LA MEDECINE ET LES MEDECINS
Tchin-Nong, empereur presque fabuleux, qui vivait d'après la tradition il y a environ 4612 ans, fut le premier qui rechercha les vertus des simples, s'efforça de soulager les maux des hommes et de prolonger leur vie. On représente d'ordinaire ce sage souverain se promenant à travers les forêts, sur les montagnes, dans les plaines sauvages encore, recueillant les fruits des arbres, des légumes, des herbes et des racines dans le pan de sa ceinture. Il fît oultiver le premier les plantes propres à l'alimentation, mit en garde contre les herbes vénéneuses et enseigna quelques-unes des propriétés des plantes favorables à l'homme. 11 créa donc en même temps l'agriculture et la médecine.
Quelques siècles plus tard les connaissances
médicales déjà acquises furent réunies dans un
ouvrage qui existe encore aujourd'hui et peut
être considéré comme le livre le plus ancien que l'on possède sur la médecine. Malheureu-' sèment, de l'aveu même des Chinois, ces livres sont devenus à peu près incompréhensibles, les commentaires et les annotations innombrables qui les surchargent en font un amas confus d'erreurs et d'absurdités. D'ailleurs, il faut bien l'avouer, les ouvrages moins antiques de Vaapin, par exemple, qui furent publiés vers le deuxième siècle de notre ère, le Nang-kink (solution de quatre-vingts questions douteuses), le Fan-su-/io (dissertation en dix volumes sur les mouvements du pouls), fort estimés encore des Chinois, sont, au point de vue de la science européenne, sans autre intérêt que celui offert par leur étrangeté. Le livre le plus récent, intitulé : Le miroir d'or de la médecine, qui a été publié sous le règne de Kien-long, n'est que le résumé et la continuation des œuvres anciennes. La science médicale ne s'est donc pas sensiblement améliorée en Chine depuis l'antiquité. Comme toujours, le respect des ancêtres, l'admiration pour le passé, les préjugés traditionnels ont entravé la marche naturelle du progrès, et la médecine est encore dans l'enfance.
La loi défend formellement toutes études sur les cadavres ; Fanatomie est doiic à peu près ignorée, et l'ostéologie, plus facile cependant à étudier