‹ Les Petits Poèmes grecsChapitre 146 sur 395 · QUES · texte numérisé non relu

QUES

el l'opulence , doux préseos des dieux , leur fil éprouver en d'autres temps de cruels revers.

Un fils, poussé par le Destin , rencontre el lue Laïus, el, parricide involontaire, accomplit l'antique el fatal oracle d'Apollon. Mais Twil pcrçanl d'Érynnis l'a vu ; elle arme ses deux fils du glaive de la vengeance, et leurs mains fratricides se lavent dans leur propre sang!!!

Polynice laissa un fils, Tbersandre (11), également habile dans les exercices de la jeunesse et dans les périlleux travaux de Bellone. Ce rejeton s'allia au noble sang des Adraslides, el de lui naquirent tes ancêtres , 6 Théron ! C'est toi , digne fils d'OEnésidame, que célèbrent maintenant el ma lyre et mes vers.

Olympie le décerne aujourd'hui les palmes éléennes, et naguère lu (12; partageas encore la gloire dont ton frère se couvrit à l'Ithsme el à Delphes, où son char victorieux parcourut douze fois la carrière.

Heureux celui dont la victoire a couronné les efforts! 11 ne sera jamais exposé aux souci» rongeurs. I /opulente embellie par la vertu le rendra capable de tout entreprendre, créera en lui celle réflexion profonde (13), astre divin, guide lumineux de l'homme dans les sentiers et la recherche de la vérité.

Eclairé par cet esprit investigateur, il saura les secrets de l'avenir, les cbàtimcns qui attendent les crimes commis sur la terre et la sentence que prononce au fond des enfers un juge inexorable.

Un soleil toujours pur éclaire nuit et jour la paisible demeure de» justes. Là ils coulent des momens heureux : leurs bras ne fatiguent point les flols, leurs mains n'y déchirent point la terre pour en arracher la pauvre nourriture des mortels.

Près des amis des dieux vivent en paix ceux qui crurent à la sainteté du serment : jamais les larmes n'allèrent leur bonheur, tandis que les parjures sont consumés par d'horribles supplices.

El vous dont les âmes (M) habitèrent successivement trois fois le séjour de la lumière el trois fois celui des enfers sans jamais connaître l'injustice , bientôt vous aurez parcouru la route que traça Jupiter , bientôt vous parvien-

PLXDARE.

drez au royaume de Saturne, dans ces lies fortunées (15) que les zépbirs de l'océan rafraîchissent de leur douce haleine : là des bosquets odorans ombragent le cours des ruisseaux et les prairies sont émaillées de mille fleurs d'or dont tressent des couronnes les habitons de ces demeures pour orner et leur sein et leur front.

Ainsi, dans sa justice, Ta voulu Rhadamanlhe, qui siège à la droite de ré|*>ux de Rhée, puissante déesse dont le trône domine celui des autres immortels.

C'est dan» ces lieux qu'habitent et Cadmus et Pelée ; c'est la qu'admis par les prières de sa mère, habite aussi l'invincible Achille, dont le bras immola Hector, ce rempart inexpugnable de Troie, et terrassa Cycnus et l'Éthiopien flls de l'Aurore.

Combien mon carquois ne renferme-l-il pas encore de ces traits qui ne partent que de la main du génie et qui sont trop pesans pour le vulgaire !

Celui-là seul est vraiment sage que la nature a instruit par ses (16) leçons ; ceux qu'une étude pénible a formés se perdent en de vaines paroles, semblables aux corbeaux (17) qui, de leurs bruyantes clameurs, ne sauraient intimider l'oiseau sacré de Jupiter.

Mais, ô ma Muse, ranime tes efforts! tends de nouveau ton arc vers le but. Et quel but proposer à tes traits victorieux? Dirige-les vers Agrigente

Que les accens de la vérité sortent de ma bouche, et qu'ils soient confirmés par un serment solennel ! Jamais, depuis cent ans, aucune cité n'a vu naître un mortel d'un cœur plus généreux, un roi plus libéral que Théron.

En vain l'envie voudrait ternir sa gloire , en vain l'injustice anime contre lui ceux qu'il a (18) combles de ses faveurs : elles ne parviendront jamais à voiler aux hommes vertueux l'éclat de tant de belles actions. Qui pourrait en effet compter ses bienfaits ? Leur nombre surpasse (19) celui de» sables de la mer.

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