LES RÉFLEXES DE DÉFENSE
L'étude des réflexes de défense au cours des altérations pyramidales a été particulièrement faite par Pierre Marieet Ch. Foix (1), et par Babinski (2).
Dans leur mémoire sur les réflexes d'automastisme médullaire, M. M. Pierre Marie et Ch. Foix ont pris pour type des réflexes de défense le réflexe des raccourcisseurs. Ces réflexes, qui traduisent l'automatisme médullaire libéré, et qui, pour eux, ne sont autre chose que des mouvements automatiques de marche renrésentant les mouvements fonctionnels ordinaires du segment inférieur de la moelle, appartiennent aux lésions du faisceau pyramidal. Et les auteurs classent les affections spasmodiques des centres nerveux en deux catégories, suivant que les phénomènes d’automatisme médullaire sont plus ou moins accentués.
« a) Les lésions plus ou moins systématisées du faisceau pyramidal ; hémiplégie; paraplégie syphilitique du type Erb, où ces phénomènes d’automatisme spinal sont modérés;
b) Les lésions équivalant à une interruption incom-
plète de tout l'axe médullaire et libérant ainsi l'acti-
(1) Pierre Marie et Ch. Foix. Les réflexes d’automatisme médul. laire. Revue neurologique, 30 mai 1812, n° 10.
(2) J. BaBinsxr. Rèéfiexes tendineux et réflexes osseux. Bulletin médical, 23 novembre 1912.
TO
vité autonome de son segment inférieur: paraplégies par compression, certaines syringomyélies où ces phénomènes sont extrêmement marqués.
Dans la catégorie a, l’exagération des réflexes tendineux est plus marquée que celle des réflexes d'automatisme, Les premiers sont extrêmement forts, les seconds limités au signe de Babinski et au raccourcissement par flexion forcée des orteils.
Dans la catégorie b, au contraire, on observe fréquemment la gamme entière des réflexes d'automatisme médullaire, et leur exagération va de pair avec celle des réflexes tendineux.
De même, Babinski dit, dans sa quatrième leçon sur les réflexes tendineux et osseux :
« Dans les cas où les lésions spinales sont cantonnées dans la voie pyramidale, comme par exemple dans l'hémiplégie vulgaire, dans la paraplégie du type Erb, tandis que la surréflectivité tendineuse est tou- Jours présente et parfois très forte, les réflexes de défense ne sont généralement que légèrement exagérés et peuvent même être normaux.
Au contraire, dans les scléroses spinales diffuses, dans les cas de compression de la moelle par tumeur, pachyméningite, mal de Pott, les réflexes de défense acquièrent souvent une grande intensité, ainsi que
l'ont montré mes observations ».
Quelque considérable que puisse être l'intérêt qui s'attache à la question de l’exagération des réflexes de défense dans les affections pyramidales qui s’accom-
pagnent de contracture, il n'en demeure pas moins un fait d'ordre secondaire,
Et, tout d'abord, les réflexes de défense sont des phénomènes qui s’observent dans les conditions normales. Il en est ainsi du réflexe du fascia lata, qui fait partie du réflexe plantaire, qui se manifeste de la manière que voici:
« 1° la flexion des orteils, provoquée par un attouchement très léger, qui constitue le réflexe plantaire normal de Babinski.
2° la contraction du tenseur du fascia lata, provoquée par une irritation un peu plus énergique, qui constitue le réflexe plantaire normal de Brissaud (1).
3° la contraction du couturier, des adducteurs, du jambier antérieur, de l’extenseur des orteils et en particulier du gros orteil (faux phénomène de Babinski) avec flexion de la cuisse sur la jambe et de la jambe sur la cuisse, qui constitue le réflexe défensif complet destiné à éloigner le pied de l'excitant » (2),
Sousl'influence de certaines causes pathologiques, le
(1) Brissau». Le réflexe du fascia lata. Gazette heb. de méd., mars 1896, n° 23.
(2) Croco. Réflexe plantaire cortical et réfiexe plantaire médullaire. Journal de neurologie, 1902, page 1076.