‹ Les petits mémoires de ParisChapitre 4 sur 34 · PARIS EN · texte numérisé non relu

PARIS EN

Le règne de la crinoline. — Le boulevard du Crime et la cité. — Les amuseurs de la rue. — Brasseries et Cabarets. — La pension Laveur et le dîner Magny. — Les bals Mondains.— Le Théâtre de la Cour. — Les boutiques de gants et le Métro. — La mort d’une Étoile. — Un trait-d’union. — Le café des Pierrots. — L'’exode vers le Nord.

« Un gros paquet ficelé porte ce titre « Mon arrivée à Paris ». C’est un relevé des faits de sette époque d’après lequel nous pouvons reconstituer un tableau de Paris en 1862. C’est un fort cahier tenu avec soin. Ces feuilles écrites sur un papier de même format sont classées méthodiquement, jour par jour, presque sans commentaires.

1 APOLÉON était soutenu par les cariatides bénévoles du Sénat et du Corps

législatif. Les beaux jours du $Seeond Empire étaient à leur apogée.

LE ÉMRECDNNES l

le ver qui fait tomber à fruit d’un arbre.

Tout était à lajoie etau plaisir. La nt de gloire des Campagnes d’Italie ne s'était pas encore évaporée et, à l'horizon, malgré les cinq de l’opposition, dans l’azur d'un d ciel sans nuages, se promenaient encore de joliestaches roses. On dansait aux Tuileries; | l’impératrice avait des cachemires de l’Inde et l’empereur des pardessus mastic. On jouait " des charades à Saint-Cloud. Les tableaux vivants où Madame de Metternich, Madame US de Pourtalès et Madame de Galiffet repré- 14 sentaient les mythologies, faisaient la joie | des attachés d’ambassade aux jarrets préparés pour des quadrilles que conduisait Arban.

On dansait partout! C’était le début d’une période de quadrilles qui devait se terminer par celui de la Grande Duchesse. Chaque jour amenait un événement dont il n'y

RTS

LE CARNET D'UN SUIVEUR

avait qu'à se réjouir ou apportait la . nouvelle d’une gloire qu’il fallait consacrer.

On recevait Octave Feuillet et Dufaure à l’Académie et Ingres était nommé sénateur.

Les « Faucheurs polonais » se signalaient par de sanglantes et patriotiques prouesses, pendant que le duc de Morny menait le char de l'État et ses secrétaires le cotillon, ce qui n’empêchait pas que le duc trouvait le temps de faire des vaudevilles pour les Bouffes.

On refusait de réhabiliter Lesurques et on posait la première pierre du nouvel Opéra. On inaugurait des théâtres et de nouvelles voies. Darcier était prié par le Comte de Nieuwerkerke de venir chanter chez lui et s’y conduisait comme un charretier, ce qui faisait dire au comte : « C’est un goujat degénie. »

Un mouvement littéraire s’indiquait par la publication de Revues qui parurent à la suite de la « Revue Fantaisiste » qui futle berceau des Parnassiens.

Au Salon, l’école naturaliste continuait

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la lutte que Courbetavait raeniote co mencée, Manet qui en était à ses débuts et qui avait déjà donné le Ballet Espagnol etla Chanteuse des rues apportait à la formule nouvelle La Maîtresse de Baudelaire et le.

Vieux musicien ce qui faisait hurler l’Académie et pousser des hauts cris à la peinture é | aimable représentée parles Toulmouche et les Compte-Calix. Gustave Doré n'avait pas trente ans et publiait Don Quichotte et les Contes de Perrault. , | Le règne de la crinoline battait son er etles élégantes n’hésitaient pas à dresser leur taille sur des assises de six mètres de circonférence. Les chapeaux étaient des sortes de capotes decabriolet que des ruches et des rubans d’attache venaient encore alourdir. L’harmonie des couleurs n’était pas plus respectée quelascience des proportions, | et jamais la mode féminine ne fut plus lamentablement bête, ce qui n’empêchait | nullement Longchamps d’exister quoiqu'il 1 apportât chaque année des modes de plus

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