‹ Les Petits Poèmes grecsChapitre 327 sur 395 · VES · texte numérisé non relu

VES

fuient mes saintes prières ; mais ces ministres bienfaisans du Père céleste, qui habitent les profondeurs et les extrémités du monde, qu'ils entendent avec bienveillance ces hymnes adressés au Père et qu'ils daignent lui porter mes supplications.

Unité des unités, père des pères, principe des principes , source des sources , racine des racines, bien des biens, astre des astres, monde des mondes, idée des idées, beauté immense , semence mystérieuse , père des siècles, père des mondes intellectuels, que ne peut décrire la parole et duquel s'échappe un souffle parfumé qui, planant sur la masse du corps, vient y créer un autre monde!

C'est toi que je chante par ma voix, ô immortel ! toi que je chante par mon silence ; car, si tu entends le son de la voix, lu n'entends pas moins le silence de l'âme.

Je chante aussi le fils premier né , premier flambeau.

Fils glorieux d'un père ineffable , je te célèbre, ô immortel ! toi et ton père suprême.

Je chante cet enfantement sublime, cette sagesse féconde, ce principe médiateur, cet esprit saint, ce centre du père, ce centre du flls.

Tu es la mère, tu es la sœur, tu es la fille ; c'est toi qui as présidé à la naissance de cette racine mystérieuse.

Car, pour qu'il y eût communication du père au fils, la communication elle-même a trouvé un germe;

Elle s'est vue, elle troisième, Dieu de Dieu , et par celte sublime communication du père immortel , le fils a trouvé naissance.

Tu es unité , bien que trinité ; unité qui demeure , et trinité permanente ; mais cette division intellectuelle conserve encore indivisible ce qui est divisé.

Le flls demeure dans le père et ne laisse pas de gouverner au dehors tout ce qui esl du père, communiquant au monde cette félicité de vie puisée à la source où il la puise lui-même.

Verbe que je chante ainsi que le Père souverain , c'est l'ineffable pensée du Père qui te donne le jour, et tu es le Verbe conçu du Père.

Tu es le premier engendré de la première

SYNÊSILS.

racine ; lu es la racine de toutes les choses qui furent créées depuis la glorieuse naissance.

L'ineffable unilé, la semence universelle l'a semé , toi qui es aussi la semence de (oui ; car lu es en loules choses.

C'est par loi que la nature suprême, moyenne et inférieure, jouit des dons précieux de Dieu le pére , d'une vie féconde.

C'est pour toi que les sphères , qui ne connaissent pas la vieillesse, roulent dans leur mouvement infatigable.

C'est d'après (a direction que les sept astres sont emportés d'un mouvement contraire dans les rapides révolutions de leurs globes immenses.

C'est par ta volonté que des étoiles nombreuses décorent un seul monde, ô fils glorieux !

Parcourant les régions célestes, tu retiens indissoluble la course des siècles.

C'est d'après tes saintes lois , à immortel ! que , dans les hauteurs immenses des espaces aériens, se meuvent les chœur» des astres élincelans.

C'est loi qui , aux habilans des cieux , aux habilans de l'air, aux habilans de la lerre, aux habilans des enfers , assignes leur tache et distribues la vie.

C'est loi qui dispenses l'intelligence aux êtres divins et à ceux des êtres mortels qui ont été trempés de la rosée intellectuelle.

C'est loi qui donnes l'âme aux êlres dont la vie, dont la nature infatigable, dépendent de lame.

Les aveugles rejetons de l'àme sont suspendus à ta chaîne, et toutes les créatures qui sont dépourvues d'intelligence puisent dans ton sein la force qui les conserve, force que ta puissance leur communique du sein mystérieux du Père, la monade mystérieuse.

C'est de là que le ruisseau de vie s'échappe cl se répand, grâce à la puissance, jusque sur la lerre, à travers les mondes incompréhensibles des intelligences ;

C'est par là que le monde visible, image du monde intellectuel, recueille la source des biens qui descend d'en haul.

Ce monde a eu pour second soleil le père de-

là seconde lumière, soleil qui illumine les yeux, le dispensateur de la matière qui natt cl meurl, le fils, type sensible du soleil intellectuel , le distributeur des biens qui sont dans le monde-, loul cela par ta volonté, fils glorieux, ô Père! que l'on ne peut connaître, père ineffable , loi que l'esprit ne peut concevoir, que la parole ne peut exprimer. Tu es l'intelligence de l'intelligence, l'âme des àme»; lu es la nature des natures.

