‹ Les Petits Poèmes grecsChapitre 103 sur 395 · HYMNE XVIII · texte numérisé non relu

HYMNE XVIII

A Pan.

Muse, célèbre le fils chéri de Mercure, Pan aux pieds de chèvre* au front armé de deux cornes, aux sons rctentissans, et qui, sous la fraîcheur du bocage^ se mêle aux chœurs des Nymphes : celles-ci, franchissant les hautes montagnes, adressent leurs prières à Pan, dieu champêtre à la chevelure superbe mais négligée* Il reçut en partage les monts couverts de meigeset les sentiers rocailleux; il marche de tous cotés à travers les épaisses broussailles -, tantôt il gravit les roches escarpées, et de leurs cimes élancées il se platt a contempler les troupeaux. Souvent il s'élance sur les montagnes couronnées de blanches vapeurs; souvent, dans les vallons, il poursuit et immole les bêles sauvages qui ne peuvent se dérober à ses regards perçans; d'autres fois, lorsque la nuit approche, seul, revenant de la chasse, il soupire sur ses chalumeaux un air mélodieux. L'oiseau qui sous la feuillèedu printemps fleuri, répèle d'une voix plaintive sa douce chanson ne l'emporte point sur cette divinité.

Alors se réunissent avec lui à pas pressés, auprès d'une fontaine profonde, les Nymphes des montagnes , à la voix éclatante. Echo fait résonner le sommet des monts ; le dieu se mêle au hasard au chœur des danses, et sans les rompre les pénètre d'un pas léger; ses épaules sont couvertes d'une peau de lynx, son âme est réjouie par les accens mélodieux. Elles dansent ainsi dans une molle prairie où l'herbe touffue est embaumée du safran et de l'odorante hyacinthe. Dans leurs hymnes les Nymphes célèbrent elles dieux fortunés et le vaste Olympe, mais elles chantent surtout le bienveillant Mercure, rapide messager des dieux.

C'est lui qui vint dans l'Arcadie, source d'abondantes fontaines et féconde en troupeaux :

la s'élève le champ sacré de Cyllènc ; en ces lieux, lui, dieu puissant, garda les blanches brebis d'un simple mortel, car il avait conçu le plus vif désir de s'unir à une belle nymphe, fille de Dryops. Leur doux hymen enfin s'accomplit : celte jeune nymphe donna le jour au fils de Mercure , enfant étrange à voir, enfant aux pieds de chèvre, au front armé de deux cornes, aux sons retentissans, au sourire aimable. A celte vue la nourrice abandonne l'enfant et prend aussitôt la fuite ; ce regard horrible et celle barbe épaisse l'épouvantèrent : mais le bienveillant Mercure le recevant aussitôt le prend dans ses mains, et son âme en ressentit une grande joie. 11 arrive ainsi au séjour des immortels en cachant soigneusement son fils dans la peau velue d'un lièvre de montagne : se plaçant devant Jupiter cl les autres divinités il leur montre le jeune enfant. Tous les immortels se réjouissent à celte vue, surtout Bacchus. Ils le nommèrent Pan, car pour tous il fut un sujet de joie.

Salut, ô roi, je vous implore en ces vers; je me souviendrai toujours de vous, et je vais dire un autre chant.

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