SUR UN AMOUR EN CIRE
Un jeune homme vendait un amour en cire ; je m'approche : « Combien veux-tu, lui dis-je, me vendre cet ouvrage de ta main ?» Il me répond en langage dorique : « Prends-le pour ce que lu voudras , car, je vais te l'avouer , je ne suis pas un ouvrier en cire , mais je ne veux pas habiter avec l'Amour, cet hôte insatiable.
— Donne -moi donc , donne- le- moi pour une drachme ce charmant compagnon de lit. Et loi , Amour, embrase-moi bien vite, sinon je te ferai fondre dans la flamme. »
SUR LUI-MÊME
Les femmes disent : « Anacréon, lu es vieux; prends un miroir et regarde : tu n'as plus de cheveux, ton front est chauve. »
Pour moi, si mes cheveux me restent encore ou sont tombé*, je l'ignore ; ce que je sais bien, c'est qu'il sied d'autant mieux à un vieillard de jouer avec les amours et les ris qu'il est plus près de la tombe.