XXVIII
A UNE JEUNE FILLE
Allons, peintre habile, toi qui règnes à Rhodes sur un art fameux^ peins ma maîtresse absente, peins-la comme je vais te le dire : Peins d'abord des cheveux fins et noirs, et, si la cire le permet, qu'ils exhalent de doux parfums ; sur le côté des joues arrondies, peins des boucles flottantes, et sous une chevelure d'ébène, peins le haut d'un front d'ivoire ; aie soin de ne pas confondre et de ne pas séparer les sourcils : fais-les expirer insensiblement à leurs extrémités ; montre avec vérité ses yeux de flamme azurés comme ceux de Minerve . humides comme ceux de Vénus; peins son nez et ses joues en mêlant des roses avec du lait ; peins des lèvres où repose la persuasion et qui appellent le baiser; sous un menton délicat, autour d'une gorge d'albâtre, que toutes les Grâces viennent folâtrer- revêtsla de pourpre et ne laisse voir qu'un peu d'at»
ODES
traits, indice d'un beau corps. Arrête, arrête , je le vois ! 0 portrait ! tu vas parler.