‹ Les Petits Poèmes grecsChapitre 377 sur 395 · PAR M. B. .. DE L · texte numérisé non relu

PAR M. B. .. DE L

IDYLLLE I".

Pour bien entendre celle idylle , il esl nécessaire d'èlre instruit de l'histoire de Daphnis.

Suivant la plupart des traditions , Daphnis eut pour père Mercure ; suivant quelques autres , il ne fut que son favori, et Thëocrite lui-même paraît avoir été do ce sentiment. La mère de Daphnis , selon l'opinion commune , était une nymphe fille de roi, qui , trop sensible au mérite d'un amant d'un rang très-inférieur au sien et dont on ignore le nom , fut contrainte , pour sauver son honneur, d'exposer le fruit de ses amours. Elle l'enferma dans un petit coffre et le mit dans un bocage planté de lauriers, ce qui lui fît donner le nom de Daphnis , du mot grec daphné, qui signifie laurier. Des Iwrgers trouvèrent le coffre où il était enfermé plein de rayons de miel que des abeilles y avaient déposé et dont elles avaient nourri le jeune Daphnis. Le bocage où il fut exposé était situé dans un vallon délicieux, eulre les monts Hénxens , derrière une petite ville du territoire de Syracuse appelée Hybla et surnommée liera ou Jlérœa ; c'était le plus beau canton de la Sicile , au rapport de Diodore :

« Les monts Hérœens, dit cet historien, par leur situation singulière , par les qualités admirables de leur sol et par toutes les autres beautés que la nature y a rassemblées , forment la plus délicieuse retraite que l'on puisse choisir contre les ardeurs de l'été. Une infinité de sources , qui surpassent par la bonté et la douceur de leurs eaux tout ce qu'il y a de fontaines au monde, y entretiennent sans cesse une agréable fraîcheur. Les chênes qui couvrent les sommets de ces montagnes sont fort hauts el fort épais et portent du gland plus gros de moitié que le gland ordinaire. La terre y produit sans le secours de Kart des arbres fruitiers de toute espèce, beaucoup de vignes et surtout une quantité prodigieuse de pommiers. Cette contrée était si riche et si fertile qu'une armée entière de Carthaginois, dans une extrême disette de vivres, y avait trouvé de quoi se nourrir abondamment sans l'épuiser. »

Les nymphes prirent soin d'élever le jeune Daphnis; Pan lui apprit k chanter et à jouer de la flûte ; les Muses lui inspirèrent le goût de la poésie. Pour cultiver ces arts avec plus de loisir, il embrassa la vie pastorale , et c'est en gardant ses troupeaux au milieu des

champs et des prairies qu'il inventa , dit Diodore , par l'effet d'un génie extraordinaire le poëme et le chant bucolique dans la forme où il s'est maintenu constamment jusqu'à ce temps-ci dans la Sicile. Il épousa fort jeune une nymphe qui , craignant son inconstance, le lia par des sermens el lui déchu a que s'il les violait, il en serait puni par la perle de la vue. Daphnis resta quelque temps fidèle ; il résista même aux vives instances d'une princesse, dont la dernière ressource fut de l'enivrer et de lui faire perdre, avec l'usage de la raison, le souvenir de ses sermens : cette faute involontaire attira cependant sur Daphnis la punition à laquelle il s'était soumis. Quelques traditions, il est vrai, disent que cette aventure de Daphnis fut suivie de plusieurs autres infidélités volontaires qui irritèrent à un tel point la jalousie de son épouse qu'elle se jeta sur lui et lui arracha les yeux.

Il y a une autre tradition sur les amours de Daphnis qu'il est plus important de connaître, parce qu'elle donne l'intelligence de plusieurs endroits obscurs qu'on trouve dans celle première idylle. Théocrilc, qui a suivi celte tradition , suppose que Daphnis , après avoir été longtemps insensible, après avoir bravé hautement le pouvoir de Véous, éprouva enGu ta vengeance de cette déesse, qui le fit passer dans un moment de la plus sévère modestie aux plus tifs emportemens de l'amour. Entraîné par une force supérieure, il se livra avec fureur à tous les objets qui se présentèrent à ses yeux et ne put se fixer à aucun : la beauté d'une nymphe dont il était aimé ne put modérer ses transports ni rappeler sa raison égarée. Enfin, consumé par le désordre et l'agitation de ses sens, il tomba dans une langueur qui termina ses jours à la fleur de son âge dans les solitudes du mont Etna, sur les bords de TAcis, lieux où il avait passé la plus grande partie de sa vie.

