SCÈNE PREMIÈRE
JoskPn, PRUDENCE, HENRIETTE, puis Tipurce
PRUDENCE (époussetant). C’est singulier tout de même, monsieur qui n’est pas encore levé.
Josepn. Son frère non plus... Il paraît qu'ils s’en sont donné hier, à dîner.
HENRIETTE (entrant par la gauche, 17 plan, en costume de ville). Comment! onze heures, et votre ménage n’est pas fait ?
PRUDENCE. C’est fini, madame.
Josepx. Nous avons craint de réveiller monsieur.
HexRierTe. Il dort encore?... Est-ce qu’il serait malade ?
JosEPn. Oh! non, madume ... mais il est rentré tard, et il s'est promené dans sa chambre une partie de la nuit.
HENRIETTE. Il aura pris du café... ça l’agite... Vous lui direz que je suis sortie, je vais au bain...
Josep. Oui, madame. (Z1 sort suivi de Prudence.)
HENRIETTE (s’ajustant). Voyons... dépêchons-nous . . .
TIBURCE (paraissant au fond). Merci! je lattendrai !
HENRIETTE (se retournant). Hein! (£lle prend son manchon qu'elle a mis en entrant sur la chaise.)
Tisurce. Ah! ma tante... je ne vous demande pas coniment vous vous portez... vous avez des couleurs charmantes ce matin . .. (Henriette le salue froidement et sort.)
SCÈNI. IT TIBURCE, puis lover
TiBuRCE (sul). Elle est encore fâchée. Gentille, ma tante, mais susceptible .. .
LÉoNCE (entrant par la gauche, 2° plan, son chapeau sur la téle). Tiens! c’est toi!
Tisurce. Bonjour, Léonce ... j'attends papa .. .
Léonce. Il n’est pas encore levé.
Tisurce. Je le sais . . . il a dîné hier avec ton père . .. et tout me porte à croire que ces deux burgraves ont fortement causé avec la veuve Cliquot . . .
LéoNce. Qu'est-ce que ça veut dire ?
Tisurce. C’est un mot de mon quartier . . . pour indiquer qu’on n'aime pas la bière...
Léonce. Tu seras donc toujours fou ?
TiBurcE. Papa n’est pas là... et pourtant je ne suis pas en train de rire ce matin.
Léonce. Tu as du chagrin?...
Tisurce. Ah bien, oui!...non.., mais j'ai douze mille francs de dettes !
Lionce. Toi! des dettes?...
TiBurcE. Dame! depuis deux ans que papa m'a coupé les vivres . . . il a bien fallu m'adresser au crédit public, et dans ce moment il se fâche, le crédit public!
Léonce. Comment!
Tisurce. Il me lance des petits carrés de papier . .. avec des images dans le coin...
Léonce. Du papier timbré ... onte poursuit ?
Tisurce. Ça m'en a l'air... je ne sais pas comment ces gredins-là ont appris que papa était à Paris. ..ils profitent de la circonstance . ..
LéoncE. Que vas-tu faire ?
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Tigurce. Je n’en sais rien . . . donne-moi un conseil ...
Léoxce. Tu n’as qu’un parti à prendre, c’est de tout avouer à ton père...
Tisurcr. Non!... cherche autre chose! ...
Léonce. A ta place, c'est ce que je ferais . . .
Tisurce. Oui! mais ton père et le mien... ça fait deux ... Ton père, c’est un brave homme .. . c’est une caisse qui s'ouvre de temps en temps . .. comme toutes les caisses... Tandis que le mien, c’est une tire-lire en fonte... et sans porte . .. Pour l'ouvrir, il faut la casser.
Léowce. Mais non! tu te trompes . . . mon oncle François a l'écorce un peu rugueuse . .. mais c’est un excellent homme ... il taime au fond ...
Tisurce. Oui... bien au fond...
Léonce. D'ailleurs tu n’as pas d'autre moyen ...
Tisurce. C’est vrai...allons! si je peux trouver un biais heureux ... Dis done, tu ne te chargerais pas de lu communication ?
Léonce. Oh! non...ces choses-là se traitent de père à fils... D'ailleurs, il faut que je sorte . ..
FRANÇoIs (en dehors). Joseph, de l’eau chaude !
Tisurce. C'est lui!
Léonce. Allons! je te laisse, bonne chance. (77 sort par la droite, 2° plun.)
Trieurce. Il file, le capon!