‹ Les Petits Poèmes grecsChapitre 180 sur 395 · SUR LE JEUNE BATHYLLR · texte numérisé non relu

SUR LE JEUNE BATHYLLR

Peins-moi mon cher Balhylle comme je vais te le décrire. Que ses cheveux brillans soient noirs à l'intérieur, dorés vers les extrémités : sans lienset sans ordre, que leurs boucles flottent librement; que son sourcil plus brun qu'un serpent se dessine sur un front jeune et frais comme la rosée; que son œil soit fier et tendre à la fois, ayant quelque chose de Mars , quelque chose de la belle Cythéréc, et vous laissant suspendu entre la crainte et l'espérance ; donne à ses joues de rose le velouté de la pêche et répands sur elles, autant que tu le peux, l'incarnat de la pudeur; pour la lèvre, je ne sais comment tu pourras la rendre délicate et pleine de persuasion ; enfin que la cire soit éloquente dans son silence.

Voilà son visage. Que son cou d'ivoire soit blanc comme celui d'Adonis! qu'il ail la poitrine et les mains de Mercure, les cuisses de Pollux et le ventre de Bacchus ; au-dessus de sa cuisse délicate, de sa cuisse brûlante, peinsnous sa naïve puberté appelant déjà la reine de Paphos.

Mais ton art jaloux nous dissimule le contours de son dos; cependant il est parfait! Que te dire de ses pieds? Prends donc le prix que tu voudras, cl de cet Apollon fais Balhylle; si jamais tu vas à Samos, de Balhylle tu feras Apollon.

SUR L'AMOUR

Un jour les Muses ayanl enchaîné l'Amour avec des liens de fleurs le livrèrent à la Beauté. Cythéréc le cherche , apportant une rançon pour délivrer l'aimable captif : il aurait sa liberté'qu'il ne s'en irait pas; il reste, car il a appris à aimer sa servitude.

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