‹ Les Petits Poèmes grecsChapitre 115 sur 395 · EN REVENANT DANS LA VILLE DE CYME · texte numérisé non relu

EN REVENANT DANS LA VILLE DE CYME

Que mes pieds me reportent avec rapidité dans cette ville où demeurent des hommes vénérables : leur ftmc est remplie de sagesse et de bienveillance.

ÉPITAPIIR DE MIDAS.

Je suis une vierge d'airain placée sur le tombeau de Midas. Tant que les eaux suivront leur pente, que les arbres élevés porteront des fleurs, que le soleil en se levant brillera dans les cieux ainsi que la lune éclatante , tant que les fleuves couleront à pleins bords et que la mer baignera ces rivages, je resterai sur cette triste tombe pour annoncer aux passans que Midas repose en ces lieux.

CONTRE LES IIABITANS DR CYME.

A quelle terrible destinée le puissant Jupiter a-t-il permis que je fusse en proie ! moi dont l'enfance fut nourrie sur le sein d'une mère chérie. Par la volonté do dieu de l'égide, les peuples de Phriconis l'entourèrent de murs. Habiles guerriers, habiles à dompter les coursiers, brûlant d'une ardeur martiale, ils habitent dans le sein de l'éolienne Smyrne , voisine de la mer, battue par les vagues, et que traversent les ondes limpides du divin Mêlés. C'est de là que vinrent les filles de Jupiter , vierges aimables qui m'inspirèrent de célébrer la terre divine et la ville des Héros ; mais ces hommes ignorans dédaignèrent ma voix sacrée et mes chants illustres. Qu'ils souffrent le malheur à leur tour, ceux dont la méchanceté a médité ma perte. Moi cependant je me résignerai à cette destinée qu'un dieu me réserva lors de ma naissance, et je la supporterai avec une âme patiente ; mes pieds ne me porteront plus dans les vastes rues de Cyme ; tout mon désir est de

me rendre chez un peuple étranger, quelque obscur qu'il soit.

Page 1