‹ Les petits oiseaux; comédie en trois actes. Par MM. Eugène Labiche et Delacour [pseud.] With English notesChapitre 9 sur 52 · SCÈNE X Blandinet, Aubebtin · texte numérisé non relu

SCÈNE X Blandinet, Aubebtin

Blandinet. Voyons ! parle ... tu as l'air tout boal6> versé.

Aubertin. Je crois bien . . . voilà trois nuits que je n'ai pas fermé l'œil . . .

Blandinet. Ta femme est donc malade ?

20 LBS PSTTTS OISSA.UX.

AuBEBTiN. Non ! mon ami . . . depuis un mois, je sisia

sans nouvelles de la Belle Irma.

Blandinet. Comment ! la Belle. Irma ?

Adbertin. Un bâtiment que j'attends d'Amérique.

Bl AND INET. Ah ! à la bonne heure ! la belle Irnia, j'ai cru que c'était . . .

AuBEBTiN- D devrait être au Havre depuis huit jours . . .

Blandinet {smvaM son idée). Je n'aurais pas approuvé ça . . .

Adbertin. Et on ne le signale pas encore . . .

Blandinet. Alors, il est en retard, ton bâtiment.

Adbertin. Si ce n'était que ça !.. . J'ai été avisé, il y R creux mois, qu'il avait réussi à forcer le blocus . . . mais peuv-etre a-t-il été recontré en mer par les croisières américamtis . . . Un navire magnifique . . . tout chargé de coton . . . et aujourd'hui le coton . . . c'est de l'or ! . .

Blandinet. Tu es assuré ?

AuBERTiN. Mais non ! aucune compagnie n'a voulu me garantir les risques de guerre . . . Comptant réaliser ma cargaison, j ai pris des engagements . . . J'ai une échéance très-lourde ... et si après-demain, à midi, je n'ai pas réalisé une somme . . . que je n'ai pas, je serai peut-être forcé de suspendre mes payements.

Blandinet. Oh! mon Dieu, mon pauvre ami I... et combien ? ... combien te fâut-il ?

AuBERTiN. n me fallait une somme énorme...

Blandinet. Enorme ?

Aubertin. J'ai fait flèche de tout bois "...et il me manque encore 50,000 francs !

Blandinet. Ah ! merci ! ... tu m'as fait peur.

Aubertin. Quoi donc ?

Blandinet. Je craignais do ne pas pouvoir te lea piêter.

AuBEBTiN. Comment I toi I

Blandinet. Parbleu !

AuBERTiN. Eh bien ! non I . . non, je ne veux pas I

Blandinet. Pourquoi ?

Aubertin. Parce que ... si mon navire n'arrive pas, je ne suis pas sûr de pouvoir te les rendre . . .

Blondinet. Où serait le mérite si tu ët&is sûr da

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me les rendre? Autant prêter à la Banque de Franci alors ! . . .

AuBERTiN. ]\[ais . . .

Blandinet. Voyons ! mon ami . . . Gustave I . . . pat

d'enfantillages !

AuBERTiN (souriant). Gustave!

Blandixet. C'est le nom que je te donnais autrefois . . à la pension . . . t'en souviens-tu ? . . . En vieillissant on perd son petit nom ... on a peur d'être ridicule . . . Mais quand on se trouve seul . . . sans témoin . . . avec un vieil ami . . . c'est si bon de s'appeler comme autrefois ! — Di-s donc ... il n'y a personne . . . appelle-moi Edmond ... ça me fera plaisir . . .

AuBERTiN (lut sautant au cou). Edmond !

Blandinet. Gustave ! (Ils s'embrassent.) Ah ! ça ma rajeunit !

AuBERTiN. Quel ami tu fais !

Blandinet. Gustave, ne dis donc pas de bêtises ! J -i vais consulter mon portefeuille ... et après-demain, à midi, tu auras ton affaire . . . Quant à ton coton, il arrivera ... il passera à la barbe des Américains ! On leur en passera ) bien d'autres, aux Américains ! ^' (Il sort par la gauche.)

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