‹ Les peuples orientaux connus des anciens ChinoisChapitre 13 sur 87 · I. Jih-pen kao, iivr. ii, p · texte numérisé non relu

I. Jih-pen kao, iivr. ii, p

LES Japonais ig

qui figure sur leurs portraits, antérieurement à la dernière révolution.

Le même texte parle de la longévité des Japonais, et rapporte que chez eux on compte beaucoup de centenaires. L'histoire du Japon nous cite, en effet, un assez grand nombre de princes et de personnages qui auraient vécu jusqu'à un âge très avancé * ; mais il est évident que les his-

i. Voici quelques exemples de longévité évidemment

fabuleuse dont il est f::it mention dans les historiens aponais :

Kau'an aurait vécu 1 3j ans

Kau-rei

Kau-gen

Kai-kwa

Sui'\in

Sui-nin

Kei-kau

Sei-mu

La longévité des anciens Japonais est néanmoins mentionnée comme un fait digne d^attention dans les grandes annales de la Chine. (Voy. Pien-i-tisn, livr. xxxik» pp. 5-6, 10.

L'impératrice Zin-gu (la rùmi'-hou des Chinois) aurait vécu 100 ans, suivant les historiens japonais. Son fameux ministre, Take-no uti^ serait mort à Tâge de 307 ans (!). M. Metchnikoff émet, à cet égard, une supposition qui n'est

40 KTHMOattAPHIE DES CHlKOlS

toriens de rExtrcnne Orient ont rapporté à cet égard bien de» faits fabuleux, et qu'en ce qui concerne les mikados, ils ont donné à quelques-uns d'entre eux une vie d'une longueur extraordinaire, dans le but de remplir des lacunes dans l'histoire de leur dynastie '.

La polygamie est donnée comme générale au Japon à cette époque. Les grands personnages avaient quatre à cinq femmes, et les gens ordinaires deux ou trois. On sait que la monogamie est la régie aujourd'hui dans l'archipel de l'Extrême Orient.

C'est également dans la relation du Heou-Han chou (règne de l'empereur 'An-ti) que Ton trouve pour la première fois la mention d'une reine du Japon appelée par les Chinois P(-mi-/io«, et qui doit

pas invrnlsemblable. Le chilTrc de 3o7 uns répondrait au lemps peadanl lequel il famlLie de Take-no uli aurait rempli la riiarge de premier ministre [Uempirt japonais, p. 3Î6). On verra plus loin qu'à celle époque les charges mandarinales «aient, en elTet, liirédilaires au Japop. (Voy p. 49.1 i.Voyei plus loin, ch, lu.

être identifiée avec Zin-gu kwau-gu, la célèbre princesse qu'on a surnommée la Sémiramis de l'Extrême Orient, et sous le règne de laquelle eut lieu la conquête de la Corée par les Japonais. Voici comment s'expriment les grandes annales au sujet de cette princesse :

« De grands troubles venaient d'éclater dans le royaume de Wo, qui fut alors en proie à la guerre civile; de sorte que, pendant plusieurs années, le pays ne posséda point de maître. Il y eut alors une femme dont le nom était Pi-mi-hou. Bien qu'elle eut Tâge, elle ne s'était pas mariée, et pratiquait le culte des démons et des génies ^ Grâce à son habileté dans Fart des sortilèges, elle avait produit une vive impression sur la foule, qui, pour ce motif,

I. L'expression koueî-chin, traduite communément par « les démons et les dieux », désigne « les Esprits en général n. Je me propose de rédiger une notice sur le sens du mot kouet, dans lequel on voit, souvent bien à tort, un équivalent de notre mot « diable • : j'établirai, je l'espère^ que ce mot, suivant les cas, a deux significations absolument différentes.

ETHNOGKAPHIË DHIS CHINOIS

la porta unanimement sur le trône. Elle entretenait mille servantes, mais peu de personnes parvenaient à la voir. Un seul homme était admis à lui apporter de la nourriture et à transmettre ses paroles au dehors. Dans Tendroit où elle habitait, les palais, les galeries et les lieux fortifiés étaient tous gardés par des soldats. La consigne était très rigoureuse.

c Si l'on traversait la mer dans la direction de Test, à plus de mille li du royaume de Pi-mi hou, on arrivait au pays de Kiu* nou (ou Keounou), habité par des hommes de la même race que les Japonais, mais qui nieraient pas soumis à l'autorité de la reine.