Les diverses aventures de Daphnis devinrent le sujet le plus ordinaire des chansons des bergers et des poètes bucoliques. Si l'on en croit Élien , Stésicore fut le premier qui chanta les malheurs de Daphnis. Théocrite, à son exemple, a pris pour sujet de sa première idylle la mort funeste de cet illustre berger : c'est une des plus telles pièces de notre auteur ; elle esl pleine de sentiment et de cette simplicité touchante qui est le principal caractère de Théocrite. Virgile l'a imitée el presque copiée en plusieurs endroits dans I sa 10' égloguc intitulée Gallu*. Il y a plus do

NOTES

chaleur , plus d'éloquence et de pathétique dans le poèïc latin ; mais on trouve dans Théocritc une teinte de mélancolie, un charme et une douceur qui paraissent convenir davantage à la nature de l'idylle.

La première idylle, tout à (ait pastorale et fort touchante, annonçait le grand talent deThéocrite. Virgile en a imité plusieurs traits, dont nous citerons plus bas les principaux, que nous emprunterons à la traduction en vers français de M. le chevalier de Langeac. Les chiffres indiqueront le texte même de Virgile pour ceux de nos lecteurs qui voudraient le consulter. ,

« Je voudrais bien savoir, dit Fontenclle, pourquoi Daphnisen mourant dit adieu aux ours et aux loupsrerviers aussi tendrement qu'à la belle fontaine d'Aréthuse et aux fleuves de Sicile ; il me semble qu'on n'a guère coutume de regretter une pareille compagnie. »

Pour répondre à cette objection du plus acharné détracteur des anciens, il faut se rappeler que souvent le poète Daphnis avait charmé les hôtes des forêts par la douceur de ses chants : « >"cst-il pas naturel, dit M. Gail, que le berger regrette des animaux qui ont en sa faveur oublié leur férocité ? «

Uélicryse. Pline appelle celle ]\\ante\héliocryse . «Sa fleur a la couleur de l'or; sa feuille est mince, ainsi que sa lige, qui cependant est dure. Les mages se servaient de celle plante pour faire des couronnes, et l'on croyait qu'elles avaient la vertu de rendre heureux ceux qui les portaient si on avait la précaution de les arroser de parfums pris dans un vase d'or qui n'eût point éprouvé le feu. «Ce récit de Pline est copié mol à mot de Théophraste.

« Des critiques ont blâmé dans Théocrite la description de celte coupe comme trop longue ; mais elle est si belle cl si riche de poésie qu'on serait bien fiché de ne pas l'y trouver : les bergers ont lanl de loisirs qu'ils peuvent s'égayer dans leurs descriptions. Fonlenelle s'étonne qu'un si grand nombre d'objets puissent être représentés sur une coupe : il n'en eût pas été surpris s'il eut su que ces sortes de vases dont se servaient les bergers de Sicile étaient fort grands et ressemblaient plutôt à des urnes qu'à des coupes. Il compare malignement la coupe de Théocrite au bouclier d'Hercule; mais en dépit de ses plaisanteries, il y a plus de véritable poésie dans la description de celte coupe que dans toutes ses égloguc. » (UiîoflVoy.)

/fréthuse. Il y eut plusieurs fontaines de ce nom, mais la plus célèbre était celle de Sicile dont parle le berger Tbyrsis. Le mot Àrélhute avait passé en provei Le pour désigner une belle fontaine.

Thymbris, fleuve de Sicile. Quelques commentateurs prétendent que ce mot signifie la mer.

Le Ménale et le Lycée, montagnes d'Arcadie. La première lirait son nom de Ménale, fils de Lycaon.

FBIKCIFAUX TB.A1TS IMITES PAU VIRGILE

Non, le flot qui de loin vient mourir sur la plage .

Le ruisseau qui la nuit roule en paii sur Ici fleur*,

A la mélancolie offrent moins de douceurs. (Eglo. 5, 83.)

Commence : Palétnon gardera tes brebis. (5, u.)

Elle est belle et féconde ; et par elle nourris, Deux Jeunes veaux encore en augmentent le prix.

fne vigne où le lierre arec art s'entrelace,

Se dessine à l'entour, serpente et les embrasse. (3, 3».)

L'anse de chaque vase offre i l'oeil enchante

De la plu» souple acanthe un feuillage imité (3, 45.)

Mes lèvres ui le temps ne les ont point flétris. (3, il.)

Que mes derniers accens soient dignes du Ménale.

