ACTE DEUXIÈME
Tisurce. Moi non plus . . . j'ai soif.
x François. Ah! Tiburce . . . tu crois peut-être que je ne t'aime pas ... parce que je suis sévère avec toi . . . parce que je ne t'envoie pas d'argent mais c'est pour ton bien . . . ça me fait beaucoup de5 peine, et souvent si je m'écoutais .
Tigurce. Oh! écoutez-vous, papa!
| François (avec attendrissement). Non! il faut que
tu trimes, que tu connaisses la peine, le travail . . .
Vois-tu, dans le corps de tous les hommes, écoute ça !10
dans le corps de tous les hommes qui sont devenus remarquables . . . il y a un morceau de vache enragée.!
TiBgurce (protestant). : Oh! cependant .
François. Il y en a un! ... quelquefois deux! mais sois tranquille! Quand tu seras célèbre . . .15 quand tu seras riche . . . je ne te refuserai plus rien !
Tigurce. Vous êtes bien bon !
François (avec attendrissement). Ah! Tiburce! tu crois peut-être que je ne t'aime pas . . . mais tu es tout
pour moi ... mais si je travaille encore . . . si je 20 | consume ma vie à fabriquer du drap . . . si je monte
| quinze nouveaux métiers
Trsurce. C’est pour battre les Anglais.
François. (C’est pour toi... et pour vexer les Anglais. (Avec effusion.) Tiens! embrasse-moi ! 25
TiBurcEe. Avec plaisir, papa. (ls s’embrassent. A part.) Je crois que le moment est bon pour lui avouer les douze mille francs. (Haut.) Papa, quoiqu'il m’en
| coûte
François (l’interrompant). J'ai examiné ton mobi- 30 i | lier . . . c’est gentil . . . Par exemple, tu as trop de
commodes . ..
lvache enragée. There is no good equivalent for this in English. Manger de la vache enragée means ‘‘ to endure hardships.””
FARRE TENUE | LEA dope ven A Den E nl
TrBurcCE. Je n’en ai que trois
FRANÇoIs. C’est trop !
Tigurce. Je vais vous dire . . . c’est une occasion . .. un lot de commodes, j'ai été séduit par le
5 bon marché.
FRANÇOIS (le regardant sans l'écouter). Ah! qu'il est gentil, mon Tiburce . . . qu’il est beau! . . . Tiens! je ne t'ai rien donné depuis ueux ans . . . je vais te
donner quelque ciiuse
10 TIBURCE (stupéfait). A moi ?
FRANÇOIS. Je vais te donner mon épingle en diamant ! (ZI la détache de sa chemise.)
TiBurce. Oh! papa!
FRANÇois (la lui attachant). Ne va pas la perdre .
15 ça vaut douze cents franes . . . songe que voilà trente ans que je la porte . . . et si le malheur voulait qu'elle se détachât . . . jamais je ne pourrais me consoler . (Tout à coup.) Tiens! rends-la-moi !
TIBURCE (se reculant). Ah! non!
20 FRANÇois. Alors ne te remue pas comme ça . . . il suffit d’un mouvement . .. (A part.) J'ai eu tort de la lui donner . . . il est trop jeune,
TiBuRCE (à part). Il faut pourtant aborder la question . .. (Haut.) Papa . .. mon bon père
25 FRANÇois. Ah! voilà que j'ai mal à la tête!
TiBurce. Ca ne sera rien . .. je voulais vous parler de ce malheureux jeune homme . . . mon client qui a fait douze mille francs de dettes François. C’est un chenapan! . . . et si j'étais son 30 père . . . je l’enverrais en . . . Afrique ! TiBurce (à part). Boum!
FRANÇoiIs. Mon Dieu! que j'ai mal à la tête . je vais dormir un peu TiBurcE. Mais papa . ..