SCENE PREMIERE LÉON, CLARICE
Léon entre par le milieu ; Clarice, par «ne porte à gauche,
LÉON
Ahl
CLARICE
Ah!
LÉON
Bonjour, Clarice.
CLARICE
Bonjour, Léon. Tu arrives juste au moment où j'allais penser à toi.
Ta pensée est en retard, cousine, ou la mienne avance : elle était ici dès le lever du soleil... mais triste, désolée.
CLARICE
Pourquoi?
LÉON
Hélas! cette visite est l'avant-dernière; demain, je viendrai prendre congé de toi et de grandmaman ; il laut retourner au collège; ainsi nous voilà séparés pour un an.
CLARICE
Oh! la vilaine nouvelle! Moi, j'ai encore quinze grands jours avant de retourner au pensionnat; mais sans loi que vais-je devenir?
LÉON
Ah! je ne sais pas lequel de nous deux est le plus à plaindre, et je ne comprends rien à ce qui se passe en moi : les années précédentes, je te quittais comme tout le monde, avec regret, mais sans chagrin, sans émotion.
CLARICE
Ah! dame! les années précédentes, je n'étais qu'une petite fille, une enfant qui pleurais pour une poupée et que l'on consolait avec des confitures... Aujourd'hui, j'ai seize ans, seize ans passés, seize ans et un jour!... donc, je suis une demoiselle.
LÉON
Oui, mais je connais d'autres demoiselles, grandes comme toi, jolies... pi'esque autant que toi : eh bien! je sens que je les oublierai vite... Mais Clarice! ma chère petite Clarice!... il est vrai que nous sommes parents.
Ce n'est pas cela.
LÉON
Qu'est-ce donc? Pourquoi cette différence?
CLARICE, riant.
Quoi! tu ne le devines pas? toi, un grand garçon de dixsept ans!... tu es amoureux?
LÉON, très-étonné.
Amoureux 1