‹ Les Petits Signes de la ContractureChapitre 24 sur 27 · LES MOUVEMENTS ASSOCIÉS · texte numérisé non relu

LES MOUVEMENTS ASSOCIÉS

Camus, élève de Pitres, a montré, dans sa thèse, que les mouvements associés sont un phénomène tardif : «,.. d’abord l’exagération des réflexes tendineux, puis trépidation épileptoïde et contracture secondaire, enfin production de mouvements associés. » (2)

La formule générale est à retenir, en ce sens que l'auteur a bien saisi la relation qui existe entre les mouvements associés et la contracture.

(1) Die et Cnexnais. Sur le réflexe du fascia lata. Revue de Neurologie, 1902, page 274.

(2) Camus. Des mouvements involontaires provoqués dans les memibres paralysés des hémiplègiques par les mouvements volontaires des muscles non paralysès. Thèse de Bordeaux, 1885, p. 45.

AA

Stroehlin, qui a fait une étude sur /es syncinésies, trouve que « les mouvements associés peuvent manquer dans les circonstances suivantes : contracture très prononcée, rendant impossibles même les mouvements passifs, flaccidité accentuée des membres. »

Curschmann, cité par Stroehlin, insiste sur ces mêmes faits, et bien d’autres Voilà qui paraît donc admis.

Stroehlin a constaté des mouvements associés dans

Ja plupart des cas d'hémiplégies anciennes, qui s’ac-

compagnaient d'exagération' des réflexes ; dans trois cas d'hémiparésies récentes avec troubles minimes de la motilité et légère exagération des réflexes tendineux, dans un cas d’hémiparésie gauche récente qui offrait de la spasticité avec diminution des réflexes, dans un cas enfin d'hémiplégie droite avec ébauche d’hypertocité, puisque le signe de la main de Raïmiste était positif.

Parmi les mouvements associés que l'on observe, il faut distinguer:

De toutes ces syncinésies, que nous avons étudiées, beaucoup n’ont qu’un vague rapport avec la contracture.

Les phénomènes d'opposition complémentaire, le phénomène de la flexion combinée de la cuisse et du

tronc, le signe de Grasset et Gaussel, le signe de Noï-

ca et Paulian n’ont qu’une simple signification de mécanique. Pour pouvoir exécuter certains mouvements le corps doit prendre des points d'appui; s’il ne les trouve pas, ilest obligé, pour maintenir l'équilibre, de modifier le mouvement qu’on réclame de lui. Du reste, le signe de flexion combinée de la cuisse et du tronc s'observe en dehors des lésions organiques du système pyramidal, dans les convalescences de graves maladies, dans les cachexies ; de même le signe de Grasset et Gaussel, que nous avons remarqué dans les mêmes circonstances, Le phénomène de l'opposition complémentaire est déjà net chez l'individu normal ; il l’est encore davantage chez le sujet débilité par une maladie : nous avons pu nous en rendre compte par l'examen de certains malades d'hôpital. Par contre, nous avons très souvent remarqué, chez des malades contracturés, la possibilité de soulever les deuix membres simultanément.

M. Dupré (t) a attiré l'attention sur un syndrome de l'hypogénésie motrice traduisant l'insuffisance du faisceau pyramidal déterminé par des encéphalopathies de l'enfance (convulsions, hémiparésie, etc.) et qui se caractérise par l'hyperréflectivité tendineuse, l'extension ou l’abduction du gros orteil, la syncinésie, la mala-

(1) E. Dupré. Société de neurologie, 6 juin 1907, p. 827.

AR

dresse des mouvements volontaires et enfin par une hypertonie diffuse qu’il dénomme paratonie, Voilà donc encore un état de débilité motrice où l’on rencontre ces mêmes mouvements que nous venons de signaler, et qui n'ont ici pas plus que là de rapport avec la contracture.

Le signe de Néri, les signes de l’adduction et de l’abduction associée de Raïmiste, de l’adduction associée de Sterling, sont encore, à un degré moindre, mais toujours évident, des phénomènes de débilité motrice, en rapport avec un défaut de stabilisation. Chez l'individu normal, on constate une ébauche de ces signes ; et bien souvent il faut recommander au sujet de ne pas bouger le membre opposé à celui auquel on demande le mouvement pour atténuer une ébauche de syncinésie.

Noïca a déjà insisté sur ce point par la simple démonstration suivante :

On demande à une personne normale de se coucher sur le parquet, les membres inférieurs bien écartés ; après lui avoir placé, sous le talon de la jambe que l'on désire faire demeurer immobile, une feuille de papier ; on la prie alors de porter l'autre jambe en

adduction ; pendant que nous la retenons, nous obser-

(1) Noïca. À propos de M. Raïmiste sur les mouvements associés du membre inférieur malade chez les hémiplègiques organiques. Revue Neurologique, 15 avril 1911, n° 7.

DOPPTS ES

vons dans ce cas que le talon de l’autre jambe glisse sur la terre de dehors en dedans, c'est-à-dire se porte en adduction.

Parmi les mouvements associés qui ont été décrits, nous avons recherché plus spécialement le signe du pouce et le réflexe plantaire contra-latéral, qui paraissent mieux en rapport avec la contracture.

M. le D' François Dainville a bien voulu nous communiquer un certain nombre d'observations d'hémiplégiques, qu'il a prises, à l’hospice de Nanterre en juillet 1908, et chez lesquels il avait recherché le

signe du pouce. Il s'agissait d'hémiplégies anciennes

avec contracture : neuf fois le signe du pouce fut po-

sitif, et six fois il fut négatif.

Nous avons, nous-même, recherché le signe du pouce; il était positif dans neuf cas d'hémiplégie avec contracture et négatif dans neuf autres cas : il s’agissait, chez la plupart de ces derniers malades, de vieux hémiplégiques, qui présentaient souvent une raideur invincible des membres,

Pour ce qui est du réflexe contra-latéral plantaire, comme nous l'avons déjà dit, il nous à paru rare: Sur onze malades de Bicêtre, vieux hémiplégiques avec fortes contractures, nous ne l'avons remarqué qu'une fois; voilà qui semble donner raison à l'hypothèse de

MM. Klippel et Weill; ces auteurs pensent, en effet,

Page 1