À BATHYLLE
Sous cet ombrage frais , Bathylle , reposetoi. Le bel arbre! il agite délicieusement sur ses rameaux sa chevelure délicate ; la voix persuasive d'une source limpide nous invite auprès de lui : qui donc pourrait passer sans s'arrêter sous ce charmant asile ?
SUR l'amour de l'or.
Si l'or pouvait prolonger la vie des mortels , avec quel soin je garderais le mien ! et quand la mort viendrait, elle en prendrait quelque peu et s'en irait. Mais s'il n'est pas en la puissance de l'homme d'acheter la vie, pourquoi gémir en vain? pourquoi soupirer? S'il faut mourir , à quoi l'or me sert-il ? Oh ! jaime bien mieux boire , et, quand j'ai bu le doux nectar , me réunir à mes amis et sur une couche moelleuse sacrifier à Vénus.
SUR LUI-MÊME
Je suis né mortel et pour parcourir le chemin de la vie : je sais bien la course que j'ai faite, mais j'ignore celle qui me reste encore à faire. Fuyez donc, fuyez donc, tristes soucis ; qu'il n'y ait rien de commun entre vous et moi. Avant d'arriver au terme fatal, je veux jouer, rire et danser avec le joyeux Bacchus.
SUR LUI-MEME
Quand je bois du vin . les chagrins s'endorment. A quoi bon les gémissemens? à quoi bon les peines et les inquiétudes ? Il faut mourir , même quand je ne le voudrais pas. Pourquoi donc errer dans la vie? Buvons, buvons le nectar du joyeux Bacchus ! Quand nous buvons, les chagrins s'endorment.
SUR LUI-MÊME
Dès que Bacchus m'apparaît , mes chagrins s'endorment , je crois posséder tous les trésors de Crésus, et je fais entendre des sons plus aimables. Etendu sur ma couche mollement, couronné de lierre, il n'est rien que je ne foule aux pieds. Combattez, moi je bois. Donne-moi ma coupe, jeune enfant-, j'aime uien mieux tomber ivre que mort.