SCÈNE n
TlBURCE, puis LÉONCE.
TiBUECfi {seul). Elle est encore fâchée . . . Gentille, ma tante, mais susceptible . • .
LÉONCE (entrant par la gauche, 2' plan, son chapeau su* la tête ». Tiens ! c'est toi !
TiBUTRCE. Bonjour, Léonce . . . j'attends papa . . .
LÉo-vcE. Il n'est pas encore levé.
TiBî RCE. Je le sais ... il a dîné hier avec ton père . . . et tout me porte à croire que ces deux burgraves"^ ont tbrtement causé avec la veuve Cliquot . . .
LÉON'GE. Qu'est-ce que ça veut dire?
TiBTJKCE. C'est un mot de mon quartier . . . pour indi- 'luer qu'on n'aime pas la bière . . .
LÉONCE. Tu seras donc toujours fou?
Ttpuroe. Papa n'est pas là ... et pourtant je ne suw pas en ti'ain de rire ce matin.
TiÉonce. Tu as du chagrin? . . .
TiBURCE. Ah bien oui 1 . . . non . . . mais j'ai douze mille francs de dettes !
Léonce. Toi ! des dettes ? . . .
TiBUKCE. Dame ! depuis deux ans que papa m'a coupé les vivres ... il a bien fallu m'adresser au crédit public, et dans ce moment il se fâche, le crédit public !
LÉONCE. Comment !
TiBURCE. H me lance des petits carrés de papier, avec des images dans le coin . . .
LÉONCE. Du papier timbré... on te poursuit?
TiBURCE. Ça m'en a l'air... je ne sais pas comment ces gredins-lù ont appris que papa était à Paris ... ils pro fitent de la circonstance . . .
LÉONCE. Que vas-tu faire?
TiBUKCE. Je n'en sais rien . . . donne-moî un cou-
Btiîli • • •
LÉONCE. Tu n'as qu'un parti à prendre, c'est de tout avouer à ton père . . .
TiBUKCE. Non ! • . . cherche autre chose I . . . LÉONCE. A ta place, c'est ce que je ferais . .
LES PETITS OISEAtrX. 33
TiBURCE. Oui ! mais ton père et le mien ... ça fait deux . . . Ton père, c'est un brave homme . . . c'est une caisse qui s'ouvre de temps en temps . . . comme toutes les caisses . . . Tandis que le mien, c'est une tire-lire en fonte ... et sans porte. . . Pour l'ouviir, il faut la casser.
LÉONCE. Mais non ! tu te trompes . . . mon oncle François a l'écorce un peu rugueuse . . . mais c'est un excellent homme ... il t'aime au fond . . .
TiBtJRCE. Oui. ..bien au fond...
LÉONCE. D'ailleurs tu n'as pas d autre moyen . . .
TiBURCE. C'est vrai . . . allons ! si je peux trouver un biais heureux . . . Dis donc, tu ne te chargerais pas de la îonmnunication ?
LÉONCE. Oh ! non . . . ces choses-là se traitent de père à fils . . . D'ailleurs, il faut que je sorte . . .
François (en dehors). Joseph, de l'eau chaude I
TiBUKCE. C'est lui!
LÉONCE. Allons ! je te laisse, bonne chance. {Il tort par la droite, 2' plan.)
TmuRCE. Il file, le capon!