‹ Les petits oiseaux; comédie en trois actes. Par MM. Eugène Labiche et Delacour [pseud.] With English notesChapitre 1 sur 52 · SCÈNE PKEMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PKEMIÈRE

Henriette, Léonce, puis Prudence et Joseph. {Henriette est sur le divan, brodant un sachet à serrer lei mouchoirs. Léonce est assis sur un pouf^ auprès d'elle.)

Henriette. Et voilà qu'avec tes confidences tu m'empêches de terminer mon sachet.

LÉONCE. Le grand malheur !

Henriette. Laure ne sera pas contente.

LÉONCE. C'est donc à elle que vous le destinez?

Henriette. C'est mon lot . . . pour la loterie de bienfaisance dont elle s'occupe . . . elle doit venir le chercher aujourd'hui . . .

LÉONCE. Ah ! nous verrons aujourd'hui Mademoiselle Aubertin ?

Henriette. Oui, monsieur, nous la verrons.

LÉONCE. Et vous me promettez de lui parler ? ...

Henriette. Je te le promets ... de ton côté, cause avec son père ... et si tout marche, comme je le^ croi«, avant quinze jours, Monsieur et Madame Blandinet auront l'honneur de faire part à leurs amis et connaissances da mariage de Monsieur Léonce Blandinet, leur fils et beaufils, avec Mademoiselle Laure Aubertin.

liÉONCB. Quf vous êtes bonne 1

6 LE8 PETITS OISEAT7Z.

Henriette. Dame!* une belle-mèje . . doit être dem fois bonne . . . pour lutter contre le préjugé.

LÉoxCE. En se remariant, il me semble que mon père m'a donné une sœur . . . {Joseph entre, pose un ravier^ sur la table servie et prend la chaise placée à gauche pour la mettra près de la tablée)

Henriette. Ce qui n'empêche pas, monsieur, que vous devez me craindre et m'obéir !

LÉONCE {pre7iont le ton petit garçon). Oui, maman . . .

Joseph. Madame ... le déjeuner est servi . . .

LÉONCE. Joseph, prévenez mon père.

Henriette (à Joseph). Monsieur est dans son cabinet ... en train de faire un coup ... de tête.*

LÉONCE. Un coup de tête ! Comment ? {Joseph entre à gauche.)

Henriette. H écrit à ses locataires ... il leur annonce qu'il les augmente !

LÉONCE. Mon père . . . augmenter ses locataires ! . . . {Riant.) Allons donc, c'est impossible . . . lui, qui depuis vingt ans n'a jamais pu s'y résoudre . . .

Henriette. Je l'ai décidé ce matin... oh! j'ai eu de la peine ! Ce ne sont plus des locataires, me disait-il, ce sont des amis . . . C'est vingt ans d'amitié que je vais perdre . . .

LÉONCE. Pauvre père ! ... je reconnais bien son excellent cœur . . .

Henriette, {apercevant Blandinet qui entre par la gauche,

un papier à la main.) Le voilà ! {Henriette se lève ainsi

que Léon qui traverse la scène pour descendre à gauche).

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