LES ÉTABLISSEMENTS FINANCIERS ET LE CREDIT
Pendant longtemps, en Algérie, T usure, exercée sous toutes les formes, a été une plaie pour notre pays. L'argent était rare, la confiance limitée, les garanties aléatoires. On en profitait et on en abusait pour prêter à des taux usuraires. Les Arabes et les colons étaient particulièrement exploités. Sans rééditer ici les tristes révélations qui ont été faites à cet égard, bornonsnous à faire un historique rapide de la question.
D'après les documents réunis par M. Maurice Wahl, on avait, en 1835, vaguement fixé à 10 pour cent le taux légal en matière civile, en laissant d’ailleurs toute liberté à 1 intérêt conventionnel. C'était ouvrir la porte à tous les abus. On prêtait à 13 ou 20 pour cent sur hypothèque, à 20 ou 25 sur billet. En 1867, le comte Lebon constata dans son enquête qu’en Algérie les agriculteurs payaient, avec hypothèque, de 8 à 12 pourcent;
de 10 h 18 sur billet. Quand on s’adressait aux Arabes, il n’y avait plus de limite. En 1881 seulement, on ramena à 6 pour cent le taux de l’intérêt.
Pour réagir contre des opérations louches et la rapacité des prêteurs, le gouvernement, dès 1849, favorisa, dans la mesure du possible, l’installation d’un Comptoir d’escompte et en 1851, par une loi spéciale, créa la Banque de l’Algérie qui fut autorisée désormais à a émettre des billets ayant cours légal, )) à recevoir des dépôts, à faire des prêts sur titres et à escompter )) le papier de commerce )>.