‹ Les petits oiseaux; comédie en trois actes. Par MM. Eugène Labiche et Delacour [pseud.] With English notesChapitre 36 sur 52 · SCÈNE vni · texte numérisé non relu

SCÈNE vni

IJlandinet, Aubertin, puis Joseph et Prudence.

AuBEJiTiN {paraissant à la cantonade^). Une lettre^ . . . c'est bien ! . . . donnez-la-moi !

Blandinet (à part). Lui!

Aubertin. Ah! mon ami! quelle joie! quel bonheur 1 je suis sauvé !

Blandinet. Quoi ?

Aubertin. Mon navire . . . la Belle-Irma ... il est au Havre I

Blandinet. Ah ! bah !

Aubertin. Entré ce matin! je viens d'en recevoir le nouvelle ! une cargaison magnifique ! . . . une fortune ! . . . mais embrasse-moi donc !

Blandinet. Avec plaisir ! {Ih s^ embrassent. A part.) Sapristi ! et ma lettre !

Aubertin. Je viens t'annoncer cette bonne nouvelle et te dire que je n'ai plus besoin de tes cinquante mille francs!

Blandinet {à part). Si je l'avais su!

Aubertin. Mais vois-tu, Blandinet . . . non Edmond ! [ils se serrent la main) mon vieil Edmond ! Blandinet {gêné). Gustave ! mon vieux Gustave !

Aubertin. Les revers de fortune nous éprouvent quelquefois bien cruellement . . . mais ils ont un bon côté . . . c'est de nous faire connaître nos vrais amis . . . (// tient sa lettre de la main droite qu'il pose sur l'épavle droite de Blandinet.)

Blandinet {étendant la main). Oui . . . ma lettre !

Aubi:rtin {retire sa main et la pose sur VaiUre épaule). Aussi, jamais .. .jamais, entends-tu, je n'oubherai ce qre tu as fait pour moi !

Blandinet {même jeu). Ne parlons pas de çal

Aubertin. Et nos enfants ! nos chers enfants ! vont-ils être heui-eux ! Hier, Léonce m'a demandé 1? main de ma fille . . .

Blandinet. Oui ... je sais . . .

Aubertin. Mais tu comprends que dans la podition ou je me trouvais . . . mon navire perdu . . . j'étais ruiné 1 je n'ai pu lui répondre qu'une chose : Attends, mon Aim iais coiame moi . . . espère I

Blandinet. Comment ?

AuBERTiN. En bonne conscience, je ne pouvais paa lonner à ton fils une fille sans dot.

Blandinet (hii serrant la main). Ah ! Gustave !

AuBERTiN. Mais aujourd'hui ... je suis riche . . . plus riche que toi peut-être, et j"ai l'honneur, monsieur, de voua demander la main de votre fils . . .

Blandinet. Trop heureux . . . certainement ! (^IlatU, s'oubliant.) Ma lettre ... si je pouvais . . . [Jl veut la pi endre.)

Ahbertin. Qu'as-tu donc ? Ah ! ta lettre !

Blandinet {s^efforçant de sourire). Elle est mutile 1 rends-la-moi !

Aubertin. Du tout . . .je veux savoir ce que tu m'écrivais . . .

Blandinet. Non !

Aubertin (ouvrant la lettre). Ah ! mon Dieu !

Blandinet (ci part). Ça y est!''" que lui dire? (.7bseph entre du fond, s^ arrête aux premiers mots d^ Aubertin et écoute la scène.)

Aubertin. " Une catastrophe imprévue !" ah ! mon pauvre ami ! Ce qu'on dit est donc vrai ? je n'osais paa t'en parler !

Blandinet. Quoi donc ?

Aubertin. Tes banquiers . . . Messieurs Tumeps et ? împagnie . . .

Blandinet. Eh bien ?

Aubertin. Ils sont en fuite !

Blandinet. Ah ! mon Dieu ! que dis-tu là ?

Aubertin. Est-ce que tu ne le savais pas ?

Blandinet. Non !

Aubertin (montrant la lettre). Mais alors . . .

Blandinet (mYe). Si! si!*^ la catastrophe ! mais où «tout- Us ?

Aubertin. On n'en sait rien encoi-e !

Blandinet. Mais j'ai trois cent mille francs chez eux I je suis ruiné !

Joseph. Ruiné !

Aubertin. Ah ! mon ami ! mon pauvre ami ! quel coup ! toi, si bon ! si dévoué ! Mîà-^ sois trancjuille I du courage, nous uous reverroR:? ! (// %nri vuemtiîU,)

iO LU PETITS OISEAUX.

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