VIE DE SOLON
Solon naquit l'an 692 a vaut J .-C. , dans le bourg de Salamine. Il descendait de Codrus ; sa mèreétail aïeule de Platon, et des relations de famille existaient entre Pisistrate et elle. Son père avait perdu sa fortune dans des actes de bienfaisance ; Solon voulant la rétablir, embrassa la carrière du commerce. Il entreprit de longs voyages , et à l'aide d'une observation attentive , éclairée par une grande instruction , il acquit des connaissances variées et certaines. Il étudia surtout la science des gouvernement ; il se fit ainsi philosophe et homme politique. Il établit des relations intimes avec des hommes sages et vertueux, dépouillés d'ambil ion personnelle et animés de l'amour du bien public , de l'intention d'améliorer les formes du gouvernement cl de diriger les passions humaines a un but honorable. Celle assemblée grave , aréopage inlelligeut d'une civilisation lalwrieusement acquise, était composée de Thalès, Piltacus de Mitylène, Nias de Pryène, Cléobule de Lindus, M y son de Cbio, Chilon de Lirédémone et le Scythe Anacharsis.
Le caractère de Solon était tout entier dominé par l'utilité : en toutes choses il voulait l'utile. C'est ainsi que le passé nous la montra toujours préoccupé du bien-être physique et moral de ceux qui l'environnent. Poète, il ne se laissa pas emporter aux rêveries idéales, aux senlimens passionnés, aux exaltations ardentes de la pensée ; il ne se sert des formes attrayantes de la poésie que |K>ur présenter les maximes les plus morales el les plus instructives. Philosophe, il ne s'égarait point dans les vaines spéculations de la métaphysique ; il cherchait surtout à saisir les devoirs de l'homme, à les comprendre, à les résumer en un code. A l'aide de la science des faits et de la science des hommes, il comprit et exprima en vers une partie des lois naturelles. Il les renferma dans le cadre étroit des vers , parce qu'il élait plus feeile de les graver ainsi dans la mémoire du peuple. Il fil comme Théognis de Mégare, Phoi ylide de Milel et Pylbagorc. Non conlent de travailler au bien public par des théories sapes et verincuses, il entra dans la vie réelle;
il accepta des fonctions publiques et s'en acquitta avec une grande conscience, avec l'amour de ses devoirs. Quelque facilité que pût lui fournir sa position supérieure pour aspirer au pouvoir suprême , il dédaigna toutes les suggestions qui lui fuient faites dans ce sens. Nommé archonte, l'an 569 avant notre ère, il refusa le pouvoir souverain qui lui fut offert , comme seul moyen de terminer les discussions sans nombre qui partageaient les Athéniens : « Non, dit-il , je ne me ferai jamais le tyran de mes égaux. — Devenez, lui disait-on , devenez leur mailre pour leur propre bien. Piltacus el Timondas sont devenus rois, l'un à Mitylène, l'autre en Eubée, et les deux Iles sont florissautes sous le sceptre paternel de ces deux princes. — Je souhaite que cela dure , reprit Solon ; la royauté est comme une roule d'un abord facile , d'un trajet pénible et d'une issue dangereuse. « Il ne voulut pas sauver sa patrie par ce moyen extrême; il comprit que la royauté énerverait le caractère national des Athéniens, tandis qu'il faudrait au contraire le retremper par des institutions fortes el modérées.
Il commença par abroger les lois de Dracon , cet impitoyable législateur qui avait méconnu le cœur de l'homme. Il n'en conserva qu'une seule, relative aux meurtriers. Il promulgua ensuite un code de lois douces et justes , et qui se trouvaient plus en harmonie avec le caractère des Athéniens. Il établit d'abord la sainteté de la famille en consacrant le mariage; mais il ne lui fut pas possible de décréter son inviolabilité. I.c christianisme seul pouvait arriver à ce résultat en relevant les femmes de leur assujettissement, en sanctifiant l'union qui commence ici -bas el se termine la-haut. Solon voulant mettre une digue aux mauvaises mœurs fut cependant forcé de subir les habitudes de son époque : il permit le divorce , mais sous des conditions rigoureuses.
Il environna les juges el les prêtres d'une plus haulc considérai ion, en leur imposant des defoirs plus sévères.
- Qu'il *oil chassé de> tribunaux , de l'assemblée