‹ Les petits oiseaux [microforme]Chapitre 45 sur 68 · RATS STE · texte numérisé non relu

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BLANDINET. Quoi!

AUBERTIN. Mon navire .../a Belle-Irma . .. il est au Havre !

BLANDINET. Ah! bah!

AUBERTIN, Entré ce matin! je viens d'en recevoir la nouvelle! une cargaison magnifique! . . . une fortune! mais embrasse-moi donc !

BLANDINET. Avec plaisir! (/{s s’embrassent. À part.) Sapristi ! et ma lettre !

AUBERTIN. Je viens t’annoncer cette bonne nouvelle et te dire que je n’ai plus besoin ae tes cinquante mille francs !

BLANDINET (à part). Si je l'avais su!

AUBERTIN. Mais vois-tu, Blandinet . .. non, Edmond ! (its se serrent lu main) mon vieil Edmond !

BLANDINET (géné). Gustave ! mon vieux Gustave !

AUBERTIN. Les revers de fortune nous éprouvent quelquefois bien cruellement . . . mais ils ont un bon côté . .. c’est de nous faire connaître nos vrais amis ... (1L tient su lettre de la main droite qu’il pose sur l'épaule droite de Blandinet.)

BLANDINET (étendant la main). Oui... ma lettre!

AUBERTIN (retire sa main et la pose sur l'autre épaule). Aussi, jamais . . . jamais, entends-tu, je n’oublierai ce que tu as fait pour moi!

BLANDINET (méme jeu). Ne parlons pas de ça !

AUBERTIN. Et nos enfants! nos chers enfants! vont-ils être heureux! Hier, Léonce m’a demandé la main de ma fille...

BLANDINET, Oui... je sais...

AUBERTIN. Mais tu comprends que dans la position où je me trouvais . . . mon navire perdu . . . j'étais ruiné ! je n'ai pu lui répondre qu'une chose: Attends, mon ami... fais comme moi . .. espère !

BLanDiner, Comment

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AuserTix. En bonne conscience, je ne pouvais pas donner à ton fils une fille sans dot.

BLANDINET (lui serrant la main). Ah! Gustave!

AugerTiN. Mais aujourd'hui...je suis riche... plus riche que toi peut-être, et j'ai l'honneur, monsieur, de vous demander la main de votre fils . ..

BLanDineT. Trop heureux . . . certainement ! (Haut, s'oubliant.) Ma lettre . . . si je pouvais . . . (Z/ veut la prendre.)

AUBFRTIN. Qu’as-tu donc? Ah! ta lettre !

BLANDINET (s'efforçant de sourire). Elle est inutile! rendsla-moi !

AUBERTIN. Du tout... je veux savoir ce que tu m'écrivais ...

Brannixer. Non!

AUBERTIN (ouvrant la lettre). Ah! mon Dieu!

BLanDiNet (à part). Ga y est! que lui dire? (Joseph entre du fond, s'arrête aux premiers mots d'Aubertin et écoute la scène.)

AUBERTIN. “Une catastrophe imprévue !” ah ! mon pauvre ami! Ce qu’on dit est donc vrai? je n’osais pas t'en parler!

BLANDINET. Quoi donc?

AuBEerTIN. Tes banquiers . . . Messieurs Turneps et compagnie . ,.

BLanpineT. Eh bien?

AUBERTIN. Ils sont en fuite!

BLanpiver. Ah! mon Dieu! que dis-tu là ?

AUBERTIN. Est-ce que tu ne le savais pas?

BLanniNer. Non!

AUBERTIN (montrant la lettre), Mais alors...

BLANDINET (vite). Si! si! la catastrophe ! mais où sont-ils ?

AUBERTIN. On n’en sait rien encore !

BLanDiner. Mais j'ai trois cent mille francs chez eux ! je suis ruiné |

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