€ A plus de quatre mille // au sud du royaume de la reine, on arrivait au pays des Pigmées, dont les habitants avaient de trois à quatre pieds de haut.

« Du pays des Pigmées et dans la direction du sud est, on arrivait, après une année de navigation, au pays des Hommes-Nus et au pays des Dents Noires.

C'était l'endroit le plus éloigné avec le-

quel on ait établi des communications. > Dans le Weï-chou ou Annales de la dynastie des Weï, ouvrage de Weicheou qui renferme la période de Thistoire de Chine comprise entre les années 386 à 556 de notre ère, la notice sur la reine Pi-nii hou reparaît avec quelques variantes :

« Les hommes du Japon^ qu'ils appartiennent aux hautes classes ou aux basses classes, se font tous des marques sur le visage et des dessins sur le corps. Depuis Tantiquitc jusqu'aux temps modernes, leurs envoyés, qui prenaient tous le titre de ta-Jou, se sont rendus à la Chine.

« Les Japonais avaient eu d'abord pour roi un homme qui régna de soixante-dix .à quatre-vingts ans. Des troubles étant survenus dans leur pays, il y eut des guerres civiles à la suite desquelles tous choisirent pour reine une femme du nom dQ Pi-mi hou. ... Cette femme avait un frère cadet qui l'aida à gouverner Tempire.

« La quatrième année de Tère Tching^

chi (5o7 de J.-C), Pi-mi'hou, reine du pays de Wo, envoya une ambassade pour offrir des présents à la cour de Chine.

€ La seconde année de Père impériale King'tsou (238), le sixième mois, la reine du Japon envoya un ambassadeur nommé Dan syaiibe, avec une suite, au kiun, pour demander à être reçu en audience par l'empereur de Chine, auquel il apportait des présents. Le gouverneur, nommé Lieou-hia, conduisit cette ambassade à la capitale.

[Suit la réponse de l'empereur de Chine à la reine Pi-mi hou,]

€ La première année de l'ère Tching-chi (240), sous le règne de l'empereur Tchoufang, une ambassade fut envoyée de la Chine pour saluer le souverain du Japon.

• La quatrième année de l'ère Tchingchi (243), Pi'tni'hou, reine du Japon, envoya de nouveau I-sei-ki Waki-yaku, avec une suite de huit personnes, pour offrir à l'empereur de Chine des esclaves, du nisiki (sorte de soierie) du Japon, des soies rouges et vertes, des vêtements, des

étoffes, du bois rouge, des espèces de chèvres \ des arcs et des flèches. »

La huitième année de l'ère Tching-chi (247), les grandes annales mentionnent l'avènement au trône du Japon d*une nouvelle reine appelée I-yu^ laquelle aurait envoyé une ambassade en Chine pour y apporter un tribut. Il y a là un désaccord avec les historiens du Japon qui font mourir la reine Pi mi-hou (Zin-gu kwau-gu) en 269 de notre ère, à l'âge de cent ans. Cet âge extraordinaire fait supposer que les Japonais ont réuni, sous un même règne, les deux princesses dont il est question dans les auteurs chinois.

Les renseignements que je viens de rapporter au sujet de Pi -mi -hou ont entre autre intérêt, celui d'établir le caractère réel de cette reine, dont Texis-.

tence aurait pu paraître douteuse, si Ton

I . Le caractère qui représente ce mot, manque dans les dictionnaires européens : il désigne un animal fabuleux du genre de la chèvre. Suivant le Yuh-pien, cet animal a neuf queues, quatre oreilles et des yeux sur le dos. 11 en est question dans Tantique géographie Chan-hal'hing.

n^avait eu pour seule source d'information que les écrivains du Nippon. On peut s*étonner cependant que les textes chinois ne fassent pas mention de la grande expédition de l'impératrice Zin-gu et de ses conquêtes en Corée, et qu'ils nous parlent, au contraire, de ses dififérents avec un certain roi de Keou-nou, nommé Pi^mi' koung.

On a vu, plus haut, que le pays de Keou-nou, habité par un peuple de la même race que les Japonais, était situé à plus de mille // à Test des états de la reine, dont le centre était la région connue sous le nom de Yamato. Il y a très probablement là, comme on le verra plus loin, une de ces grosses erreurs de distances et d'orientation qui fourmillent dans les anciens ouvrages des Chinois et des Japonais.

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