Quel antre ténébreux, quelle forêt secrète, Jeunes vierges des eaux, vous servit de retraite Quand, d'un aveugle amour indignemeut charme, Uallus de ses tourmens périssait con-umé? Son, non, d'Aganippé la source enchanteresse, Us lorrens d'tlippocréne ou les Dota du Pcrmesse, Us vallons d'Aonieel ses monts radieux N'arrêtaient polnl vos pas, n'attiraient point vos jeux.

(io, 9.)

Oui, d.»s lions d'Afrique, et le» monts et les bois Prolongeaient en soupirs la formidable voix, (s, il.)

Déjà de toute part la foule t'environne, Chacun sur les amours s'interroge et s'étonne; Les plut jeunes pasteurs s'approchent les premiers ; Près d'eux, a pas tardifs, viennent les lourds bouviers, Et te vieux Palémon, sur sa tête blanchie. Rapportant pour l'hiver des glands chargés de pluie. La foule avec respect s'ouvre pour Apollon -, Il répétait - « Callus, où donc est U raison ? » Celle qui l'est si chère... un autre l'a séduite, » El dans l'horreur des camps la traîne a sa suite : »

C'est mot qui fus Daphnis

De ces bois jusqu'aux cieux ma gloire doit s'étendre. Berger d'un beau troupeau moins beau que ton berger.

Que l'agneau maintenant des loups soit la terreur.

Qu'ici de l'oranger le chêne offre la fleur;

Que sur Taunc mouvant brille aux yeux le narcisse ;

Que l'ambre, en perles d'or, sur nos buissons jaunltso

Et que Tiljre enfin soit, par des sons nouveaux,

Orphée au fond des bois, Arion sur les eaux.

C'en est fait, je descends a la rive iufcrnale. t», s?.}

Voici ce que dit Longcpierre de ce poème : « Celle idylle est à mon gré la plus belle de Théocrile, et peutêtre nous reste-l-il peu de morceaux de l'antiquité aussi parfaits. Il règne d'uu bout à l'autre un génie , une vivacité , une force d'expression et surtout un pathétique qui louche et qui attache : aussi ai-jc oui dire à M. Racine, si bon juge cl si grand maître en

SLR LES IDYLLES DE THÈOCRITE.

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cette matière , qu'il n'a rien vu de plus vif ni de plus beau dans toute l'antiquité. »

Voltaire nous a donné une imitation de cette pièce, où la passion la plus naïve s'exprime avec toute l'élégance cl la molle douceur convenables au sujet :

Reine des ouilf, dit quel fut mon amour, Comme en mon sein les frissons cl la flamme Se succédaient, me perdaient tour a tour ; Quels doux transports égarèrent mon âme; Comment mes jeux cherchaient en vain le jour. Comme j'aimais, cl sans songer a plaire, Je no pouvais ni parler ni me taire.

Reine des nuits, dis quel fut mon amour. Mon amant vint, dmomens détectables.' Il prit mes mains, lu le sais, lu le vis. Tu (us témoin de ses sermens coupables, De ses baisers, de ceux que je rendu ; Des voluptés dont je Ris enivrée.

Momens charma us, passez-vous sans retour? Daphnis trahit l'amour qu'il m'a jurée.' Reine des nuits, dis quel fut mon amour.

Cette pièce s'éloigne tout a fait du genre pastoral. Virgile a voulu s'en rapprocher; mais il nous semble que le récit d'une opération magique n'est guère eonvénal île dans la bouche d'un herger : les chansons bucoliques doivent respirer la joie et l'innocence ; aussi Tbéocnlene fait-il point parler une bergère, mais une courtisane à qui il donne le nom de .'ette Tanicuse SîméiAidcMégarc, dont l'enlèvement causa une guerre très-vive entre les Mcgariens cl les Athéniens.

Oiseau sacré. Le texte dit futur, petit oiseau dont on se servait dans les enchanlemens ; on croit que c'est le hochequeue ou bergeronnette. Selon Calhmaque, lunx était fille d'Écho. Jupiter en étant devenu amoureux eut recours aux enchantemens pour s'en faire aimer. Suivant d'autres, Junon métamorphosa lunx en oiseau , en punition des charmes qu'elle avait employés pour rendre Jupiter amoureux d'Io.

Les jeunes filles grecques, lorsqu'elles étaient sur le point de se marier, portaient les corbeilles sacrées au temple de Diane pour se rendre propice cette déesse et la prier de leur pardonner la perte de leur virginité. Les filles des ramilles riches s'y rendaient en pompe, entourées de véritables tigresses et de lionnes apprivoisées , comme pour implorer la démence de la sœur d'Apollon en lui rappelant que les animaux les plus sauvages avaient eux-mêmes cédé à l'amour ; celles qui ne pouvaient faire tant de dépense portaient seulement l'effigie de ces animaux.