Voilà que, fléchissant le genou, moi ton serviteur, je me prosterne conlre terre et te supplie , les yeux privés de lumière.

Toi qui distribues la lumière intellectuelle, prends pitié , ô immortel! d'une âme suppliante ;

Chasse les maladies, chasse les soucis qui rongent le cœur ;

Ce monstre audacieux de l'enfer, démon de la terre éloigne-le de mon àme , de mes prié' res, de ma vie, de mes actions -,

Qu'il habite loin du corps , loin de l'esprit, loin de loul ce qui est à nous ;

Qu'il me laisse, qu'il me fuie, lui qui est la force des passions de la matière , qui mure la route des cieux , qui s'oppose aux efforts que l'on fait pour aller à Dieu.

Donne-moi pour compagnon , pour ami , ô roi! l'ange saint de la force sainte; l'ange qui inspire , doux et bienveillant, de célestes prières ; l'ange, gardien de l'àme, gardien de la vie, gardien des prières, gardien des actions ;

Afin qu'il préserve mon corps des maladies, mon esprit de toute souillure , et qu'il me fasse oublier les passions ;

Afin que , durant la vie que je mène ici-bas , les ailes de mon àme se fortifient par les louanges;

Afin que celle vie qui suit le trépas et qui succède aux chaînes terrestres , je la mène dégagée, autant que possible, de toute matière, dans tes palais , dans Ion sein , d'où s'échappe la source de l'àme.

Toi donc, ô immortel! tends-moi la main; rappelle vers toi, arrache à la matière, une àme suppliante.

IIYALNES.

Chantons le fils de l'épouse , de l'épouse qui n'a pas connu les liens d'un hyménée mortel ; les conseils ineffables du Père ont présidé à la naissance du Christ, et les lianes sacrés d'une Vierge ont cnfanlé, sous la forme d'un homme, celui qui est venu communiquer aux mortels la source de la véritable lumière.

Ta naissance ineffable , 6 Christ ! a devancé l'origine des siècles-, tu es la lumière primitive, le rayon qui brille avec le Père ; dissipant les ténèbres d'ici-bas, tu éclaires les Ames saintes ;

C'est toi qui as créé le monde , qui as arrondi les astres éclatans , qui as affermi le centre de la terre. Tu es le sauveur des hommes ; c'est pour toi que le soleil, source éternelle du jour, s'avance sur son char ; pour toi que la lune au front paré de cornes d'argent dissipe l'ombre des nuits; pour toi que mûrissent les fruits, pour loi que paissent les troupeaux ; c'est toi qui, de tes ineffables trésors, faisant jaillir une splendeur vivifiante, fécondes les contrées du monde. C'est de ton sein que sont sorties brillantes et la lumière, et l'intelligence et l'âme.

Prends pitié de ta fille , que retiennent captive des membres mortels et qui gémit dans l'espace borné de la vie. Préserve des atteintes de la maladie nos membres sains et vigoureux. Donne à nos discours la persuasion ; donne de la gloire A nos actions pour que nous brillions de l'ancien éclat de Cyrènc et de Sparte. Que mon âme, exempte de douleurs , coule des jours tranquilles , des jours fortunés et qu'elle ne cesse de contempler ta splendeur, afin que, dégagé de la matière, Je marche d'un pas ferme en ma roule sans regarder derrière moi, fuyant les soucis de ce monde pour aller me confondre dans la source de l'âme.

Donne à (on poète une vie ainsi exempte de souillures , à moi qui , faisant monter mes chants vers toi ; qui , célébrant ton origine , éternelle gloire du Père , et l'Esprit saint qui partage le même trône, entre la racine et le germe \ à moi qui, redisant la puissance du Père, charme les nobles pensées de mon âme par les hymnes que je l'adresse. Salul , ô source du Fils! salut, ô ressemblance du Père! salut, ô demeure du Fils ! salul , ô image du Père ! salul, ô puissance du Fils! salut, ô beauté du

Père ! salut, loi encore , Souffle pur, centre du Fils el du Père !

Cet Esprit, ô Fils! envoie-le-moi avec le Père, afin que, rafraîchissant les ailes de mon âme, il me comble de prèsens divins.

Vf.

