‹ Les Petits Poèmes grecsChapitre 166 sur 395 · ISTHMIQUES · texte numérisé non relu

ISTHMIQUES

cette déesse prétendaient l avoir pour épouse/ mais l'immortelle sagesse des dieux ne permit pas une telle unions/Les oracles furent entendus, etThémis,au milieu du conseil céleste , fit entendre ces paroles :

« Il est écrit dans les deslins que de la belle déesse de la mer doit naître un roi plus puissant que son père. Ainsi les traits que lancera le bras nerveux de ce fils seraient plus redoutables que la foudre , plus formidables que le trident//si jamais elle s'unissait a Jupiter ou au frère de ce dieu puissant/B énoncez donc à vos rivalités, et que Thétis Jen partageant sa couche avec un mortel y voie son fils , semblable à Mars par la force de son bras et à l'éclair par la vitesse de ses pieds, périr dans les combats. C'est à moi de prononcer dans cet hymen fixé par le Destin : l'honneur de cette alliance est réservé au vertueux fils d'Éaque , & Pélée , que nourrirent , dit-on , les champs d'Iolcos. Que cette nouvelle soit à l'instant portée vers l'antre sacré de Chiron; que la fille de Nérée ne soit plus pour nous un sujet de discorde, et qu'aussitôt que Phébé montrera aux ^mortels son disque éclatant de lumière, elle accorde au héros^e* prémices de sa virginité^ »

Ainsi parla Thémis. Les deux fils de Saturne applaudirent à ses paroles par un mouvement de leurs sourcils immortel». A l'instant s'accomplit la volonté du Destin, et le roi des cieux lui-même prit soin, dit-on, de mettre le sceau à l'hymen de Thétis. Bientôt la bouche des sages fit connaître au loin la vertu du jeune

Achille et publia partout ses exploits. Les champs fertiles de la Mysie arrosés du sang de Télèphc, le retour des Alrides en Grèce, la délivrance d'Hélène, les phalanges troyennes taillées en pièces dans tant de combats meurtriers, le robuste Memnon, Hector et tant d'autres guerriers précipités aux sombres bords, tels sont les hauts faits par lesquels Achille a immortalise la maison des Éacides et couvert de gloire Egine sa patrie. Les chants des poètes le suivirent au delà du trépas ; les vierges de l'Hélicon vinrent pleurer sur sa tombe (4) et honorer ses cendres de leurs gémissemens. Ainsi il plut aux dieux que le plus grand des héros fut encore après sa mort célébré dans les hymnes de ces déesses.

Porté maintenant sur le char des Muses Jusqu'au tombeau deNicoclès, je m'empresse d'honorer sa mémoire et de chanter la couronne de

PINDARi:.

Sélinum , qu'à l'isthme les Doriens lui décernèrent ; elle Tut la noble récompense de ses victoires sur les athlètes voisins qui cédèrent à la

et Iressez-lui une brillante couronne de myrte pour ceindre sa tète ! Ainsi vous le reçûtes autrefois quand il revint victorieux des luttes

violence de ses coups inévitables. Oncle pater- d'Epidaurc, instituées en l'honneur d'Alca-

ncl du vainqueur que je chante, Nicoclès compte donc en ce jour un descendant digne de lui.

0 vous, jeunes compagnons de Cléandre!

chantez la victoire qu'il a remportée au pancrace

thoûs (5). 11 est bien digne des éloges de ses concitoyens l'athlète que l'on vil , toujours loin d'une obscure oisiveté , signaler sa jeunesse par Jes actions d'éclat qui forment les héros.

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