Le globe d'airain. C'était une espèce de toupie ou sabot d'airain qu'on faisait tourner dans les cérémonies magiques, tantôt dans un sens, tantôt dans un autre, pour exciter des passions contraires. Quelques savans prétendent qu'on se servait d'un rouet et non d'une toupie.

L'hippomane. Plante dont le fruit, selon Cratéros, est de la grosseur de celui du figuier sauvage; sa feuille , hérissée d'épines , tire sur le noir comme celle du pavot. Théophraste prend l'hippomane pour une composition que l'on faisait avec du tithymale. Chez les anciens, l'hippomane signifiait encore une certaine liqueur qui coule des parties naturelles d'une jument en chaleur cl une excroissance de chair que le poulain nouveau - né porte quelquefois sur le front el que la cavale mange aussitôt qu'elle a mis bas , sinon elle ne pourrait le nourrir. Ces deux sortes d'hrppomane avaient, dit-on, une vertu singulière dans les philtres.

« Les pommes, dit Athénée, n'étaient pas moins consacrées à Baechus que les raisins ; elles étaient d'un grand usage dans la galanterie.» Dans Théocrile et dans Virgile, une bergère jette des pommes à son herger pour l'agacer.

C'était un usage d'orner de guirlandes de fleurs la porte de sa maîtresse. Voici ce que dit encore à ce sujet Athénée : « Les amans parent de guirlandes et de festons les portes de leurs maîtresses comme ils orneraient la porte d'un temple, ou pour les honorer davantage, ou parce qu'ils croient consacrer ces couronnes à l'Amour même plutôt qu'à l'objet de leur tendresse. La personne que l'on aime est ta plus parfaite image de l'Amour, et sa maison devient pour un amant le temple de ce dieu : voilà pourquoi ils en ornent la porte et quelquefois même y font des sacrifices. »

PMJCCIPACX TRAITS IMITES rAR VIRGILE.

Essayons de magiques aeeens ;

Peut-élre ils loucheront l'ingrat qui me délaisse : Cesl aux enchanlemens qu'a recours ma tristesse.

(Eglo. S, 66.)

Charmes de mes acrens, guides vers moi Daphnis.

Sous le vent des soufflets le même fen docile Fait bouillonner la cire et fait durcir l'argile : Ainsi, grâce à l'Amour, que Ion ceeursous ma loi, Pour tout auire endurci, s'attendrisse pour moi : Mais couvrons ces lauriers de flamme et de bitume ; Oui. tels que ces lauriers, que son cœur se consume- El qu'il sente une fois les léux dont je péris : (8,80.)

Regarde : ce beau fleuve et les vents sont paisibles.' Tout se lait. (9, 57.)

Racine a dit dans son Iphigénie .-

liais lout dort, cl les vents et l'armée, et Neptune.

Je la vis, je brubti.. .dans mes veux, dans mon cœur. Je sentis cet instant décida mon erreur. (8, 41.)

Racine a ainsi imité ce vers dans Phèdre :

Je le vis, je frémis, je pâlis à sa vue.

Quoi r Je vous garde encor, dépouilles d'un perfide .' 0 terre : dans ton sein que ce gage réside ; C'est par lui qu'à mon cœur son retour est promis: Charmes de mes accens, guidez vers moi IMphni».

(«S no

GGO

NOTES

Je vais conter nies peines, etc. Le grec kômatdd exprime particulièrement ces visites tumultueuses «pie les jeu Des gens rendaient la nuit à leurs maîtresses au sortir d'une débauche de table et généralement tout acte de galanterie. Cette pièce, quoique dans le genre bucolique, a beaucoup de rapport à celte espèce d'élégie appelée par les anciens paraklausithumon, c'est-à-dire plaintes à la porte. Lorsque l'amant qui se rendait à la porto de sa maîtresse pour la cérémonie de la couronne dont nous avons parlé dans l'idylle précédente n'était point admis, alors, ou bien il employait la force ouverte, ou il se contentait d'exhaler sa douleur dans des plaintes amercs : il apostrophait la porte , le portier et les chargeait d'imprécations pathétiques; il mettait tout en usage pour attendrir sa nymphe, qui souvent riait de ses plaintes avec son rival :

Exchiaus fore euro longarcnus Toret Iniu».

