SUR LE JEUNE BATHYLLE
Peins-moi mon cher Bathylle comme je vais te le décrire. Que ses cheveux brillans soient noirs à l'intérieur, dorés vers les extrémités : sans liens et sans ordre, que leurs boucles flottent librement-, que son sourcil plus brun qu un berpent se dessine sur un front jeune et frais comme la rosée ) que son œil soit fier et tendre ù la fois , ayant quelque chose de Mars , quelque chose de la belle Cythérée, et vous laissant suspendu entre la crainte et l'espérance ; donne â ses joues de rose le velouté de la pêche et répands sur elles , autant que tu le peux , l'incarnat de la pudeur; pour la lèvre , je ne sais comment tu pourras la rendre délicate et pleine de persuasion ; enfin que la cire soit éloquente dans son silence.
Voilà son visage. Que son cou d'ivoire soit blanc comme celui d'Adonis! qu'il ait la poitrine et les mains de Mercure, les cuisses de Pollux et le ventre de Bacchus ; au-dessus de sa cuisse délicate, de sa cuisse brûlante, peinsnous sa naïve puberté appelant déjà la reine de Paphos.
Mais ton art jaloux nous dissimule le contours de son dos-, cependant il est parfait! Que te dire de ses pieds? Prends donc le prix que tu voudras, et de cet Apollon fais Bathylle-, si jamais tu vas à Samos , de Bathylle tu feras Apollon.
sur l'amour.
1 Un jour les Muses ayant enchaîné l'Amour avec des liens de fleurs le livrèrent à la Beauté. Cvthérée le cherche , apportant une rançon pour délivrer l'aimable captif : il aurait sa liberté qu'il ne- s'en irait pas 5 il reste , car il a appris à aimer sa servitude.