SCÈNE III
TrBuRcE, FRANÇOIS, puis JOSEPH
François (entrant par la gauche, 2° plan ; il est en robe de chambre appelant). Joseph !... de l’eau chaude . . . (Apercewant Tiburce) Tiens! c’est toi... qu'est-ce que tu viens faire ici?
Tisurce. Je me suis levé de bonne heure . . . et alors, je me suis dit : je vais aller embrasser papa ...
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François. Et c’est pour ça que tu viens du Panthéon?
Tisurce. Oui...àpied!...
François. Tiburce, je ne t'en remercie pas moins . .. mais je n'aime pas qu’on perde son temps pour des bêtises pareilles . ..
Tisurce (à part). Hein! est-il aimable! (/Zaut.) J'oubliais de vous dire que j'ai un élève dans le quartier.
François. Ah! situes venu pour affaires... cest différent Embrasse-moi. (/ls s'embrassent.) J'ai passé hier une soirée charmante . . . j'ai donné une leçon à ton oncle . . . il est resté aplati !
Tiurce (s'eforçant de rire). Ah! ah! très joli... très joli...
FRanÇois. De quoi ris-tu !
Tisurce. De votre mot... aplati. . . c’est très spirituel !
François (sèchement). Je n’aime pas les courtisans . .
TiBurcE (à part, cessant d- -’ +). Mal disposé . .
François. Qu'est-ce que : que cet élève que tu vas voir ?
Tigurce. Oh! mon Dieu! ... c’est un élève. (A nart,
frappé d'une idée.) Tiens . . . si je pouvais... (//aut.) C'est plutôt un client qui m’a fait prier de passer pour me demander une consultation . ..
François. Payée!
Tigurcr. Parbleu!... voici l'affaire...
François. Combien ?
Tisurce. Vingt-cinq francs.
Fraxçois. C’est gentil...
Tisurcr. Voici l'affaire... mon client est un fils de famille ... un jeune homme charmant . . . doux . . . honnête . .. qui aime bien son père! ... oh! il aime bien son père ... mais il & eu le malheur de faire des dettes...
François. Des dettes . ..
Zisurce. Oh! pas beaucoup . . . douze mille francs . ..
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FRANÇoIs. (4vec véhémence.) Tu diras de ma part à ton client que c’est un polisson . ..
Tisurce. Permettez, il a pour excuse .. .
FRANÇOIS. Il n’y a pas d’excuses . . . un jeune homme quia un père . .. qui appartient à une famille respectable . . . et qui se vautre dans la fange de l'emprunt . . . ne peut être qu’un polisson !
Tisurce. Mais...
FRanÇoIs (avec colère). Voyons ! est-ce ton avis, oui ou non?
Tisurce. Ouil... c’est un... polisson!
François. Ah!
TiBuRCE (à part). Décidément je ne lui parlerai pas de la chose aujourd'hui.
François. Si un pareil malheur t'arrivait!...
Tisurce. Eh bien!
FuanÇois. Mais je suis tranquille... tu es rangé ...tu es travailleur . . . tu fais ds économies !
Tisurce. Oh! des é:cne nies!... de petites économies.
François. Puisque tu achètes des meubles . .. j'irai les voir aujourd’hui!
Tisurce, A quelle heure?
François. A l'heure de ton déjeuner...
Tisurcz. Ah!
FRanÇois. J'accepte . .. mais pas de folies! ...
TiBurce. Soyez tranquille . .. (A part.) Il ain.» le chablis et les pieds de mouton... je vais lui en donner...ca le disnosera bien.
François. Je fais ma barbe et je suis chez toi dans une demi-heure.
Tisurce. Adieu, papa...(A part.) Je lui établirai mon bilan au dessert. (Z/ sort par le fond. Joseph entre avec une bouillotte d’eau chaude.)
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François. Bon petit enfant ! je l'aime bien... mais je ne le lui dis pas! Ah! Joseph!
Josern. Voilà, monsieur . ..
Fraxçois. Je déjeune en ville... vous le direz...
Josxpn. Bien, monsieur. (Joseph précède François, qui entre dans la chambre de gauche, 2 plun.)
SCÈNE IV BLANDINET, puis FRANÇOIS, puis Josepn La scène reste sn moment vide
BLANDINET (sort de sa chambre, à droite, 1° plan et entre à pas lents). Je suis triste . . . j'ai mal dormi . .. nous arrivons rue du Contrat-Social, 15 bis . . . vilaine rue . .. vilaine maison
.. vilaine allée . . . j'étais ému. .. “ L'infortuné Simonet?” dis-je au concierge avec attendrissement . .. “ Au cinquième, la porte à gauche!” ... ça m'étonne, la lettre disait ; “au septième, l’échelle à droite” . . . n'importe ! ... nous montons . .. la clef était sur la porte... je la tourne sans bruit .. . avec la discrétion de la charité qui pénètre chez la misère ... nous entrons et nous trouvons... qui}... mon ancien cocher . .. Williams ! celui que ma femme . . . (se reprenant) celui que j'ai chassé si rudement ! il était attablé avec un groom anglais et six bouteilles vides ... pas le moindre père aveugle . . . J'avoue que ça m'a un peu cassé les bras... il y a des gens qui vous corrigeraient du plaisir de faire le bien! Mon frère François triomphait, il rayonnait . . . mais qu'est-ce que cela prouve ?... que je suis tombé sur un coquin... Il y a des oiseaux qui donnent des coups de bec...ce n’est pas une raison pour abandonner les autres . ..
FRaxsois. (entrant, il est habillé). Eh bien! monsieur le philanthrope !
BLANDINET. Quoi!
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FRANÇOIS (riant). Au septième . . . l'échelle à droite . .….
BLaxpiner. Je te prie de me laisser tranquille . .. j'ai payé le dîner... tu n'as rien à dire...
François. Il était très bon !
BLANDINET. Je crois bien, quarante-sept francs cinquante centimes ; voici la carte. (1! la tire de son gilet.) Potage à la reine, deux francs ; crevettes, trois francs.
François. Comment, crevettes... je n'ai pas mangé de crevettes! ..,
BLANDINET. Ah! tu crois... moi non plus...
FRanÇois. On ne nous en a pas même servi... Ah! ils vont bien les restaurateurs ! ...
BLanxpiNer., Comment! tu vas supposer ...1Il y a un monsieur à côté de nous qui en a mangé... c’est une erreur, voilà tout !
Fraxçois. C’est possible! mais à ta place, avant de payer je vérilierais les additions, (Hontrant le sucrier et le carafon d'eau-de-vie qui sont sur le buffet.) Et de plus, je serrerais mon sucre et mon eau-de-vie . . , ces choses-là s’évaporent facilement,
BLANDINET. Allons, il va soupçonner Joseph maintenant, un brave garçon qui est chez moi depuis dix ans...
François. Mon ami, jo suis du côté de ceux qu’on n’attrape pas . .. Adieu, je déjeune chez mon fils. (ZL sort.)
BLANDINET (seul). Joseph! ... un garçon sûr... auquel je confierais . . . (7 s’est approché machinalement du sucrier et en compte les morceaux.) 4, 6,7, 8...et un petit... je mange le petit. ..ça m'embrouillerait . . (I! le croque.) T/eau-devie, maintenant . . . (Prenant le carafon.) Ce n'est pas par méfiance . . . C’est pour confondre mon frère !... Comment marquer ?... Ah! avec mon mouchoir, (Mesurant.) Vraiment j'en suis honteux. Ca vient jusque-là... Je vais faire un nœud . .. (71 fait un nœud à son mouchoir. Entre Mizabran avec une paire de bottes.)
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