‹ Les peuples orientaux connus des anciens ChinoisChapitre 26 sur 87 · I. Édit jap.Jivr lxiv, p. 10, V · texte numérisé non relu

I. Édit jap.Jivr lxiv, p. 10, V

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sur la carte qui accompagne la notice, on voit figurer auprès de la plus grande île du groupe, la petite Lieou-kieou (Siao LieoU'kieou) dans la direction du sud, et les îles Pescadores (Peng-hou) dans celle du nord-ouest. Or la petite Lieou-kieou et les îles Pescadores occupent à peu près exactement, près de Formose, la position que leur donne la carte de l'Encyclopédie à côté de la grande Lieou-kieou, identifiée par ce même recueil, dans le passage que je viens de citer, avec la principale des îles Lieou-kieou proprement dites ^

Il résulte de ce qui précède que Téditeur du Santsaï-tou-hoeï^ à l'instar d'un grand nombre d'auteurs chinois a confondu l'île de Formose et la principale île de l'archipel Loutchouan, et que les ren-

1. Voy., pour la situation de la petite Lieou-kieou, la grande carte chinoise dont j'ai rédigé la traduction, et qui a été publiée en français, par Jomard, de Tlnstitut, à la suite de ^on Coup-d'œil sur Vile de Formose {Pans, 1859), (ou dans le Bulletin de la Société de Géographie de Paris, livraison de décembre i858).

lFig.3.) LOUTCHOUA

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seignementsdonnésparlesécrivainsderexirême Orient sur les îles dites Lieoukieou ne se rapportent point le plus souvent à un seul ei même pays, mais bien à deux pays très différents par le climat, par les productions et peut-être plus encore par le caractère ethnographique de leurs habitants.

J'ai cru devoir insister sur cette méprise d'un grand nombre de compilateurs chinois, parce que les sinologues qui cherchent à établir leurs conclusions géographiques et historiques sur les moindres détails contenus dans les ouvrages orientaux, me semblent trop souvent enclins à accorder une confiance absolue à des données de mauvais aloi, recueillies par des écrivainsorientaux ignorants et dépourvus de l'esprit critique le plus primitif et le plus rudimentaire.

La confusion, d'après mes lectures, aurait commencé vers le début de la dynastie des Ming, époque où nous voyons mentionnés pour la première fois les trois < Rois de la Montagne >.

On lit, en effet, dans les Ming-wai-chi :

« Lîeou-kieou est situé au sud-est, au milieu de la mer. Depuis Tantiquiié, il n'a pas entretenu de relations avec la Chine.

L'empereur CAiW^om, de la dynastie Youen (1260 de notre ère), lui envoya sans succès un commissaire pour lui signifier ses ordres ^c'est-à-dire l'inviter à reconnaître la suzeraineté des Chinois). Sous le règne de Taï'tsoUy de la dynastie des Ming^ au commencement de la période houng^wou (i368 de notre ère), ce pays (Formose ou Louichou?) avait trois rois, savoir : celui de Tchoung-chan « la Montagne Centrale » ; celui de Chan-nan « le Sud de la Montagne t», et celui de Chan-peh « le Nord de la Montagne ». Tous portaient pour nom de famille Change; celui de la Montagne Centrale était le plus puissant » -.

1. Voy., pus loin, p. 101, la liste des rois des îles Loutchou.

2. Suivant le Tchoung-chan tchouen sin-îoh, les îles Lieou-kieou proprement dites commencèrent à avoir des

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S^agit-il, ici encore, de Formose ou bien de la principale des îles de Tarcbipel Loutchouan? Le problème qui se présente ici n'a pas été ignoré des Chinois qui en ont reconnu les difficultés. L'ouvrage intitulé Mingyih'toung tchi dit à cet égard : t On n'a pas encore établi quel était ce royaume dans l'antiquité. Toujours est-il qu'il n'a pas eu de relations avec la Chine, sous les Han^ les Wet et les dynasties suivantes. »

Mais voici oti s'accroît la confusion. Le même auteur, continuant son récit, rapporte l'histoire du commandant Tchoukouan qui, dans la période ta-nieh (6o5 de notre ère), reçut l'ordre d'aller à la recherche des pays inconnus, et aborda, pour la première fois, au. royaume de Lieou-kieou (Formose ou Lou-tchou ?) N'étant pas parvenu à comprendre la langue des indigènes, il s'empara de l'un d'eux et s'en retourna en Chine.

Or si l'expédition de Tchou-kouan eut

relations avec la Cliiiie, sous le règne de leur roi Tsa 'to, la ^• année de l'ère hou i^'wou (i3;2). Préface, p i.

lieu à Formose, il n'alla vraisemblablement point aux îles Louichou, qui en sont fort éloignées. Mais c'est en parlant de ce même royaume de Lieou-kieou, où aborda Tchou-kouan, que le Ming yih^ioungtchi nous dit qu'il fut plus tard divisé en trois états, ceux que j'ai énumérés p4us haut d*après une autre autorité chinoise, et que les rois de ces trois états envoyèrent tous le tribut à la cour de Chine ^

Il ne semble cependant pas possible de rattacher le territoire des trois Rois de la

I. L'éditeur japonais du San-tsaï-tou-hoeï, dans les notes dont il a enrichi cet ouvrage, rapporte que, sous le règne de Tenipereur de Chine Yang-ti, la 6« année ta-re (6io de notre ère), une armée chinoise vint pour conquérir le pays de Lieou-kieou, dont elle tua le roi (t. XI 11, p. HU, Un peu plus loin, il ajoute : « Le peuple de ce pays a complètement les mœurs du Japon » ; et enfin, quelques lignes après : « Les hommes de ce pays vinrent apporter le tribut au mikado Hana-iono II, la 3* année hau-loku h 461 de n. è.) » Comment expliquer ces faits, si, comme le pense M le marquis d'Hervey, «'est par erreur que Klaprolh a supposé que « l'expédition chinoise de 600 » avait visité les îles Lieou-kieou proprement dites et leur avait « attribué ce qui, en réalité, était l'histoire ancienne de Formose.» {Libr. cit , p, g.) On voit combien ce problème est obscur et enibarrasyaqt.

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Montagne à lîle de Formose. Un lexique japonais, qui jouit d'une certaine autorité, le Syo-geri'ii kau, dit : Il y a la grande Lieou-kieou (Riukiu) et la petite Lieou-kieou. Un dts noms de ce pays est Tyu san-koku <* le royaume de la Montagne Centrale ». Le même ouvrage donne ailleurs cette synonymie pour le royaume Loutchouan, également appelé en japonais Uruma-no kiini. Ensuite, nous possédons la liste chronologique et généalogique des rois du Tchouang-chan (la Montagne Centrale\ depuis Chun-tien jusqu'à Chang King, qui régnait en 1713, époque où il n'est plus possible de confondre rhistoire de Formose avec celle de Loutchou ^

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