Avec la source sacrée, féconde par ellemême, au-dessus des inefTablcs unités, couronnons des savantes fleurs de la poésie le Dieu, noble Fils du Dieu immortel, le Fils unique engendré du Père unique, le Fils que le mystérieux enfantement de la pensée du Père a produit de son sein ineffable, enfantement qui a fait briller les fruits cachés du Père, et, après les avoir manifestés au grand jour, s'est montré esprit médiateur. Quoique répandus au dehors, ces fruits restent néanmoins dans leur source. Sagesse de l'esprit du Père , splendeur de beauté, le Père, après l'avoir engendrée, l'a permis d'engendrer. Tu es la semence mystérieuse du Père, car le Père l'a fait le principe des mondes, afin que lu donnasses des formes â la matière d'après les types intellectuels. C'est toi qui diriges la voûte intelligente des cieux, toi qui diriges sans cesse les chœurs des astres. O roi ! lu conduis les légions des anges, tu domines sur les phalanges des démons. Tu régis la nature mortelle ; tu divises autour de la terre ton souffle indivisible, et tu rends à la source ce qui a été donné, affranchissant les mortels de la nécessité de mourir.

Écoute d'une oreille bienveillante les hymnes que je l'adresse ; accorde à ton poète une vie paisible-, calme les agitations incessantes de la pensée ; apaise les sombres tempêtes de la matière. Dissipe les maladies du corps et de l'âme ; assoupis l'impétuosité des funestes passions.

Éloigne de moi les incommodités de l'opulence et de la pauvreté ; donne â mes œuvres une renommée glorieuse; fais-moi chez les peuples un nom illustre. Donne-moi les grâces de la douce persuasion afin que mon esprit goûte en paix un heureux loisir et que , délivré des soucis terrestres, je m'abreuve â les sublimes sources des eaux fécondes de la science.

570 SYNJ

Le premier, j'ai trouvé des chanls pour loi, ô bienheureux cl immortel! noble fils d'une vierge , Jésus de Solymc, et j'ai fait répéter à ma lyre des accords nouveaux.

Sois-moi donc propice, 6 roi! et accueille l'harmonie de ces chants pieux.

Nous célébrons un Dieu immortel , le noble flls d'un Dieu, le fils du Pére créateur des siècles, le fils créateur du monde, la nature unie de l'homme et de Dieu, la sagesse sans bornes, celui qui est Dieu pour les habitons du ciel, celui qui est mortel pour les habilans de la terre.

Lorsque lu naquis d'un flanc mortel, la science des Mages fut étonnée à l'apparition de l'astre, ne sachant quel était cet enfant qui naissait , quel était ce Dieu caché : était-ce un dieu, un mortel ou un roi?

Sus donc, apportez des présens, la myrrhe précieuse, l'or et les vapeurs suaves de l'encens. Tu es Dieu, recois l'encens ; je t'offre de l'or comme à un roi ; la myrrhe parfumera ton sépulcre.

Tu as purifié la terre, et les flots de la mer, et les routes que parcourent les démons, et les champs liquides de l'éthcr, et les retraites sombres ; tu es descendu , Dieu secourable , chez les morts de l'enfer.

Sois-moi donc propice, ô roi! et accueille l'harmonie de ces chants pieux.

vm.

Aux accords doriens de ma lyre d'ivoire je mêlerai les accens variés de ma voix pour te célébrer, ô bienheureux immortel , noble fils d'une vierge !

Mais loi, préserve ma vie de tout mal, ô roi ! et rends-la inaccessible aux chagrins, la nuit comme le jour.

Fais jaillir dans mon cœur un rayon de la lumière intellectuelle ; donne à mon corps la force, aux actions de ma jeunesse la gloire ; prolonge mes années jusqu'à une douce vieillesse, et enrichis-moi de prudence et de santé.

Conserve, ô immortel ! le frère que naguère lu m'as ramené des portes du tombeau , et

dont le retour a mis fin à mes chagrins, à mon deuil, à mes larmes et aux angoisses dévorantes de mon Ame.

Tu l'as rendu à la vie, A Père ! touché de mes supplications.

Conserve ma sœur et mes deux enfans ; couvre de la main ma paisible demeure.

La compagne de ma couche nuptiale, ô roi ! mon épouse chérie, qui n'a qu'une même pensée avec moi et qui ne connut jamais de furlives amours, conserve-la exempte de maladie, d'infortune. Qu'elle garde le lil conjugal pur , sans tache , inaccessible aux désirs illégitimes.

Affranchis mon âme des entraves d'une vie terrestre-, délivre-la des douleurs et des maux cruels.

Donne-moi de célébrer dans mes hymnes, do concert avec les chœurs des justes, cl ta gloire, 6 Père ! et la puissance, 6 immortel !

