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LE CARNET D'UN SUIVEUR
necarveanmenn as
témoignent combien il était attentif aux
- moindres faits.
J'y vois notés les funérailles d’Halévy,
la mort de Monseigneur Morlot, l'acci-
dent du Bois de Boulogne sur la glace où cinquante personnes périrent, soudés à la mort de Philipon, le fondateur, du Charivari et du Journal amusant — je donne tout cela sans date et sans classification — le peu de prétention de ce tableau ne le comporte pas... et je puise, au hasard.
Le grand événement littéraire fut la publication des Misérables de Victor Hugo qui avait vendu le manuscrit 500.000 francs.
C'était encore l’époque des cabinets de lecture. On louait le volume cinq sous, par jour, et ce volume était souvent divisé en deux ou en quatre parties; en sorte que la lecture de l’ouvrage revenait aussi cher que si on l’eût acheté.
A l’Opéra-Comique, on donnait la 1.000" représentation de la Dame Blanche; l'acteur Bocage mourait.
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La pioche attaquait vigoureusem n mettait en miettes les murs de la vieille et sés rues sinistrés. Le cabarét du Lap Blanc qu’on croyait avoir servi de modèle Eugène Sue, quand, au contraire, Les Mys tères de Paris donnaient à un nommé Moxas l’idée de construire le fameux cabaret d’après la description qu’en avait donnée le romancier, s’effondrait sous les gravois. Ë ;
Le vieux pont Louis- “Philippe et le pont.
de l’Archevêché laissaient tomber dans l’eau la carcasse en fil de fer de leurs arches Hs suspendues. . %
Thiers publiait le dernier volume de , son histoire du Consulat; Leconte de Lisle, M ses Poèmes barbares, et Flaubert, Salammbô, Barbey d’Aurevilly écrivait un violent arti-. cle sur Victor Hugo et les murs de Paris | se couvraient de cette affiche : Barbey d’Aurevilly idiot.
Les démolisseurs s’attaquaient avec la même vigueur, non seulement aux er
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tres du boulevard du Crime, mais encore au mélodrame lui-même et les fumées de gloiré des beaux jours de « Gaspardo de Pêcheur »
et de « La Tour de Nesle » se mêlaient à la poussière des plâtras.
Les parades du Lazari et les folles pan-
tomimes des Funambules allaient disparaître.
Le Théâtre Lyrique et le Théâtre du Chàtelet, remplaçant le Cirque Olympique, allaient revivre au Châtelet avec Faust et Rhotomago.
La Gaîté s’installait au square des Arts et Métiers où la houppelande de Choppard et la savate de Fouinard allaient retrouver leurs beaux jours.
Les cafés, les vieux cafés où on causait, où on bataillait ferme, artlittéraire et politique,étaient préservés par la plupart deslignes géométriques tracées par le baron Haussmann.
Les tables du Procope vibraient déjà sous les coups de poing de Gambetta. Ce fut là, dans ces cafés et dans ces parlotes
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littéraires que Béj arol se pénétra a 2 intellectuelle de Paris. HEAR On ad d'A le tombeau.
fleury, Vitu, Nadar, Colline, Schaunard qui avait quitté la palette pour le commerce des jouets.Maiïs la Bohêmene pouvait guère gêne
pour la Presse que le gouvernement lardait de communiqués, qu’il bridait à l’aide de poursuites comme celles récentes contre les | Lettres sur l’histoire de France, d'Henri d'Orléans ; comme la destitution de Victor de Laprade, membre de l’Académie Française, à propos d’une satire en vers, À marquant un nouveau coup de férule avec la suppression du cours de Renan qui avait .
appelé Jésus «unhomme incomparable ». |
Mais aucun de ces faits ne projetait son ombre sur le rayon de la vie de plaisir.
Plus que jamais les fenêtres du Grand 16.
Lens AO La
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jetaient sur les boulevards l’éclat de leurs bougies et le vent des folies de la bande de Gramont-Caderousse, qui venait là, régulhièrement souper après le théâtre et jouer au baccarat jusqu’au matin. L’épée de Damoclès était remplacée par la menace d’un conseil judiciaire suspendu sur la tête de chacun des convives. Il y avait un soir pour les femmes de théâtre, et un autre pour les « belles affranchies >» qu’on retrouvait quelquefois sur la table, au dessert, vêtues d’une simple paire de boucles d’oreilles
C'était à une époque où les maisons de rendez-vous n’existaient pas, ni les grands magasins non plus.
Le quartier de la Chaussée-d’Antin contribuait à offrir aux passants la possibilité de ces entretiens rapides dans des arrièreboutiques appropriées. C’étaient des papeteries, des ganteries surtout ; de menus magasins, où, sur desétagères dormaient des bibelots auxquels on ne touchait jamais.
C'était très discret! on aurait pu entrer là-
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un ne j'en profiterai pour “essa de trouver une femme à laquelle je donne rai un louis en M d’un soupe + À
numéro se détachait surun verre bleu saphi La plupart de ces maisons ont disparu. Il ne reste plus que celles avoisinant les bou levards. Elles rendent encore des servie aux fêtards attardés. > à Mais les marchés de chair humaine se
qui n’existent plus. C’était l’époque où 0!
dansait ; ns ru des Tuileries avaien
de la société.
Mabille, le bal Musard, le Château d Fleurs, le Jardin d’hiver, théâtres des succè des Pomaré, des Mogador et des Rose Pom:
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rencontrait le même monde qu'aux Tuileries, car, bien souvent, des dames de la Cour, au bras d’attachés d’ambassade, s’y mêlaient
, à la bande de Gramont-Caderousse qu’accom-
pagnaient les Anna Deslions, les Barrucei et les Guimont.
Les polkas d’Arban et les quadrilles de Métra faisaient fureur à Valentino et, au Casino Cadet, soulevés par la maîtrise que Pun et l’autre avaient à manier un orchestre dansant.
Bullier continuait ses traditions historiques et l’ombre de Musette et de Mimi Pinson planait sur les quadrilles.
Puis, ce fut le bal Vivienne, le Château Rouge, le Tivoli-Vaux-hall, les Elysées- Montmartre et Ménilmontant.
Nous trouvons, en descendant d’un étage :
Le Pré-aux-Cleres, fréquenté par les larbins du faubourg Saint-Germain etla Salle Wagram pa ceux du faubourg Saint-Honoré; Les Mille Colonnes, rue de la Gaîté, où se mêlaient étudiants, artistes et ouvriers du quartier ;