SCÈNE IX
TRAPOLIN, MARION, JOLIFER.
JOLIFER, entrant vivement.
Où est-il, le lâche, l’infâme! le scélératl
MARION
Qui ça ?
JOLIFER.
Cette canaille de Frapolin.
TRAPOLIN.
Tra.... monsieur, Trapolin , c’est moi, monsieur.
JOLIFER.
C’est vous... Eh bien, je ne vous en félicite pas.
Plaît-il ?
TRAPOLIN
JOLIFER.
Aht vous allez passer un quart-d’heure que l’on peut qualifler de désagréable! quoi là votre âge vous ne rougissez pas.
TRAPOLIN.
. Pardon, pardon, monsieur, est-ce bien à moi que vous avez à faire... Trapolin de Lyon... je regrette que la photographie ne soit pas encore inventée, je vous offrirais mon portraitcarte !... mais si vous voulez repasser dans une centaine d’années...
JOLIFER.
Monsieur, je sors du Jabol-d’ Argent.
TRAPOLIN.
C’est une excellente maison... il y a môme des jeunes filles charmantes... Je m’y fournis.
JOLIFER.
Ah! yous raillez, quand je vous dis que je sais tout
Tout quoi?
JOLIFER.
Comment tout quoi! Te moquerais-tu de moi par hasard, vieux magot.
TRAPOLIN.
Vieux magot I (a part.) Je m'étais trompé, cet homme est beaucoup moins distingué que je ne le pensais... Pardon, monsieur, pourrais-je savoir ce qui me vaut cette épithète chinoise ?
JOUFER.
Monsieur... Je suis le frère de Suzette I L’on m’a dit au magasin qu’elle était sortie depuis deux heures, qu’elle n’avait qu’une course à faire et qu’elle était chez vous !... Or comme je sais que vous la poursuivez de vos œillades, je me doute bien que vous la retenez ici i Vous allez nier n’est-ce pas? (Apercevant la mante laissée par Suzette.) Mais tenez! Voici qui va vous confondre.
TRAPOLIN.
Quoi! me confondre, quoi! Qu’est-ce que vous me chantez?
JOLIFER.
C’est sa mante, monsieur.
Sa mante... quelle sa mante !