 1897, le total de ces sommes s’est élevé à 11,284,124 francs.
Des mesures très importantes ont été prises au cours du dernier exercice : le taux de l’ escompte du papier commercial a été abaissé de 5 0/0 à 4 0/0. Le change entre la métropole et la colonie a de fait disparu, le Trésor ayant réduit les conditions de ses émissions aux seuls frais de timbre proportionnel.
La situation de la Banque de l’Algérie est aussi satisfaisante que possible :
Au 31 octobre 1899, la circulation fiduciaire s’élevait à 96,804,100 francs, avec une augmentation de 5,452,650 francs sur 1898. Le total des versements aux réserves est de 3,192,925 francs.
Les résultats définitifs s’établissent de la façon suivante en 1899 :
Bénéfices bruts 5.909.687 francs.
Dépenses 2.084.176 —
Bénéfice net 3.825.511 francs.
supérieur de 30.883 francs à celui de 1898.
Il a été attribué :
15 fr. 62 par action nominative ; 15 francs par action au porteur.