Ovide et Properce nous fournissent des exemples de cette espèce d'élégie. Il y avait donc deux parties principales dans le Jiômos : l'hommage de la couronne [anadêsis) dont nous avons parlé dans l'idylle deuxième, et les plaintes {paraktausitunwsj , il s'en faut donc bien que le sens du mol komos soit restreint à la seule signification de réjouissance , festin, danses lascives, comme se l'est imaginé Longcpierre.

Pour connaître si Ton était aimé, on prenait une feuille de pavot ou de rose que l'on plaçait sous le coude, sur la main ou sur l'épaule; on la pressait ensuite, et si elle rendait uu son , c'était un augure favorable.

Le tressaillement de l'oeil ainsi que le vol des oiseaux, les éV.lats du tonnerre , l'éternument , etc., étaient rais au nombre des augures, mais il fallait qu'ils arrivassent du coté droit.

Jfippomêne. Atabnte, fille de Sehénée, roi de de l'Ile de Scyros, était très-légère à la course. Pour se défaire de ses amans , elle déclara qu'elle ne se donnerait qu'à celui qui la vaincrait à la course, mais que la mort serait la peine du vaincu. Ilippomène, peu effrayé du malheureux succès de ses rivaux, osa entrer en lice muni de trois pommes d'or, cueillies au jardin des Hespéridcs, dont Vénus lui avait fait présent : il les jetait l'une après l'autre et le plus loin qu'il pouvait. Allante s'étant retournée pour les ramasser fut vaincue.

Mélampc était frère de Itias, qui devint éperdument amoureux de la belle Péro. Celle-ci ne devait être l'épouse que de celui qui amènerait à Mêlée , son père, les génisses d'Iphiclus. Mélampc les lui amena et obtint Péro pour Cias. Le nom de Mélampe nous rappelle une circonstance peu connue, llhodopc sa

mère l'avait exposé après lui avoir soigneusement couvert tout le corps, à l'exception des pieds , et le soleil les lui brûla.

Othryst montagne de Tbessalic.

Pylos. Il y avait (rois villes de ce nom dans le Péloponèsc ; celle dont parle Théocrilc était située dans un canton de l'Elide, qui anciennement s'appelait Triphylie.

Endymion, petit-fils de Jupiter, passait souvent les nuits sur le mont Lalmos à observer les astres; il obtint du maître des cieux la faculté de dormir toujours pour cire exempt de la vieillesse et de la mon. C'est pendant ce sommeil que Diane, déjà éprise de sa beauté, allait toutes les nuits sur le mont Latmos lui prodiguer ses embrassemens.

Jasion, fils de Minos et de la nymphe Phronie, était roi de Crèle : ce prince s'élanl endormi dans une prairie, Cércs profita de son sommeil et cul de lui Plutus.

MlltClPAUX TB.AITS IMITfcS FAR VIBCILE.

Je par» , mais je reviens. Prends soin de mot Iroapeaux,

Tilyre .' conduis-les dcnoi près aux ruisseaux ; Mais de ce bouc hardi n'approche pas sans crainte. Il frappe de la corne: évite son atteinte, (.Ejilog. 9, as.)

Moi, pour l'aimable enfant, loin de servir mon zèle , Le» boia ne m'ont offert que douze pommes d'or; Mais demain, A ni) nus en aura doute encor. (3, 70 )

Ah .' je connais l'Amour : I* nhodope en courroux, L'Ismarc cl ses rochers Pool vomi parmi nous!

Du sommet des rochers qui dominent ces ondes, Oui, Je veux m'éiancer dans les vagues prorondes, RI sur que les regrets ne me survivront pas, Comme un dernier hommage accepte mon trépas.

J'ai deux chevreuils encor, toua deux sont mouchetés ; Chez moi sous deux brebis ils croissent allaites. Je les garde pour vous : Thcstjlis les souhaite ; Aura-l-efle un présent que votre cœur rejette > (a io.)

La scène de celle idylle n'est point en Sicile, mais dans cette partie de l'Italie connue autrefois sous le nom de Grande-Grèce, aux environs de Crotone , ville célèbre et patrie du fameux athlète Milon : « J'ai remarqué, dit M. Firmin Didol, que notre poêle, lorsqu'il place la srène de ses bergers en Italie, affecte de donner un ton souvent rustique à ses interlocuteurs et les fait ainsi contraster avec les bergers de Sicile, qui joignent à la douceur et à la polilessc do leurs moeurs Iwaucoup de grâce et d'élégance daus leurs chansons ainsi que dans leur langage. »

Avant d'entrer en lice, les athlètes étaient soumis

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