PENSÉES ET APHORISMES
Autour des femmes. — Une philosophie nébuleuse. — Les gouttes de bitter — Les radotages d’un vieux garçon. — Un bouquet de pensées sauvages. — Le rire de Cupidon.
a ES pensées et les aphorismes de Béjarol découverts ur peu partout, tellement un peu partout, que j’en recueille sur des marges de journaux, sur des billets de concert... ce qui indique que ces pensées lui venaient un peu n’importe où qu’elles lui étaient suggérées par un fait ou dictées par une sensation.
Ce qu’il y a de particulièrement curieux dans la partie la plus concise, la plus lapidaire des choses écrites et laissées par Béjarol,
LE CARNET D'UN SUIVEUR
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dans les bribes de quelques mots, tombés au 1 hasard du moment, sur n’importe quelpapier en poche, c’est qu’il n’y a plus aucune cor- ; 4 respondance entre ces choses courtes etce
qu’il nous montre de lui dans les parties
plus délayées de ses observations et de ses discours. Il faudrait presque en conclure … que, malgré son accent de sincérité, ilse plai-
sait à faire de la littératuré sur l’attitude de suiveur de femmes qu’il s'était donnée.
C’est égal, je me méfe un peu, les gouttes de bitter tombant, peu à peu, dans les bavaroises et le champagne d’un Béjarol, avant tout j’m’en foutiste et jouisseur, me déconcertent. Je n’analyse pas Béjarol, je ne fais pas une étude sur lui. Je ne le juge pas. Je le suis comme on suit un oiseau qui sautille de branches en branches et va d’un pommier en fleurs à un chardon. Je note seulement le frémissement de la branche sur laquelle il s’est posé sans demander ni à l’oiseau ni à la branche le pourquoi mystérieux. ;
J'ai donc extrait pour le bouquet de ces
LE CARNEN D UN SUIVEUR
aphorismes et de ces pensées les fleurs et les plus éclatantes et les plus vénéneuses.
Ce bouquet est de couleur sombre, et le lien
qui serre ces fleurs diverses empruntées à
une flore qui va du pavé de nos rues à des
\ plantes des tropiques, les tiendra réunies en-
semble, mais non unies; elles sont disparates, elles vont de ce qui aide à vivre à ce qui tue; et, si elles arrivent à créer une har-
… monie, c’est l'harmonie du néant.
« Je n’ai aimé qu’une femme et cette femme n'existe pas. Je n'ai jamais fait que préférer celles qui lui ont plus ou moins ressemblé. »
La vie m'a broyé entre deux mots : Toujours, Jamais.
Sila femme d’un poète est laide, il en fait quand même un sonnet.
On devient l’amant d’une femme en la faisant rire ou en la faisant pleurer.
Il y a des hommes qu’on trompe et d’autres qu'on trahit, en accomplissant ile même