Je l'adresserai encore des hymnes, je t'adresserai encore des chants; bientôt aussi, de rechef, j'accorderai ma lyre.

O noble, ô désirable, ô bienheureux flls de la vierge deSolyme! je te célèbre, loi qui as chassé des vastes jardins du Père le serpent terrestre, si fécond en ruses, le serpent qui donna au premier homme le fruit défendu, cause d'une fatale destinée.

C'est loi, noble vainqueur, ô fils delà vierge de Solymc ! toi que Je chante.

Tu es descendu sur la terre, tu as paru avec un corps mortel parmi les hommes qui vivent un jour.

Tu es descendu vers les sombres rives, aux lieux où la mort retenait enchaînés des milliers d'âmes. Alors l'antique souverain de l'enfer frissonna d'horreur, et le chien vorace s'éloigna du seuil.

Mais toi , lorsque tu eus arraché aux souffrances les âmes des justes, entouré de celte escorte radieuse , tu adressas des hymnes au Père.

C'est toi, noble vainqueur, ô flls de la vierge de Solymc! loi que je chante.

HYMNES

Lorsque tu remontais, ô roi! la foule innombrable des démons répandus dans les airs pâlit à (on aspect, et le chœur immortel des astres purs fut saisi d'élonnemcnl.

L'Élher, noble pére de l'harmonie, sourit alors , et , sur sa lyre à sept cordes , entonna des chants de triomphe.

On vil sourire aussi et l'étoile qui annonce le jour, et Téloile brillante du soir , astre de Cythérée.

En tête s'avançait la lune, souveraine des dieux de la nuit; son disque argenté s'embellissait tout entier d'une lumière éclatante.

Le soleil étendait sous tes pas ineffables sa vaste chevelure enflammée ; il reconnut le fils de Dieu, l'intelligence créatrice, source des feux dont il brillait lui-môme.

Toi, déployant les ailes, lu traversas les espaces du ciel azuré et tu t'arrêtas sur les sphères intelligentes et pures , où est la source des biens, le ciel enveloppé de silence.

Là ne se rencontrent ni le temps aux vastes profondeurs , aux pieds infatigables, emportant (oui ce qui est né de la terre, ni les douleurs importunes de la matière.

Mais on y trouve le temps antique, exempt de vieillesse, jeune et vieux à la fois el qui donne aux dieux une éternelle demeure.

Souviens-loi, ô Christ! fils du Dieu souverain, souviens-toi de ton serviteur, pécheur malheureux qui a écrit ces choses , et délivremoi de ces passions funestes qui s'attachent à mon ûme chargée de souillures.

Donne-moi de voir, ô sauveur Jésus! ta splendeur divine.

Quand je paraîtrai devant elle, je chanterai un hymne au médecin des âmes, au médecin des corps , au Père suprême et à l'Esprit saint.

HYMNE AU CHRIST SAUVEUR, Par Mlol Clément.

Frein des jeunes coursiers indociles , aile des oiseaux qui ne s'égarent pas , gouvernail véritable des navires , pasteur des agneaux du roi ,

Réunis les chastes enfans, pour que saintement ils louent , pour que d'une voix pure , ils chantent avec candeur le Christ, conducteur des enfaus.

Roi des saints , verbe lout-puissanl du Père très-haut , arbitre de la sagesse , éternelle colonne des travaux, sauveur de la race humaine, Jésus ; pasteur , laboureur, gouvernail, frein , aile céleste du très-sainl troupeau ;

Pêcheur d'hommes que tu sauves , les poissons sacrés qui étaient dans la mer du vice tu les retires de l'onde ennemie par une vie douce.

Conduis les brebis spirituelles, ô pasteur! Conduis tes chastes enfans, ô saint roi !

Les traces du Christ, c'est la voie céleste.

Verbe éternel, siècle infini, lumière durable, source de miséricorde, auteur de la vertu, auguste vie de ceux qui louent Dieu , Christ Jésus ;

Lait divin, qui découles des douces mamelles de l'épouse des grâces, de la sagesse.

Nous, enfans, qui, de nos lèvres tendres encore, prenons notre nourriture, qui nous rassasions de la fraîche rosée de la mamcllo spirituelle ,

Chantons ensemble des louanges simples , des hymnes sincères au roi Christ , pieuse récompense de la doctrine de vie ;

Chantons avec candeur le Fils puissant -,

Chœur de paix, enfans du Christ, peuple vertueux , célébrons ensemble le Dieu de paixA

FIN DE SÏNÉS11S.

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