SUR UNE HIRONDELLE
Quelle punition veux-tu que je t'inflige, babillarde hirondelle ? Veux-tu que je te coupe tes ailes rapides? ou bien faut-il , comme le fit Térée, que je t'arrache la langue ? Pourquoi ton babil matinal m'a-t-il enlevé mon doux songe et Ralhylle ?
SUR LUI-MÊME
On dit qu'Alys, mugissant sur les montagnes,
ODES
appelait la belle Cybèle avec de» accens plein» de délire -, d'autres , après avoir bu sur les bords de Clara» Tonde prophétique de Phébus, dont le front est couronné de lauriers, sont saisis d'une rage frénétique. Moi aussi, enivré de Bacchus, enivré de parfums et de ma belle maîtresse, je veux avoir mes fureurs.
SUR L'AMOUR
Je veux , je veux aimer. Amour me donnait ce conseil ; mai» moi insensé je ne sus pas le suivre. Soudain ce dieu, saisissant son arc et son carquois doré , me provoque au combat ; moi, comme autrefois Achille , armé d'une cuirasse, d'une lance et d'un bouclier, je défie l'Amour. Il me lance un dard, je l'évite. Lorsque ses flèches sont épuisées, le petit dieu irrité se lance lui-même comme un trait -, il pénètre au milieu de mon cœur et m'Oie toutes mes forces. A quoi me sert un bouclier , à quoi me sert de combattre au dehors quand le combat est au dedans?